Ce document dans la collection Insee Références propose une vision globale des emplois et de leurs évolutions, intégrant quelques fois l’emploi des non-salariés. Je propose ici quelques données qui me paraissent utiles à tout accompagnateur d’entreprise.
L’Insee en2025 recense en 30,483 millions d’emplois dont 20,893 millions salariés du privé, 6,071 millions salariés du public et 3,518 millions de non-salariés.
La population active (actifs en activité et chômeurs) se compose de 31,834 millions de personnes en hausse de 17,5% au regard de 2000 ; la hausse provient surtout des plus de 50 ans : 83% des 55-59 ans sont actifs en 2025 vs 53,9 en 2000, 47% des 60-64ans vs 11,6, et 11,4% vs 3,1 pour les 65-69 ans.
En 2025, l’emploi a continué de ralentir : +19 000 emplois entre 2024 et 2025, après +118 000 en 2024 et +2,7 millions entre 2000 et 2023. Ce ralentissement provient principalement du repli de l’emploi salarié (-53 000 emplois en 2025, après +21 000 en 2024), notamment de sa composante privée (-66 000 après -2 000 emplois), alors que l’emploi salarié dans le public a continué d’augmenter modérément (+13 000 après +23 000 emplois), tout comme les non-salariés. Rappelons qu’1,2 million d’emplois salariés ont été créés entre 2019 et 2025.
– La baisse de l’emploi salarié en 2025 concerne en premier lieu le tertiaire marchand, secteur qui concentre la moitié des salariés (13,3 millions en 2025 et -22 000 emplois en 2025 après -17 000 en 2024) ; il a notamment reculé dans le commerce (3,4 millions en 2025 et -23 000 emplois après -2 000 emplois) et dans l’informatique (0,9 million et -19 000 emplois après -12 000). Au sein des services aux entreprises (3,8 millions), l’emploi intérimaire a reculé mais moins fortement en 2025 qu’en 2024 (-4 000, après -30 000 emplois). Noter que l’intérim calculé à part (0,7 million d’emploi a reculé de 6 000 après -46 000 l’année précédente).
– Dans l’industrie, l’emploi salarié hors intérim (3,3 millions) s’est replié en 2025 avec -15 000 emplois, après +12 000 en 2024.
– Dans la construction, l’emploi hors intérim (1,5 million) a baissé un peu moins nettement en 2025 qu’en 2024 (-18 000 après -26 000 emplois).
– Au sein des services non marchands (8,7 millions), l’emploi salarié hors intérim a fortement ralenti en 2025 (+1 000 après +51 000 emplois), l’emploi salarié restant plus dynamique dans celui de la santé.
– Enfin, l’emploi non salarié (3,5 millions selon l’Insee et 3,9 millions selon l’Urssaf) a augmenté de 72 000 en 2025 après +97 000 emplois en 2024.
⇒ Quelques données utiles
♦ Le profil des salariés en 2025 :
– 49% sont des femmes. Les 25-49 ans sont majoritaires (57,9%), devant les 50-60 ans (24,3), les 15-24 ans (9,4) et les plus de 60 ans (8,5).
– La moitié sont diplômés du supérieur (33,3% avec bac+3 et au-delà, et 15,4% bac+2), alors que 29,3% ont au plus le CAP (18,1 le CAP et 11,2 le CEP ou aucun diplôme).
– 42,7% ont moins de 5 ans dans leur emploi (dont 15,2 moins d’un an) et 38,5% plus de 10 ans ; 17,3% entre 5 et 10 ans.
– En CSP : 28% sont des professions intermédiaires, 26 cadres, 26 employés (dont 15 qualifiés) et 19 ouvriers (dont 13 qualifiés).
Les 15-24 ans sont d’abord des employés 37, puis des ouvriers 29, des professions intermédiaires 26, et des cadres 10.
Les 25-49 ans sont d’abord des professions intermédiaires 30, puis des cadres 29, des employés 24 et des ouvriers 18.
Les 50 ans et plus sont d’abord des cadres 27, puis des employés 28, des professions intermédiaires 25 et des ouvriers 20.
♦ A propos des contrats de travail eux-mêmes
– 84% sont en CDI, 9 en CDD (dont 2,4 moins de 3 mois), 4 en alternance ou en stage, 2 en intérim.
– La durée annuelle de travail en heures a été de 1 656 pour un salarié à plein temps (38,9 hres par semaine), de 966 pour ceux à temps partiel (23,2 hres par semaine en moyenne, mais 39,1 pour celles ayant au moins 3 enfants à charge) et de 1 903 pour les indépendants (41,3 hres par semaine).
Au regard des CSP, cette durée annuelle d’étale de 1 775 hres pour les cadres (incluant les chefs d’entreprises salariés) à 1 596 hres pour les employés ; elles sont de 42 hres semaine pour les cadres, 38,2 pour les professions intermédiaires, 37,6 pour les ouvriers et 37,3 pour les employés.
Au regard des salariés par activités, la durée annuelle s’étale de 1 481 hres dans l’enseignement à 1 636 pour ceux de l’administration publique vs au plus haut à 1 733 pour l’informatique et 1 775 pour l’agriculture, les autres activités travaillant entre 1 647 et 1 708 hres.
– Les salaires moyens nets mensuels en € courants : en moyenne toutes CSP (2 730€) ; noter qu’ils sont de 3 020€ pour la fonction publique d’Etat, de 2 900 pour la fonction publique hospitalière et de 2 320 pour la fonction publique territoriale.
Qu’en est-il des salariés du secteur privé ?
En ce qui concerne les âges, les salaires vont de 1 620€ pour les moins de 25 ans à 2 550€ pour les 25-39 ans puis ils bougent peu ensuite (3010 pour les 40-49 ans, 3170 pour les 50-54 ans et 3 270 pour les 55 ans et plus).
En ce qui concerne les grands secteurs d’activité, ils vont de 3 020€ pour l’industrie à 2 810 pour les services aux entreprises, puis 2 490 pour le commerce, 2 410 pour la construction et 2 130 pour les services aux particuliers.
Enfin, en ce qui concerne les tailles d’entreprise : les moins de 10 salariés, peu pourvues en cadres et professions intermédiaires les rémunèrent moins que les autres tailles ; par contre, ces entreprises sont plus proches en ce qui concerne les rémunérations des employés et des ouvriers.
– 44% se disent contraints pour le choix de leur emploi alors qu’ils ont quitté leurs études il y a moins de 5 ans, un chiffre qui baisse ensuite à 24% ; les plus contraints sont ceux sans diplôme ou de niveau CEP (63 puis 41%), puis ceux de niveau CAP ou bac (57 puis 26%) en fin les bac+2 et au-delà (30 puis 17%).
– 1,746 million sont en contrats “aidés”, dont 55,5% en alternance (967 000), 24% dits “aidés” (419 200) de type insertion par l’économique et 18,6% pour l’acre (323 700).
– Le chômage : le taux de chômage en 2025 chiffre 7,7% (2,451 millions de personnes) ; les taux sont les plus élevés pour les sans diplôme ou CEP (14,7%) et les niveaux bac (9,1) ; les plus favorables le sont pour les niveaux bac +2 et au-delà (5,3) et CAP (7,6).
Celui des actifs économiques 6,9% ; en CSP, les plus concernés sont les ouvriers non qualifiés avec un taux de 17,1% et les employés non qualifiés avec un taux de 11,4% vs de 4% pour les cadres à 8,6 pour les ouvriers qualifiés.
11,5% des chômeurs n’ont jamais travaillé : parmi ceux qui ont déjà travaillé 53% le sont faisant suite à une fin de CDD (voire à une fin de période d’essai 3,5%), alors que 10,7 le sont suite à un licenciement, 9,5 suite à une rupture conventionnelle, 7,6 à une démission, 3,5 à une situation personnelle (maladie, préretraite), 2,4 à une cessation de l’activité de l’entreprise.
Le chômage de longue durée concerne 23% des chômeurs, dont 39% les 50 ans et plus, vs 24 les 25-49 ans.
Le peu d’expérience au travail est le handicap le plus lourd (64% des chômeurs), avec ceux au chômage de longue durée (notamment les plus de 50 ans) et ceux n’ayant jamais travaillé.
Le montant mensuel moyen brut d’indemnisation est de 750€ pour les moins de 25 ans, de 1085€ pour les 25-49 ans et de 1 225 pour les 50 ans et plus ; il peut varier de 265 à 2 145€.
Noter que parmi les personnes inscrites en décembre 2024 à France Travail, 67% avaient un droit ouvert à une allocation chômage ; 48% en ont perçue effectivement une.
Noter aussi que la moitié des personnes indemnisables par l’assurance chômage ont reçu des revenus au titre d’une activité exercée tout en restant inscrites à France Travail ; près de la moitié d’entre elles a perçu simultanément une fraction de l’allocation chômage : en moyenne, ces personnes ont perçu un revenu brut de 1 760€, dont 875€ au titre de leur allocation chômage et 885€ au titre de leur activité ; l’autre moitié n’a pas bénéficié d’allocation chômage, majoritairement en raison d’un revenu d’activité plus élevé que le seuil, percevant 2 260€ brut en moyenne. Les personnes indemnisées sans activité réduite ont reçu, en moyenne, 1 175€ brut d’allocation.
⇒ Les non-salariés
Selon les différents tableaux, ils sont 3,518 millions (13,5% des emplois) ou 3,911 millions (données comparables avec celles des Urssaf) ou 3,445 millions et encore selon la classification CSP 2,375 millions (8,1% des emplois) ; c’est dire la difficulté de saisir leur importance dans l’emploi du fait de sources différentes et de concept différent pour les quantifier.
Je propose d’avoir recours aux données Urssaf déjà publiées pour situer leur nombre par activités fines :
Bilan 2024 du revenu moyen des travailleurs indépendants (hors autoentrepreneurs). https://letowski.fr/bilan-2024-du-revenu-moyen-des-travailleurs-independants-hors-autoentrepreneurs/
L’Urssaf communique sur le nombre d’indépendants et sur leurs revenus. https://letowski.fr/lurssaf-communique-sur-le-nombre-dindependants-et-sur-leurs-revenus/
Le document propose par ailleurs une comparaison entre le nombre de salarié et de non-salarié par région : en tendance, les régions du sud sont celles qui font état du % le plus important (entre 14 et 16%), un % qui diminue pour les régions du centre et de l’ouest (11-12%) pour afficher les plus faibles au nord (9-11%) et encore plus faible en Ile-de-France (8%). Les taux de chômage ont un impact sur le nombre de non-salariés, bien que cela ne soit pas systématique.
Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8376908