En 2022, près d’1/3 des formations à but professionnel étaient dispensées en ligne.


"Plus la formation est pilotée en entreprise, plus elle se déploie en ligne", Cereq Bref N°484,lu mai 2026

Source : enquête Formation Employeur (EFE) 2021, obligatoire chaque année dans le  cadre de la statistique publique co-produite par le Céreq, la Dares et France compétences. Cette enquête porte sur les pratiques de formation continue des entreprises et des associations françaises du secteur privé de plus de 1 salarié à 999. Les analyses quantitatives tiennent compte des caractéristiques de l’entreprise (taille, secteur) ou de son personnel (PCS, tranches d’âge, etc.) mais aussi du rôle central de la gouvernance de la formation au niveau financier, organisationnel et managérial.

 

Plus la gouvernance de l’entreprise est structurée, plus l’entreprise recourt à la formation à distance.

 

La diffusion d’outils numériques (classes virtuelles, modules d’e-learning, formats hybrides voire dispositifs immersifs), liée notamment au développement massif du télétravail, a fortement contribué à stimuler le recours à la formation à distance dans les entreprises. En 2022, près d’1/3 des formations à but professionnel étaient dispensées en ligne, alors que leur part restait marginale en 2016. 

 

♦ Ce mode de formation peut être dispensé sous trois formats : synchrone, asynchrone ou hybride. Le synchrone correspond à des séances en direct à heure fixe avec un formateur à distance (classe virtuelle de langue, atelier bureautique en visioconférence, etc.) et corrspond souvent à l’échange et au guidage en temps réel,. L’asynchrone renvoie quant à lui à des ressources consultées librement, sans formateur en direct (modules d’e-learning, vidéos et quiz accessibles sur une plateforme, etc.) et joue la flexibilité. Le format hybride combine ces deux logiques complémentaires. 

 

Le synchrone exige davantage de coordination et d’animation, alors que l’asynchrone suppose des investissements en contenus et un accompagnement (relances et suivi de la progression) pour soutenir l’engagement et l’achèvement.

 

♦ La formation à distance est très fréquente dans les grandes entreprises (84% dans celles de 300 à 999 salariés, 66% dans celles de 50 à 299 salariés), mais reste minoritaire dans les plus petites structures (10 à 49 salariés : 35% ; 1 à 9 salariés : 16%).

 

Cet écart tient surtout au développement de formats plus exigeants en ressources et en organisation (synchrone et hybride). L’hybridation des formats illustre cette polarisation : si 31% des entreprises de 300 à 999 salariés y recourent, le taux tombe à 16% de celles de 50 à 299 salariés et seulement 2 à 5% de celles de moins de 50 salariés.  L’usage du synchrone seul suit la même logique. 
À l’inverse, l’usage du format asynchrone seul varie très peu avec la taille (de 2 à 3%). 

 

Parmi les entreprises de moins de 1 000 salariés, 36% déclarent recourir à au moins une modalité de formation à distance ; parmi celle-ci, 33% déclarent qu’une partie de leurs cours ou stages s’est déroulée en ligne avec un formateur à distance (synchrone), et 11% avoir offert à leurs salariés un libre accès à un service payant de formation autonome à distance (asynchrone). 

 

♦ Le recours à la formation à distance varie aussi fortement selon l’activité. Il atteint son niveau le plus élevé dans les services financiers, informationnels et immobiliers (51% des entreprises), suivi par le secteur de la santé et de l’éducation (48%). À l’opposé, l’agriculture et la construction restent très en retrait, avec respectivement 10 et 17% des entreprises.

 

Cette hiérarchie sectorielle recoupe celle observée pour les formations en présentiel, car les secteurs les plus formateurs en général : la santé et l’éducation (76%), l’industrie (69%) et les services financiers, informationnels et immobiliers (65%), sont aussi ceux qui mobilisent le plus la formation à distance. À l’inverse, l’agriculture est le secteur qui forme le moins en général (35%) mais aussi celui qui recourt le moins à la formation à distance.

 

Dans la plupart des secteurs où la formation en ligne est fréquente, le synchrone seul domine, suggérant qu’elle s’organise le plus souvent autour de dispositifs en direct (classes virtuelles, visioconférence) plutôt qu’à travers de l’e-learning autonome.

 

♦ Dans les entreprises ne proposant aucune formation en ligne, les employés (41%) et les ouvriers (23%) dominent, tandis que les dirigeants et cadres ne représentent que 25% du personnel et les techniciens et agents de maîtrise seulement 10%.

À l’inverse, les entreprises mobilisant une modalité hybride (synchrone et asynchrone) se distinguent par une part de cadres beaucoup plus élevée (40%), une part de techniciens et agents de maîtrise plus importante (19 à 20%) et des parts plus faibles d’employés (28%) et d’ouvriers (12%). Ces résultats peuvent refléter des différences organisationnelles, mais renvoient surtout à l’importance du niveau de qualification des emplois dans le recours à ce mode de formation.

 

Pour en savoir davantage : https://shs.cairn.info/revue-cereq-bref-2026-4-page-1?lang=fr