Un point sur l’alternance, principalement l’apprentissage.


"LE TABLEAU DE BORD DE L’ALTERNANCE EN FRANCE", Observatoire de l'alternance, décembre 2024

L’alternance est une modalité de formation entre l’école et l’entreprise qui conduit à une meilleurs insertion dans l’emploi.

⇒Combien et qui sont ces jeunes en alternance ?

♦ Les jeunes de 15 à 29 ans représentent 17,6% de la population française en 2024. En 2023 : 51,6% sont encore scolarisés (plutôt les 18-20 ans), 35,5% sont en emploi (plutôt les 25-29 ans), 11,3% sont en situation NEET, 7% sont au chômage, 8,8% sont en alternance (3,8% en 2010).

 

♦ Profil : les jeunes en apprentissage sont à 54,7% des hommes ; 50% des jeunes concernés ont entre 20 et 25 ans alors que ceux en contrat de professionnalisation sont 53% à avoir 26 ans et plus ; 45% sont employés dans une entreprise de moins de 10 salariés vs 44% dans une entreprise de 250 salariés et plus pour les contrats de professionnalisation.

⇒ Quel niveau de formation ?

852 235 sont entrés en apprentissage en 2023 vs 836 422 en 2022 vs 291 000 entre 2005 et 2018. 39% sont en licence ou au-delà, 23 en préparation de BTS, 22 de CAP et 16 de bac-bac-pro.

La progression des apprentis préparant un diplôme du supérieur a fortement augmenté. Le nombre d’apprentis au niveau 5 (DUT-STS) à la rentrée 2023-24 se monte à 235 000. Ils comptent pour 42,5% des étudiants de DUT et STS (pour mémoire, la proportion d’apprentis bac+2 était de 14,8% en 2011-12). 

Le nombre d’apprentis au niveau 6 (licence) atteint 161 500 à la rentrée 2023-24. Il compte pour 16,8% des étudiants de licence vs 3,1% en 2011-12.

 

Le taux de rupture est stabilisé à 27,4% depuis 2019 ; celles-ci interviennent surtout lors des 3 premiers mois (10,6% des ruptures en 2022). Mais les taux de rupture à 9 mois doublent chez les employeurs de 250 salariés ou plus, alors qu’ils progressent peu chez les moins de 50 salariés. L’ancienneté de l’employeur ou du CFA a tendance à réduire la probabilité de rupture.

⇒ Les entreprises employeurs.

♦ La part des apprentis dans la main d’œuvre salariée du privé en 2023 est de 4,8% (3,2% en 2020) ; les entreprises de moins de 10 salariés emploient 19% des salariés du privé, et regroupent 45% des apprentis alors que les entreprises de 10-249 salariés emploient 49,5% des salariés et 33% des apprentis, et celles de 250 salariés et plus 29% des salariés et 22,5% des apprentis.

 

En termes de secteur d’activité employeur d’apprentis, la coiffure est le plus employeur (22,8% de ses salariés), suivie par la boulangerie-pâtisserie (18,1%), puis les activités sportives (13,6%), le BTP (entre 5 et 12% selon la taille de l’entreprise), l’immobilier (10,2%), les experts-comptables (10,2%), les activités automobile (9,7%) pour les activités les plus employeurs.

⇒ Quelle insertion professionnelle ?

♦ En termes d’insertion professionnelle, ils sont plus souvent en emploi 6 mois après leur sortie d’études que les lycéens : 62% ceux en CAP (vs 29), ceux en bac pro (69 vs 45) et ceux en BTS (70% vs 62).

6 mois après leur sortie d’apprentissage, parmi ceux qui sont en emploi, 60% sont en CDI, 28% en CDD, 8% en intérim alors que 30% des autres jeunes signent un CDI en guise de 1er emploi, et 39% des lycéens professionnels (36% sont en CDD).

 

2 ans après leur sortie d’apprentissage, 66% de ceux ayant préparé un CAP sont en emploi vs 40% les lycéens professionnels, ceux ayant préparé un bac pro 74% vs 52, et ceux ayant préparé un BTS 75% vs 65. 

Si le taux en emploi est proche pour ceux formés en alternance de ceux non formés en alternance (89% vs 86), la différence provient de ceux en CDI (70%) vs 47), alors que le taux de chôme est identique (8%).

 

♦ Le salaire mensuel des ex-apprentis en CDI est aussi supérieur et progresse plus vite : après 3 ans de sortie (1 933€ et +7,7%), entre 3 et 7 ans (2 046€ et +8,7%) et après 7 ans (2 339€ vs +13,6%).

 

♦ Les jeunes des QPV s’orientent plus que leurs voisins vers la voie professionnelle (bac pro ou CAP) mais, une fois dans cette voie, se tournent moins vers l’alternance : l’origine sociale explique grandement cette différence, leur orientation étant plus contrainte ; ajoutons l’éloignement de l’entreprise ou du CFA, l’absence d’accompagnement dès l’orientation ou le profil même de ces jeunes. À noter cependant que l’écart diminue avec le niveau de diplôme.

 

Si 39% des étudiants issus des milieux moins favorisés ont opté pour l’alternance afin de pouvoir financer leurs frais de scolarité (vs 22% les autres alternants), 24% interrompent toutefois leurs études pour des raisons financières. De fait, les parcours dans le supérieur long restent rares chez les jeunes des QPV (13% vs 27%).

 

Les jeunes des QPV en alternance réussissent mieux que leurs homologues de la voie scolaire : 75% dans les formations du secondaire vs 68 et pour le supérieur, 88% vs 79 ; ils réussissent quasiment aussi bien que leurs voisins en alternance ( 68% vs 78).

Enfin, chez les jeunes alternants en emploi, après 3 ans de vie active, la proportion de CDI est ainsi la même quelle que soit l’origine : QPV, voisins ou ensemble de la population (83 %).

 

♦ 27% des apprentis sont en emploi chez le même employeur que durant leur apprentissage et 44% dans la branche de leurs études.

Le taux de chômage des apprentis deux ans après leur sortie en 2012 se monte à 19%.

⇒ Un zoom sur les contrats de professionnalisation.

♦ Leur profil en 2022 : 49% ont moins de 26 ans (vs 72 en 2019) ; 65% sont détenteurs d’un diplôme de niveau bac ou supérieur avant l’entrée en contrat (ils étaient 78% en 2019) ; 49% étaient en recherche d’emploi avant l’entrée en contrat (vs 31,5% en 2019)

 

♦ En 2023, ils sont 115 814. Leur nombre chute entre 2019 et 2022 : entre -39 et -50% selon les activités et -51 à -62% selon les tailles d’employeurs et pour les moins de 26 ans (-62%). 

Les contrats de professionnalisation sont exclusivement dans le secteur tertiaire pour 81,5% ; les principaux secteurs sont : le soutien aux entreprises (29%),  l’enseignement (11%) mais aussi la réparation automobile (19%) ou l’industrie (12%).

En 2022, 44% (20% en 2006) sont dans des entreprises de 250 salariés et plus, 31,65% dans des entreprises de 10 à 249 salariés et 24,5% dans des entreprise de moins de 10 salariés (ils étaient 42% en 2006).

Les ruptures sont moindres que d’apprentissage (22%).  

 

♦ L’ insertion dans l’emploi (79%) varie selon les secteurs : 85% dans la construction (mais les embauches s’y sont taries depuis 2019), 71% dans les HCR. 16% sont au chômage.

⇒ Une comparaison internationale en 2023 :

En Suisse 70% des jeunes sont en alternance, en Allemagne 50%, aux Pays-Bas 40%, au Danemark 30% (l’étude ne précise pas si l’on compare avec l’ensemble des jeunes en formation). Les taux d’insertion dans leur domaine de formation y sont élevés (entre 70 et 87%). 

 

En Allemagne et en Suisse, la collaboration étroite entre les entreprises et les organismes de formation facilite l’actualisation des programmes et leur adaptation à l’évolution du marché.
Au Danemark et aux Pays-Bas, où les taux sont également élevés, le système est davantage axé sur la formation continue, fluidifiant les allers-retours entre formation et travail.

 

Pour en savoir davantage : https://www.walt-asso.fr/wp-content/uploads/2022/11/Tableau-de-bord-de-lalternance-decembre-2024_def.pdf