67% des créations d’entreprise, hors microentreprises, en Ile-de-France sont pérennes à 5 ans vs 69% en France.


"Une forte amélioration de la pérennité à cinq ans des entreprises, malgré la crise de la Covid-19", Insee Analyses Ile-de-France N°219 et Crocis, avril 2026

Source : Sine, dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les 4 ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre d’une année donnée (hors micro-entrepreneurs), qui ont vécu plus d’un mois dans l’ensemble des activités économiques marchandes non agricoles. Les unités créées au premier semestre 2018 ont été interrogées 6 mois plus tard, puis de nouveau enquêtées fin 2021 et une dernière fois fin 2023. Cette étude présente des résultats issus de la troisième interrogation, en novembre 2023.

 

Un taux de pérennité à 5 ans qui s’améliore entre les générations 2014 et 2018 et une progression en 5 ans des emplois du fait des sociétés créées.

⇒ Une comparaison Ile-de-France et France

La pérennité en Île-de-France est légèrement inférieure à celle observée pour les entreprises françaises (67% contre 69%), plus précisement une situation moins favorable pour les sociétés (67,5% à 5 ans en ile-de-France et 70,6 en France), mais un peu plus favorable pour les entreprises individuelles non microentrepreneurs (64,7% vs 63,3).

 

La pérénnité des sociétés est toujours légérement supérieure pour la France, quelle que soit l’ancienneté de la création ; elle devrait l’être un peu plus encore puisque le calcul du taux France inclut l’Ile de France.

Rappelons aussi que la création hors microentreprise en Ile de France se fait nettement plus sous la forme de société (77% vs 55 en France)

⇒ Une comparaison des taux de pérennité par activité selon la forme juridique choisie.

♦ Observons tout d’abord la progression des taux de pérennité 2018 vs 2014 : elle est fort favorable pour les entreprises individuelles (de 51,3 à 64,7%, écart de 13,4 points), alors qu’elle est plus proche pour les créations en société (61,3 à 67,5%, écart de 6,2 points)

 

Constatons le fort décalage en 2018 entre les pérennités à 5 ans des créations en société vs ceux en entreprise individuelle dans les activités informatique, enseignement et industrie et construction, d’autant que ces taux en 2018 sont moins favorables qu’en 2014, alors que c’est l’inverse pour les autres activités ; il ne m’est pas possible de donner d’explications à ces écarts.

 

Cette donnée a-t-elle un sens à être analysée puisque ces entreprises individuelles ne sont que 10% des créations 2018 et que par ailleurs les raisons de ce choix différent fortement selon les activités : il est quasiment imposé pour nombre d’activités interdites sous forme de microentreprise (pour partie les activités financiéres, immobiléres, juridiques et de santé) ; mais qu’en est-il de ce choix pour d’autres activités ? 

Enfin le statut de la microentreprise a nettement évolué entre 2014 et 2018 (avec le rehaussement des plafonds de chiffre d’affaires) et le glissement au fil du temps de l’entreprise individuelle des années antérieures à 2019 à la microentreprise.

Pour toutes ces raisons, je ne commenterais que les données sur les sociétés quand cela sera possible.

 

Rien d’étonnant que les sociétés des activités financiéres et de santé connaissent les taux les plus élevés (81et 79%) puisque ce sont des activités reglementées, à l’accés pour partie peu facile et exigeant des connaissances importantes ; il en est pour partie de même pour les services aux entreprises (74), l’informatique (70) ; les HCR connaissent aussi des taux élevés du fait d’investissements souvent lourds exigeant une préparation plus attentive du projet.

Le fait créer en société conduit à une préparation plus longue que celui de créer sous forme de microentreprise, dont une grande partie sont des autoentrepreneurs ponctuels (taux de 67% vs 33 pour les microentreprises ayant démarré leur activité). 

⇒ L’impact des aides aux entreprises pendant le covid.

Ces mesures ont permis de limiter les défaillances et de maintenir en activité des entreprises qui auraient probablement cessé leur activité en période « normale ». Fin 2021, parmi les entreprises employeuses franciliennes encore actives dont l’activité a baissé pendant la crise, celles ayant bénéficié de l’allocation d’activité partielle (ou chômage partiel) affichent un taux de pérennité plus élevé que celles n’ayant bénéficié d’aucune aide (92 contre 87%).

⇒ L’emploi salarié a nettement progressé en 5 ans.

1/3 des entreprises ont disparu, entraînant la suppression de 22 700 emplois (12 600 postes de dirigeants non-salariés et 10 100 emplois salariés), soit près d’1/3 des emplois initialement créés.

Malgré ces disparitions, l’emploi total progresse de 10,8% entre 2018 et 2023, passant de 72 200 à 80 000 emplois (soit +7 800 emplois). Cette hausse s’explique principalement par la vitalité des entreprises pérennes au terme des 5 ans, dont l’emploi a bondi de 62%, passant de 49 500 à 80 000. Néanmoins, seul 30% concentrent cette hausse, alors que 63% ont connu la stabilité et 9% une baisse.

Les sociétés sont à l’origine de la quasi-totalité des créations nettes d’emploi, générant une hausse de 9 200 emplois tandis que les entreprises individuelles en ont perdu 1 400.
Près de 60% de cette hausse relève des secteurs de l’informatique, des activités financières et d’assurance, des activités immobilières, des services aux entreprises avec un nombre d’emplois salariés qui a plus que doublé, tout comme les activités de services aux ménages, et la santé/éducation (+52%). La progression de l’emploi salarié est moins élevée dans l’industrie et la construction (+31%), le commerce, les transports, les HCR (+34%).

⇒ Les créateurs et leur sensibilité à l’environnement.

65% sont sensibles à leur impact environnemental de leur activité, mais 5 points de moins qu’au niveau national. 1/3 en font une préoccupation forte, 36% s’en préoccupent « dans la mesure de leurs moyens, 21% estiment que leur secteur d’activité les dispense de s’impliquer. 14% avouent ne pas s’en soucier.

 

En Île-de-France, la moitié des entreprises trient leurs déchets, contre les 2/3 en France ; cet écart s’explique par une part sensiblement plus forte d’entreprises qui ne produisent aucun déchet (43% contre 30 au niveau national). Parmi celles qui produisent des déchets, 91% les trient, un taux proche de la moyenne nationale (94%).

La pratique du tri des déchets varie selon les secteurs d’activité :  il s’effectue dans 1/4 des entreprises du secteur des transports (contre 1/3 en France) ; dans les HCR, pour lequel 44% des créateurs déclarent que le tri est imposé par la réglementation de leur activité, les créateurs sont 90% à faire le tri, comme au niveau national.

 

Quatre entreprises sur dix sont engagées dans une gestion économe et durable des matières premières, de l’eau et des fournitures, soit 5 points de moins qu’au niveau national. Elles sont néanmoins six sur dix dans l’industrie ainsi que dans les HCR.
De plus, quatre entreprises sur dix ont mis en place des actions visant à limiter la consommation énergétique de leurs locaux. Parmi elles, 10% ont privilégié l’isolation, 23% ont optimisé leur mode de chauffage et 26% ont repensé leur éclairage.
Compte tenu du fort développement du réseau de transports collectifs en Île-de-France, les créateurs utilisent plus souvent que leurs homologues en France le vélo, la marche ou les transports en commun.

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/information/8984884