Source : l’Enquête Formation Employeur (EFE), interroge sur les pratiques de formation des entreprises. C’est une enquête obligatoire annuelle de la statistique publique menée conjointement par le Céreq, la Dares et France compétences. Elle s’articule à l’enquête européenne quinquennale CVTS (Continuing Vocational Training Survey) en élargissant son champ à l’ensemble des employeurs de plus de 1 salarié du secteur privé, CVTS se limitant aux entreprises de plus de 10 salariés du secteur privé hors agriculture, éducation et santé, en France métropolitaine. Les données portent sur l’année 2020.
La limite de l’étude réside dans la non-prise en compte de la formation informelle, trés présente notamment dans les petites entreprises et dans certaines activités.
La formation formelle des ouvriers est fort modeste dans les entreprises où l’effectif est inférieur à 20 salariés.
♦ Les ouvriers sont moins formés que d’autres catégories socioprofessionnelles. Ainsi, en 2020, Dans les entreprises du secteur privé de plus de 1 salarié, le taux d’accès des ouvriers est de 36%, vs 49% pour les techniciens et 54% pour les cadres.
Si les grandes entreprises sont généralement plus formatrices que les petites, cela joue tout particulièrement pour les ouvriers : un ouvrier a 5,3 fois plus de chances de se former s’il travaille dans une entreprise de plus de 1 000 salariés que dans une entreprise de moins de 10 salariés. De fait les ouvriers formés sont localisés pour moitié dans des entreprises de plus de 250 salariés vs 30,5% dans des entreprises de 50 à 250 salariés et 20,5% dans celles de moins de 50 salariés.
♦ En croisant les tailles et les activités, on constate :
– Que les ouvriers formés dans les entreprises de moins de 50 salariés sont largement le fait des secteurs agriculture (71% des ouvriers de ce secteur), construction (48%), commerce (44%), et services aux personnes (37%),
– Que les ouvriers formés dans les entreprises de plus de 250 salariés sont largement le fait des secteurs industrie (62%) et transport/entreposage (60%),
– Que les ouvriers formés dans les entreprises de 50 à 250 salariés sont largement le fait du secteur services aux entreprises,
– Enfin ceux de la santé et enseignement sont 82% dans les entreprises de 50 salariés et plus.
L’étude ne compare par le nombre total d’ouvriers dans les différentes tailles et activités, avec les ouvriers formés, ce qui aurait été un complément utile.
♦ Des politiques de formation hétérogènes : 5 types d’entreprises, regroupés en 2 grands groupes forment leurs ouvriers (dans les entreprises de plus de 10 salariés).
– La moitié des ouvriers sont regroupés dans les entreprises où ils sont nombreux (86 et 63% des salariés) mais accèdent peu à la formation, parce que ces entreprises forment peu leurs ouvriers (22 ou 25% d’accès à la formation), voire réservent plutôt les formations aux cadres. La part des petites entreprises y est également importante (45 et 40%). La formalisation de la formation est faible.
– En ce qui concerne l’autre moitié, 3 types d’entreprise s’impliquent fortement dans la formation de leurs ouvriers (entre 59 et 87% d’accès à la formation) ; la présence des entreprises de moins de 20 salariés y est faible (26 et 28%), sauf pour le type grande structure où les moins de 20 salariés sont inexistants. Par contre la densité en ouvrier y est forte (66 et 73%) sauf un type d’entreprise dite égalitaire où cette concentration est faible (24%). Ces entreprises ont une politique de formation formalisée avec un responsable de formation, un recensement des besoins en formation, un plan de gestion des compétences ; elles travaillent en lien avec les Opco. L’implication syndicale dans la gestion et l’organisation de la formation au sein de l’entreprise y est aussi plus importante, et ce plus encore dans les entreprises du type grandes structures. Les formations déployées font avant tout face aux évolutions de l’outil de production, qui impliquent la prise en main de nouvelles techniques, de machines ou d’outils.
♦ Des ouvriers formés pour répondre à des exigences réglementaires.
Les formations réglementaires représentent plus de la moitié des formations suivies par les ouvriers en 2020, contre 1/3 pour les autres salariés. Pour l’ensemble des entreprises où les ouvriers sont nombreux (à l’exception des grandes structures qui se distinguent par un recours plus important aux formations internes), la part des heures de formations obligatoires (hygiène, sécurité et réglementaires obligatoires) dans l’ensemble des heures de formation est beaucoup plus importante (entre 38 et 40%) que dans la moyenne des entreprises de plus de 10 salariés (24%).
Dans les entreprises peu formatrices pour l’ensemble des personnels, les formations sont moins fréquentes mais plus longues, alors que dans les entreprises formatrices d’ouvriers, les durées moyennes de formation sont courtes.
La plupart des entreprises ont recours à des formations en situation de travail, notamment les entreprises les plus formatrices d’ouvriers, dont plus encore les grandes structures. Ces pratiques témoignent de l’intérêt de ces entreprises pour la transmission des compétences par le travail, mais aussi des échanges sur les pratiques professionnelles, qui favorisent l’accès à la formation, plus particulièrement pour les salariés occupant les emplois les moins qualifiés.
Pour en savoir davantage : https://www.cereq.fr/sites/default/files/2026-06/Bref-486_0.pdfù