Méthodologie : échantillon de 200 cabinets d’expertise comptable (84% au plus 9 collaborateurs) et 401 entreprises privées de moins de 200 collaborateurs assujetties à la TVA (68% seul et 27% de 1 à 9 collaborateurs ; 86% font déjà appel à un expert-comptable), interrogé par téléphone sur système CATI entre le 6 et le 19 août.
L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de taille de cabinet et de région (cible cabinets)/ de nombre de collaborateurs et secteur d’activité (cible entreprise). Les résultats ont été pondérés par ces mêmes critères.
Il s’agit donc à la fois de TPE dont les 2/3 sans salarié et de petits cabinets d’expertise comptable. Mais on ne sait le statut de ces entreprises (société, microentreprise ?). Par contre, L’intégralité de l’échantillon est constituée de TPE et PME soumises au calendrier suivant : 1er septembre 2026 (réception des factures électroniques) et 1er septembre 2027 (émission + E-reporting).
L’étude s’intéresse à la mise en place de la facturation électronique au sein des entreprises, et au sein des cabinets d’expertise-comptable et par ailleurs au rôle des experts-comptables en direction de leurs clients.
⇒ La mise en oeuvre de la réforme de la facturation électronique
– 95% ont connaissance de la réforme de la facturation électronique (dont très 64%) ; 90% des répondants qui ne connaissent pas la réforme dirigent une entreprise sans salarié.
– 61% des entreprises ont choisi leur plateforme agrée (PA) et 10% vont la signer ; 82% ont déjà engagé des actions concrètes. Il en est de même pour les cabinets d’expertise comptable avec 92 et 97%. Ces derniers estiment que 53% de leurs clients ont déjà engagé des actions concrètes.
– Pour 33% des entreprises et 38% des cabinets la mise en conformité est faite ; pour 44% des entreprises et 55% des cabinets, elle se fera avant la fin 2026.
⇒ Les critères de choix d’une PA ?
– Pour 89% des experts-comptables, c’est un choix mûrement réfléchi, après comparaison de plusieurs solutions vs 51 pour les entreprises ; pour 48% des entreprises, c’est un choix subi ou incertain (pour 33% principalement dicté par des contraintes externes).
– Les critères de choix reflètent 2 priorités différentes : la comptabilité avec les outils existants pour les experts-comptables (64% vs 34 les entreprises en moyenne mais 53-57% pour les plus de 10 salariés), alors que pour les entreprises 2 objectifs priment : la simplicité d’utilisation (50 vs 51) et le coût de la solution (49 vs 43) qu’ils partagent largement avec les experts-comptables.
3 critères sont moins importants : l’automatisation des tâches (32 vs 31), la garantie d’une conformité totale (29 mais 43 pour les 10 salariés et plus vs 32), la qualité de l’assistance et du support technique (22 mais 35 pour les 1-9 salariés vs 28).
⇒ Les principales préoccupations concernant l’obligation de facturation électronique.
2 craintes principales : le temps nécessaire à la mise en place (47%) et le coût ; la question technique suit (sécurité des données, comptabilité des outils existants, risque de non-conformité avec 27 à 36%) puis accompagnement (choix de la plateforme, formation entre 13 et 20%).
Noter que les entreprises sont moins inquiètes que les experts-comptables en ce qui concerne le temps nécessaire de mise en oeuvre et d’accompagnement disponible et plus inquiète du coût ; toutefois, fait rassurant, 85% n’envisagent pas de changements de logiciel.
⇒ Les apports
49% des entreprises perçoivent dans cette opération un risque, 29 une opportunité, et 22% à la fois un risque et une opportunité, alors que 56% des cabinets perçoivent une opportunité, 12% un risque et 32% à la fois une opportunité et un risque.
Les changements apportés sont d’abord de l’ordre de sa mise en place (25% vs 19 chez les experts-comptables), puis du gain de temps et d’efficacité nettement plus présent chez les experts-comptables (47 vs 19), comme l’amélioration des processus comptables et financiers (31 vs 15). Les cabinets d’expertise semblent davantage profiter de cette situation nouvelle.
⇒ L’accompagnement par les cabinets d’expertise comptable :
♦ Quels rôles sont attendus de l’expert-comptable dans cette transition ?
Vérifier la conformité aux obligations réglementaires (49), recommander une solution adaptée aux besoins (48), accompagner dans la mise en place des outils (48), informer sur la réglementation (38) et former les équipes (20).
♦ L’accompagnement pour préparer la mise en conformité à la facturation électronique de entreprises s’est surtout fait par leur expert-comptable (64%) ou par un éditeur de logiciel (22% mais 48 pour les plus de 10 salariés), 8% (19 les 10 salariés et plus) par une plateforme agrée ; peu par la banque de l’entreprise (11), une organisation professionnelle (6), un organisme public de type DGFiP (4), ou un cabinet de conseil spécialisé (4).
85% des entreprises sollicitent l’aide de leur expert-comptable concernant la facturation électronique, dont 56% très fréquemment ou régulièrement (78 les 10 salariés et plus).
Noter que les cabinets d’expertise-comptable ont été préparés par L’Ordre des experts-comptables (52), un éditeur de logiciel (50) ou une plateforme agréée (29).
♦ Par ailleurs, 82% ont recommandé des logiciels spécifiques à leurs clients pour les accompagner dans leur mise en conformité. 82% des entreprises (si l’on exclue les experts-comptables qui n’ont pas apporté ce type de conseil), aux dires de leurs experts-comptables, ont suivi ou pensent suivre la recommandation de leur expert-comptable.
Pour en savoir davantage : https://www.opinion-way.com/fr/publications/facture-electronique-la-france-est-elle-vraiment-prete-2026-24266/
Et l’étude conjoncture Bpifrance/Rexecode de septembre 2026
91% des TPE-PME se déclaraient prêtes. Parmi les 9% restantes, 21% pensaient l’être d’ici fin septembre 2026, tandis que 79% déclaraient avoir besoin d’un délai plus long (soit 7% de l’échantillon total). 1/4 des entreprises ont devancé l’obligation légale.
Noter que pour 30% l’information reçue a parue très claire et complète et pour 46% suffisante, mais avec des zones d’ombre.
80% identifient des freins majeurs à la mise en place de la facturation électronique, en particulier le coût des solutions (42%) et la difficulté à choisir le bon prestataire (37%), alors que la liste de plateformes agréées est conséquente. Le manque de temps (27%), la complexité technique (23%) et les risques de cybersécurité (21%) complètent la liste des principaux obstacles rencontrés.
Pour y faire face, 76% des dirigeants ont eu ou auront besoin d’un accompagnement, principalement technique (46%) ou sous forme de formation (31%). Le besoin d’un soutien financier apparaît globalement plus secondaire (26%) mais est plus important chez les TPE (28% vs 18 pour les PME). Ce besoin est plus important chez ceux n’étant pas en mesure de recevoir des factures électroniques (46%).
52% perçoivent des avantages liés à la facturation électronique, principalement un gain de temps administratif (33%) et une meilleure traçabilité des factures (25%). A contrario, 48% n’anticipent aucun bénéfice. 38% considèrent cette transition comme une contrainte vs 21 une opportunité (33% pour celles ayant adopté la facturation électronique).
Pour en savoir davantage : https://www.rexecode.fr/conjoncture-previsions/enquetes-de-conjoncture/enquete-tresorerie-investissement-et-croissance-des-pme