52% des étudiants occupent au moins un emploi salarié sans lien avec leurs études.


"Travailler en parallèle de ses études : quels étudiants, dans quels emplois ?", Dares Focus N°21, mai 2026

Méthodologie : 2 114 800 étudiants inscrits dans un cursus sans parcours professionnel intégré ont exercé une activité professionnelle (75% des étudiants). Ont été ainsi exclus de la population étudiée, les étudiants exerçant une activité professionnelle dans le cadre de leur cursus (25% de l’ensemble des étudiants) et ceux inscrits en tant qu’étudiant à titre accessoire, en parallèle d’une activité professionnelle principale (3%).

 

46% des étudiants au travail sans lien avec leurs études y consacrent au moins 3 mois dans leur année universitaire. 25% sont à temps plein (au regard de leur contrat) et 28% en CDI. 

⇒ Les étudiants en emploi

♦ En 2024-2025, les étudiants inscrits en enseignement supérieur sont 3 012 800. 2 114 800 étudiants inscrits dans un cursus sans parcours professionnel intégré ont exercé une activité professionnelle (de l’ordre de 75%). Parmi ces 2,1 millions d’étudiants, 1 109 500 (52%) occupent au moins un emploi salarié sans lien avec leurs études.

 

♦ Quelques caractéristiques des 1,1 million :

 

– La part des étudiants en emploi salarié dans l’année est plus élevée pour les plus jeunes (53 à 60% pour ceux âgés de moins de 22 ans et diminue ensuite pour atteindre 41à 47% chez les 22 à 29 ans et 35% de ceux âgés de 30 ans et plus.

– Les femmes travaillent un peu plus fréquemment : 54% vs 50 les hommes ; cet écart en faveur des femmes est particulièrement marqué entre 19 et 22 ans avec des écarts allant de 5 à 8 points. à 21 ans.

 

– La part diffère également entre les disciplines de formation : elle est de 46% pour les étudiants en sciences (55% pour ceux en premier cycle), vs 62% pour ceux en lettres-sciences humaines et 78% pour les étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps). 

– La part diffère également suivant le niveau d’études. Elle est nettement inférieure en second cycle (41% en master ou équivalents) à celle observée en premier cycle (58% en licence, 62% en section de technicien supérieur, STS).

Cette différence peut s’expliquer notamment par le milieu familial : ainsi pour les classes préparatoires aux grandes écoles, le fait que les parents cadres sont surreprésentés (43% vs 24 sur l’ensemble des étudiants) conduit à une activité professionnelle restreinte, alors qu’à l’inverse, en STS, on compte seulement 6% d’enfants de ménages à dominante cadre ; les étudiants dont les parents sont à dominante employée ont une activité professionnelle, alors qu’ils sont largement inscrits dans les disciplines STS ou Staps.

⇒ Les emplois occupés 

Ces données concernent les étudiants en activité professionnelle, sans lien avec leurs études. Ils peuvent avoir signé plusieurs contrats de nature différente (durée,  modalité d’emploi, activité exercée, activité de l’employeur) au fil de l’année.

 

♦ 66% signent au moins un CDD durant l’année universitaire (un peu plus les femmes 69% vs 62 les hommes), 24% un contrat en intérim (29% les hommes vs 21 les femmes), et 28% un CDI à un moment de l’année universitaire (29 les femmes et 27 les hommes). 

Les étudiants plus âgés signent plus souvent un CDI : 39% les 23 ans ou plus, 28-32% les 20-22 ans et 21-25% les19 ans et moins. 25% des CDI signés le sont à temps plein.

 

31% travaillent au moins 6 mois (183 jours ou plus), dont 12% toute l’année, 28% de 2 à 6 mois, 21% de 1 à 2 mois, et 21% au plus un mois.

 

♦ 46% de ces 1,1 million d’étudiants n’ont qu’un contrat dans l’année, 29% 2 ou 3 contrats et 24% 4 contrats et plus (dont 8% au moins 8 contrats). Les contrats sont de très courte durée : 55% entre 1 et 7 jours, notamment ceux en intérim (82%) ; en revanche, ceux en CDI sont nettement plus longs : 20% durent toute l’année, 29 de 6 mois à un an, 20 de 3 à 6 mois, et 31 moins de 3  mois.

 

♦ Le secteur tertiaire est leur principal employeur.

 30% ont au moins un contrat dans le commerce (le plus souvent dans des professions de vendeurs, caissiers ou manutentionnaires en magasin), 29% dans le secteur non marchand (administration publique, enseignement et santé, notamment en tant qu’agents administratifs de la fonction publique, enseignants temporaires, surveillants et aides-éducateurs), 26% dans les HCR (aides de cuisine, serveurs, etc.) et 17% dans les services aux entreprises (principalement dans les professions d’agents d’accueil et d’entretien).

Les CDI de ces étudiants sont principalement signés dans le secteur des HCR (37%), et celui du commerce (32). Les CDD sont prépondérants dans le secteur tertiaire non marchand (25%), les services aux entreprises (23%), dans les HCR (22%) et le commerce (14%). Parmi les contrats d’intérim, 22% sont dans le commerce, le transport/entreposage (16%),et les HCR (13%).

 

La majeure partie de ces étudiants travaille exclusivement dans le secteur privé (79%). Seule une minorité travaille exclusivement dans le secteur public (12%) ou à la fois dans les secteurs public et privé au cours de l’année universitaire (9%). Les femmes sont davantage présentes dans le secteur non marchand (62%, contre 58 dans le secteur privé).

 

♦ 59% ont au moins un job d’été, dont pour la moitié, c’est leur seule période de travail de l’année.

Les plus jeunes travaillent plus souvent exclusivement l’été : 40% les 18 ans ou moins, 30-34% les 19 ou 20 ans, 21-25% les 21-22 ans, 7-16% à partir de 23 ans. Noter que de 52 à 75% des 22 ans et plus n’affichent aucun job d’été.

Par ailleurs, les hommes travaillent un peu plus souvent que les femmes sur la seule période des vacances d’été (32% contre 27).

Ce sont ceux inscrits en CPGE qui travaillent le plus souvent durant des vacances d’été (69% vs 24-36% pour les autres formations). La plupart des autres formations n’ont pas de job d’été (entre 40 et 47% ne font pas appel à ce type de job).

 

Pour en savoir davantage : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/travailler-en-parallele-de-ses-etudes-quels-etudiants-dans-quels-emplois