Méthodologie et définitions : il mesure l’appétence à entreprendre des Français sous 2 aspects : – l’engagement entrepreneurial évalué par leur positionnement ou non dans la chaîne entrepreneuriale et leur degré d’implication dans cette dernière, et la culture entrepreneuriale appréciée à travers la perception et la représentation qu’ont les Français de l’entrepreneuriat, des compétences et qualités entrepreneuriales et de leur sensibilisation à l’entrepreneuriat.
La chaîne entrepreneuriale est constituée de 4 profils non exclusifs :
– Intentionniste : personne envisageant de créer ou de reprendre une entreprise sans avoir encore engagé de démarches pour le faire,
– Porteur de projet : personne ayant engagé des démarches pour créer ou reprendre une entreprise dans les 12 derniers mois et dont le projet a déjà abouti ou est en cours de réalisation (même s’il est suspendu ou reporté à une date ultérieure),
– Chef d’entreprise : propriétaire d’au moins une entreprise créée ou reprise, le dirigeant, y travaillant ou y ayant déjà travaillé (hors propriétaire n’ayant jamais travaillé dans l’entreprise),
– Ex-chef d’entreprise : personne ayant fermé ou cessé l’activité d’une entreprise dont elle était propriétaire ou co-propriétaire et qu’elle dirigeait ou co-dirigeait.
Au sein de cette chaîne entrepreneuriale, se distinguent plusieurs catégories :
– les Actifs dans la chaîne : Français ayant dépassé le cap de l’intention pour concrétiser leur projet d’entreprendre, à savoir les porteurs de projet, les chefs et ex-chefs d’entreprise ; ils constituent l’aval de la chaîne,
– les Intentionnistes primo-accédants : Français n’ayant jamais dépassé le cap de l’intention d’entreprendre,
– Les Récidivistes : Français ayant mené plusieurs projets entrepreneuriaux à bien. Ils cumulent donc plusieurs profils actifs dans la chaîne.
– Les Français qui sont en dehors de toute dynamique entrepreneuriale et qui n’entrent ainsi dans aucun des 4 profils et sont appelés « Hors chaîne ».
Un indicateur composite, l’indice entrepreneurial (iE), permet d’évaluer le degré de proximité des Français avec l’entrepreneuriat. Il tient compte de l’expérience et de la sensibilisation entrepreneuriale des Français, mais aussi de leur entourage entrepreneurial.
L’IEF repose sur les données d’une enquête nationale réalisée tous les deux ans par l’institut de sondage Ifop pour le compte de l’Observatoire de Bpifrance Création. Deux sondages sont réalisés afin d’approcher d’une part, la population française quel que soit le territoire, et d’autre part, les résidents des Quartiers prioritaires de la Politique de la ville (QPV).
Pour l’édition 2025, le premier sondage a été administré en ligne du 13 au 26 juin 2025 auprès d’un échantillon de 4 990 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée après stratification par région et catégorie d’agglomération), le second a été administré par téléphone du 1 au 10 juillet 2025, auprès d’un échantillon de 501 personnes représentatives des résidents en QPV, âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas : sexe, âge, situation relative à l’emploi de la personne interrogée, nationalité et niveau de diplôme).
L’étude est fort riche et propose beaucoup de données, qui ne sont toutefois pas toujours cohérentes entre elles et doivent être affinées.
je ne porte pas d’intérêt à rendre compte des changements à court terme (notamment d’une année sur l’autre), indiquant plutôt soit des réactions conjoncturelles, soit un manque de maitrise des échantillons dans leur représentativité, alors que les changements sont plutôt à observer à moyen terme.
Et pourquoi cumuler chefs d’entreprise et ex-chef d’entreprise ? cumuler chefs d’entreprise et porteurs de projet oui, mais cumuler ceux en activité et les ex ?
Les Interrogations que suscite cette étude :
– Les différents groupes peuvent se chevaucher, ce qui rend l’analyse difficile dans la mesure où l’on ne connait pas les recouvrements : exemple, un ex-chef d’entreprise peut aussi se retrouver à la fois dans cette catégorie, mais aussi par exemple dans la catégorie des porteurs de projet.
– Pour identifier la composition des catégories, on n’identifie pas dans l’étude quelques données essentielles comme la nature juridique de l’entreprise (existante, disparue ou en projet) : sont-ils autoentrepreneur, entreprise individuelle autre, société, ce qui conduit à des profils différents ni l’activité exercée, ou encore le type de reprise (autre que familiale…), tel rachat de commerce, fort différent d’une reprise dans le secondaire ou les service, ou l’appartenance à des groupes d’entreprise.
On ne peut parler de reprise en soi, alors qu’il faut différencier par exemple les reprises, pour reprendre une autre entreprise, une modalité de développement des entreprises (notamment dans le commerce) des reprises d’entreprises en difficulté ou du fait de départ en retraite.
– On ne connait pas les raisons du choix de cumuler certaines catégories : si je comprends le regroupement des catégories chefs d’entreprise et porteurs de projet, inscrits dans une même dynamique, je ne perçois pas l’intérêt de les regrouper avec les ex-chefs d’entreprise.
– La nécessaire précision de concept : exemple celui de dirigeants salariés sans aucune participation au capital de l’entreprise (sont-ils des dirigeants salariés mais chefs d’entreprise parce qu’ils sont minoritaires au capital ou des salariés embauchés pour seulement gérer l’entreprise, et encore le concept de “freinés” ou plus largement ce qu’apporte le concept de “chaîne entrepreneuriale.”
De plus le recours à l’opinion, et non à des faits vérifiés, conjugué à la compréhension non vérifiée de certains items, rendent incertains les résultats et donc leur analyse. De plus, si l’on en croit les commentaires publiés dans l’étude, la majorité des Français seraient enclins à créer/reprendre, ce qui ne me parait pas être le cas.
Je n’analyserais que ce qui me semble donner explication et apparait cohérent au regard de ce que l’on sait par ailleurs.
L’étude permet d’approcher comment les Français se positionnent face à l’entrepreneuriat (ceux qui y sont impliqués et ceux qui n’y sont pas).
⇒ Une approche globale
♦ 1 Français sur 3 (34% vs entre 30 et 32 entre 2016 et 2023) est dans une dynamique entrepreneuriale, qu’ils aient l’intention de créer ou de reprendre une entreprise, qu’ils en portent le projet, qu’ils soient chefs ou ex-chefs d’entreprise.
♦ Quelques remarques concernant l’ensemble de la population interrogée :
– Les 3/4 des Français estiment qu’être entrepreneur apporte de la reconnaissance et est source de réussite sociale notamment chez les intentionnistes et ceux qui ont abandonné. Pourtant 1 sur 5 estime qu’être indépendant ou chef d’entreprise est le meilleur choix de carrière contre 4 sur 10 chez les jeunes et les 30-49ans.
– Cependant 8 Français sur 10 estiment qu’être entrepreneur pèse sur la santé, du fait du poids des responsabilités et du stress, de l’instabilité des revenus et du risque d’échec.
– Ceci étant face à l’échec et à la prise de risque, la majorité estime que l’échec est une expérience utile dans une carrière professionnelle (cf l’importance du nombre de récidivistes le citant).
– La dégradation de la conjoncture depuis 2020 a modifié la situation professionnelle de 3 Français sur 10. Les intentionnistes primo-accédants, et les Français de la chaîne entrepreneuriale sont davantage touchés (4 sur10).
– L’exposition entrepreneuriale est un élément clef explicatif : 6 Français sur 10 dans la chaîne (contre 3 sur 10 dans la hors-chaîne) a un chef d’entreprise dans son cercle familial ou amical proche et la moitié a été sensibilisée à la création ou à la gestion d’entreprise (contre 1 sur 10 dans la hors chaîne).
– Les Français habitant en zone urbaine participent davantage à la chaîne entrepreneuriale que ceux résidant à la campagne (36% vs 30). La présence des chefs d’entreprise et des porteurs de projet est relativement stable dans les villes, mais recule dans les campagnes.
Dans les QPV où 1 Français sur 5 habite, 22% des résidents sont dans la chaîne entrepreneuriale, moins que dans la chaîne nationale ; les écarts proviennent d’une part du décalage homme (30%)-femme (14%), d’autre part de l’importance des intentionnistes (14% pour 9% d’actifs dans la chaine), notamment des jeunes (36% toutefois moins qu’en France 56).
– Les hommes sont surreprésentés dans la chaîne entrepreneuriale (55%), en particulier dans les villes (59%) et les QPV (66%). Les séniors sont sous-représentés. Les diplômes du supérieur sont surreprésentés en milieu urbain (sauf en QPV) et font preuve d’une confiance remarquable en leurs aptitudes entrepreneuriales.
♦ Qui sont concernés et ne le sont pas ?
– 14 millions sont directement concernés : 8,3 millions de chefs d’entreprise en activité (l’Insee recense 5,2 millions d’entreprise début 2024 !) et 5,8 millions sont en cours de réalisation (porteurs de projet),
– 13 millions sont concernés de façon plus lointaine : 7,4 millions sont d’ex-chef d’entreprise et 5,6 millions des intentionnistes,
– 9,7 millions n’y ont jamais songé,
– 18 millions ont, soit abandonné le projet (1,6 million), soit se trouvent freinés (7,1 millions), ce dernier concept est à préciser
– Au sein des différentes catégories, les parois semblent poreuses, en particulier les Français « actifs » dans la chaîne (chefs, ex-chefs ou porteurs de projet) cumulent plusieurs casquettes : la moitié des chefs d’entreprise et des ex-chefs d’entreprise sont aussi porteurs de projet et 3/4 des porteurs de projet sont aussi chefs ou ex-chefs d’entreprise (Y aurait-il donc si peu de nouveaux entrants porteurs de projet autres que des chefs d’entreprise déjà expérimentés ? Par ailleurs, n’est-ce pas en contradiction avec ce qui suit : « seul 2 intentionnistes sur 10 ont déjà créé ou repris une entreprise par le passé ») Problème de la notion d’aval et d’amont ?
Autrement dit : 16% des Français sont des chefs d’entreprise en activité, 14% d’ex-chefs d’entreprise, 11% des porteurs de projet et 11% des intentionnistes, ce qui correspond à un Français sur 2, concernés un jour ou l’autre au fil de leur vie, ce qui rend difficile de donner sens à leur nombre.
Parmi eux, 5 millions seraient des récidivistes entrepreneuriaux.
♦ Parmi les 35 millions de Français se situant hors de la chaîne, près de la moitié est constituée des plus éloignés de l’entrepreneuriat, à savoir ceux qui n’y ont jamais songé (9,7 millions) et ceux qui n’ont jamais souhaité être dans une démarche entrepreneuriale malgré une absence de difficulté particulière (7,1 millions). L’autre moitié serait plus proche de l’entrepreneuriat, en particulier les 1,6 millions obligés d’abandonner leur projet de création/reprise d’entreprise et 16,4 millions, qui indiquent qu’ils pourraient franchir le pas si les freins étaient levés.
⇒ Une approche par groupe de situation :
♦ Celle des Chefs d’entreprise
En 2025, 16% des Français, soit 8,3 millions de personnes, sont chefs d’entreprise, dans le sens où ils sont propriétaires ou copropriétaires d’au moins une entreprise qu’ils dirigent ou dans laquelle ils ont déjà travaillé.
Ce qui est commun en termes de profil avec les autres catégories observées : des dirigeants hommes (55-64%).
4 catégories :
– 30% sont les propriétaires-dirigeants à temps plein : ils dirigent ou travaillent dans l’entreprise et exercent une activité de chef d’entreprise (au sens de la CSP) ; en essayant de les qualifier à partir du tableau page 27 : ils ont au moins 30 ans (95% vs 52 à 74% pour les autres) ; 92% ont une seule entreprise ; 78% l’ont créée et 81% sont propriétaires uniques.
8 chefs d’entreprise sur 10 ont créé ex-nihilo (8 sur 10 lorsqu’ils sont à temps plein dans l’entreprise). Ils créent le plus souvent sans associé (8 sur 10) et ne possèdent qu’une seule entreprise (9 sur10).
– 20% sont des propriétaires non-dirigeants « actifs dans l’entreprise » (salarié sans fonction de dirigeant, alors qu’ils font-ils ?) : ils ne dirigent pas, mais travaillent dans l’entreprise qui leur appartient. Ils exercent une activité salariée ou n’ont aucune activité au sens de la CSP, des dirigeants en société ou dirigeants salariés sans aucune participation au capital de l’entreprise ?
En essayant de les qualifier à partir du tableau page 27, ils sont plutôt proches du groupe précèdent, si nous les comparons aux autres groupes. Ils se différencient des autres : 41% ont moins de 30 ans (vs 26-48% les autres) et 14% plus de 50 ans (vs 15-36% les autres) ; ils sont moins diplômés du supérieur (34% vs 31-55%) ; ils participent davantage à des entreprises familiales (40% vs 14-26% les autres), ce qui expliquerait qu’ils affirment partager avec d’autres associés (64%, alors que la plupart des autres chefs d’entreprise sont propriétaires uniques).
– 40% sont des propriétaires-dirigeants en activité de complément : ils dirigent l’entreprise mais exercent une activité salariée à côté ou n’ont aucune activité professionnelle ou un autre statut au sens de la CSP (étudiant, retraité, chômeur, au foyer ou sans activité) ; sont-ce des autoentrepreneurs (ce ne semble pas du fait de leur âge) ?
En essayant de les qualifier à partir du tableau page 27, seuls 26% ont moins de 30 ans et 55% sont diplômés du supérieur (vs 31-46%) ; 86% ont une seule entreprise, qui a été créée (81%) ; 75% sont propriétaires uniques.
6 sur 10 ont créé une entreprise ex-nihilo. Ils créent le plus souvent sans associé (8 sur 10) et ne possèdent qu’une seule entreprise (9 sur10).
– 11% sont des propriétaires non-dirigeants « en présence occasionnelle » : ils ne dirigent pas et ne travaillent plus dans l’entreprise dont ils sont propriétaires ou copropriétaires. Quelles implications (ils sont seulement porteurs de parts ou actionnaires) ?
En essayant de les qualifier à partir du tableau page 27 : davantage d’hommes (64% vs 55-59), de moins de 30 ans (48% vs 5-41) ; au plus, de niveau CAP (45% vs 26-40) ; peu ont une seule entreprise (44% vs 65-92) et peu sont propriétaires uniques (34%).
Ils ont plutôt des profils de repreneur (7 sur10), ce qui va de pair avec davantage de projets impliquant d’autres personnes (6 sur 10), le plus souvent une reprise d’entreprise familiale (4 sur10), la plupart ne possédant qu’une seule entreprise (2 sur 3).
♦ 4 groupes de motivations :
– La réalisation de soi : être son propre patron, ne plus être salarié (30%, plus encore pour ceux à plein temps, 50%), réaliser un rêve (21), exercer une activité conforme à ses valeurs (21), créer son propre emploi ou celui d’un de ses proches (14),
– Les modalités de mise en œuvre : affronter de nouveaux défis (17), changer de métier, faire autre chose (13), saisir une opportunité de création ou de reprise (13), mettre en œuvre une idée nouvelle (11), construire/reprendre un projet collectif ou familial (9),
– Augmenter ses revenus ou son capital (20),
– Se repositionner : sans emploi, seule solution pour retrouver du travail (5).
♦ Si ¼ déclarent ne pas avoir rencontré de difficultés particulières pendant et jusqu’à deux ans après la création ou la reprise, 2 constats différencient ceux qui ont éprouvé des difficultés :
– Plus le chef d’entreprise est impliqué dans le projet, moins il éprouve de difficultés, souvent focalisé sur une seule entreprise.
– Plus, il en est éloigné, plus les difficultés sont de nature personnelle (hardskills, soutien, solitude, responsabilités, échec…).
Les chefs d’entreprise sont avant tout confrontés à des difficultés de revenu insuffisant ou instable (20%), suivies de la complexité des démarches administratives (16%) ; les dirigeants à temps plein y sont plus sensibles, alors que les dirigeants en activité de complément ont plus fréquemment vécu une remise en cause de l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle, mais pas par manque de soutien de leur entourage.
Au-delà des difficultés personnelles plus présentes, les propriétaires apportant une aide occasionnelle sont plus sensibles à l’échec et ont une aversion au risque plus élevée (7 sur10 se disent capables de prendre des risques vs 9 sur 10 dans les autres catégories).
♦ A propos des ex-chefs d’entreprise
14% des Français ou 7,4 millions sont d’ex-chefs d’entreprise : d’une part du fait d’une fermeture (37%) ou d’une liquidation (18%), ou d’autre part d’une cession (26%) ou d’une transmission (19%) ; quelles définitions de la transmission (en totalité ?) et de la cession (qui peut être partielle ?).
Pour 8 sur 10, c’était leur 1ére entreprise. Dans près de la moitié, l’entreprise perdure post cession ou transmission, tandis que pour l’autre moitié, elles ont été fermées de façon volontaire ou en raison d’une liquidation judiciaire.
7 sur 10 ont cherché un repreneur ; 60% l’ont trouvé, davantage chez les moins de 50 ans. Plus de la moitié garde un pied dans l’entrepreneuriat, soit parce qu’ils sont chefs d’une autre entreprise, soit parce qu’ils portent un autre projet de création ou de reprise d’entreprise.
– 4 possibilités apparaissent pour un ex-chef d’entreprise selon que l’entreprise reste en vie (cession/transmission) ou non (liquidation/fermeture) et selon qu’il poursuit une carrière entrepreneuriale (en tant que chef d’entreprise ou porteur de projet) ou non :
Ils arrêtent :
* 24% d’ex-chefs sont en rebond d’activité entrepreneuriale après une liquidation ou une fermeture : ce sont des chefs multi-entreprises, relativement jeunes, qui cumulent souvent avec un emploi salarié, Mais 1/3 n’a pas cherché de repreneur, car l’activité reposait trop sur la personne.
* 31% arrêtent leur activité entrepreneuriale : une population en âge de partir à la retraite qui a pris la décision de cesser l’activité de l’entreprise, principalement en raison de difficultés économiques bien que non conjoncturelles. Jugeant la valeur de l’entreprise peu attractive (54%) ou trop liée à leur personne, la moitié d’entre eux n’a pas entamé de démarches pour trouver un repreneur..
Ceux qui ont vendu sans difficultés sont également sortis du parcours entrepreneurial pour la moitié d’entre eux. Dans les deux cas, il s’agit surtout de retraités, la différence se trouve dans les circonstances de la fermeture, les premiers en raison de difficultés économiques, les seconds motivés par leur départ en retraite ou le fait d’une opportunité de vendre.
Ils ont cédé ou transmis :
* 33% sont en rebond : des salariés de moins de 50 ans qui ont saisi une opportunité de cession ou pour exercer un autre métier, un comportement souvent dicté par la conjoncture (2 sur 3) et forcément tourné vers la recherche d’un repreneur.
* 13% arrêtent leur activité entrepreneuriale après une cession ou une transmission : des personnes souhaitant partir à la retraite, qui ont saisi une opportunité de passer la main et qui, de fait, ont eu peu de difficultés à trouver un repreneur pour leur entreprise.
– Caractéristiques selon le tableau page 44 :
* Ceux qui ont fermé leur entreprise (2,2 millions) : on y trouve plus souvent des 65 ans et plus (28%) comme pour ceux qui ont cédé (23%) vs 5 ceux qui ont transmis et 13 ceux qui ont été liquidé ; peu restent chefs d’entreprise (22 vs 56 à 80 les 3 autres catégories) ou porteurs de projet (21 vs 53 à 81) ; peu ont fermé du fait de la conjoncture (33 vs 52-66).
* Ceux qui ont connu une liquidation (1,8 million) : davantage de moins de 30 ans (32 vs 17-23, sauf ceux en transmission 41) ; peu sont issus du supérieur (24 vs 38-46) ; 63% resteraient chefs d’entreprise ?? ou porteur de projet (55)
* Ceux qui ont cessé : plus souvent des 65 ans et plus (23% comme ceux qui ont fermé 28) ; 56% sont encore chef d’entreprise (comment ?) et 53 porteurs de projet.
* Ceux qui ont transmis : plus souvent des moins de 30 ans (41% ?) ; plus souvent issus de l’enseignement supérieur (46 comme ceux qui ont fermé) ; 80% restent chef d’entreprise (comment ?) 81% porteurs de projet.
♦ A propos des porteurs de projet
– Ils sont 11% des Français (5,8 millions de personnes), dans le sens où, au cours des 12 derniers mois, ils ont engagé des démarches pour créer ou reprendre une entreprise. Un chiffre qui parait élève (le réseau BGE estime que 30% de leurs porteurs de projet créent, alors que leur population n’est pas des plus faciles !).
Seuls 5% le feraient dans l’année, 14% dans un an, 14% dans les 2 ans, alors que 67% ne savent pas quand (grand décalage avec les enquêtes intention de créer).
63% souhaiteraient créer une entreprise et 23% reprendre (7 dans l’entreprise où ils sont salariés, 5 dans l’entreprise familiale et 10 une autre entreprise) ; 14% ne savent pas.
– Ceux envisageant de créer à 1 ou 2 ans comparés à ceux qui savent pas quand ils vont créer ou reprendre manifestent quelques écarts : ce sont plus souvent des hommes (69-70 vs 49) ; ils sont davantage diplômés du supérieur (45-47% vs 38) et ont plus souvent des chefs d’entreprise dans leur entourage (74-81% vs 56).
Comparés aux chefs d’entreprise, ils se différencient surtout par l’âge (40-48% ont moins de 30 ans vs 25).
♦ A propos des intentionnistes.
– 11% (5,7 millions) envisagent de créer ou de reprendre une entreprise (mais n’ont encore entrepris aucune démarche en ce sens). C’est la population la plus distante de l’entrepreneuriat : 67% ne savent pas quand ils vont créer ou reprendre, vs 5% dans l’année, 14% dans les 2 ans, 14% dans plus de 2 ans.
– 63% ont l’intention de créer une entreprise, 23% de reprendre (dont 7% en tant que salarié de leur entreprise et 6% une entreprise familiale).
– En termes de motivations, comparés au groupe des chefs d’entreprise et des porteurs de projet, ils souhaitent plus souvent être leur propre patron et ne plus être salarié (35% vs 20 les chefs d’entreprise), accomplir un rêve (30% vs 28 les porteurs de projet qui l’ont reporté) et augmenter leurs revenus (28% vs 17-20 les autres). Ils aspirent plus à changer de métier (19% comme les porteurs de projet qui l’ont reporté) et moins à saisir une opportunité ou à mettre en œuvre une idée nouvelle.
– En termes de difficultés : plus que les autres ils craignent un revenu insuffisant, l’échec et moins le manque d’accompagnement, la solitude du chef d’entreprise ou la difficulté de l’équilibre vie personnelle/vi professionnelle. Comme les chefs d’entreprises, ils citent peu de difficultés particulières (19% vs 26 mais 10-13 pour les porteurs de projet).
♦ A propos de ceux qui sont éloignés de l’acte de créer/reprendre (35 millions) : si 1,6 millions (3% des Français) disent avoir abandonné, 16,4 millions (31%) expriment des freins importants (une population qui a de forte chance de ne jamais créer/reprendre, se situant plutôt dans le rêve ?). L’âge (celui des seniors) apparaît comme un facteur décisif, ainsi que l’importance de femmes (54 à 58% vs 45).
– Les craintes liées au manque d’appui professionnel et parallèlement de ne pas savoir comment s’y prendre pourraient être levés (s’ils sont en mesure d’y avoir recours) avec une politique adaptée et celle de la concurrence trop vive (attente d’une amélioration de la conjoncture ?).
Les craintes liées à la personne et à la vision de soi comme le manque de crédibilité ou d’expertise, la gestion du stress ou de la solitude, l’équilibre avec la vie personnelle, constituent les barrières les plus résistantes, des handicaps qui ne peuvent se lever que par un travail sur soi).
– 8 sur 10 n’ayant jamais songé à créer ou à reprendre une entreprise sont satisfaits de leur vie professionnelle. Ce sont aussi ceux qui subissent le moins de stress professionnel ; ils ne voient pas l’intérêt d’en changer.
– L’étude propose 5 catégories de ces hors chaine entrepreneuriale : celle des “freins adressables” (intitulés par ailleurs les freinés), Ils sont 16,4 millions ou 31% des Français et pourraient basculer dans la chaine entrepreneuriale (toutefois si les changements personnels et dans les appuis proposés pouvaient bouger). 2 groupes sont largement éloignées (ceux qui n’y ont jamais songé et ceux pour qui les freins sont insurmontables) et ceux qui ont abandonné (1,6 million ou 3%, disparu dans le tableau récapitulatif) mais sans doute faudrait-il ajouter ceux qui ont cessé (et ne souhaitent pas revenir vers l’entrepreneuriat) et un dernier groupe “les aucuns freins”, difficilement qualifiable sauf à être regroupé avec ceux qui n’y ont jamais songé.
Les “aucuns freins” présentent nombre de caractéristiques proches avec celui des “n’y ont jamais songé” : poids élevé des seniors (74 et 80%), peu diplômés du supérieur (18 et 25%), peu concernés par la conjoncture comme stimulant, peu sensibilisés à l’entrepreneuriat (6 et 7%), avec peu de chefs d’entreprise dans leur entourage (16-19%), et peu enclins à considérer que travailler à son compte est leur choix idéal (8 et 10%). Ces 2 groupes sont aussi assez proches avec celui des “freins immuables”.
Le groupe des “freins adressables” diffère notamment avec les 2 groupes non concernés avec nettement plus de moins de 50 ans (71% vs 21 et 16), plutôt plus de diplômés du supérieur (34% vs 18 et 25), plus impactés par la conjoncture (31% vs 15 et 18), avec nettement plus de chefs d’entreprise dans leur entourage (42% vs 16 et 19), et considérant que travailler à leur compte est leur choix idéal (52% vs 8 et 10).
Pour en savoir davantage : https://presse.bpifrance.fr/indice-entrepreneurial-francais-2025-lentrepreneuriat-sancre-durablement-dans-les-aspirations-des-francais