81% des intercommunalités refusent aujourd’hui des projets économiques faute de foncier.


"BAROMÈTRE DU FONCIER ÉCONOMIQUE 2026", France Foncier, mai 2026

Méthodologie : cette enquête, menée par Intercommunalités de France en partenariat avec la Banque des Territoires et le Cerema, analyse l’évolution de la disponibilité du foncier économique et des stratégies foncières des territoires, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du ZAN et une conjoncture économique défavorable aux entreprises comme aux collectivités. Par ailleurs, Business France a contribué à la relecture finale de l’analyse et y a apporté sa contribution (datacenters).

L’enquête a été produite sous la forme d’un questionnaire en ligne, diffusé auprès d’intercommunalités au cours du deuxième trimestre 2025. Elle a recueilli 215 réponses exploitables, représentant environ 17% de l’ensemble des intercommunalités françaises et reflétant la structure du bloc local, avec une forte représentation des territoires ruraux et périurbains. Communautés de communes : 136 répondants ; communautés d’agglomération : 69 répondants ; métropoles : 9 répondants ; établissement Public Territorial (EPT) : 1 répondant.

 

Les besoins deviennent plus diversifiés, tandis que l’effondrement de la demande en immobilier de bureaux et de commerces se confirme.

 

♦ La dynamique d’implantation économique demeure globalement positive ou stable à l’échelle locale : plus de 60% des intercommunalités déclarent que le nombre de projets d’implantations et d’extensions économiques (exogènes et endogènes) est stable ou en croissance sur leur territoire. À l’inverse, 30% constatent un ralentissement ou une baisse des projets, dont 8% un ralentissement marqué), en particulier dans certaines métropoles et dans des régions telles que l’Auvergne-Rhône-Alpes ou la Nouvelle-Aquitaine.

 

♦ Mais 81% des intercommunalités refusent aujourd’hui des projets économiques faute de foncier. En 2022, cette part était de 67%.

Par ailleurs, les espaces urbains et périurbains restent soumis à une concurrence accrue entre destinations foncières, notamment avec le logement. Les délais inhérents à ces procédures sont souvent avancés par les collectivités pour expliquer qu’un prospect ne vient plus.

 

♦ Deux facteurs concentrent à eux seuls près de la moitié des difficultés rencontrées par les intercommunalités :
· L’inadéquation entre les sites disponibles et les besoins exprimés par les entreprises (27% des intercommunalités),
· L’allongement des délais d’implantation, liés aux procédures d’urbanisme et environnementales (26%).

 

Parallèlement, 61% des intercommunalités sont confrontées à des enjeux d’acceptabilité environnementale pour les projets industriels et logistiques. Très souvent, une part de foncier économique n’est pas immédiatement mobilisable (prêt à l’emploi, aménagé, viabilisé, sécurisé juridiquement et opérationnellement, dans la logique des sites industriels « clés en main »). Cette exigence suppose des capacités d’aménagement, d’ingénierie et d’investissement de la part des collectivités, bien au-delà des zonages du plan local d’urbanisme intercommunal (PLU(i)) et de la seule ouverture de droits à construire ou à artificialiser.

 

♦  Les besoins deviennent plus diversifiés, tandis que l’effondrement de la demande en immobilier de bureaux et de commerces se confirme :
– Maintien des besoins déclarés en industrie (38% en 2022 contre 36 en 2025) et artisanat (31 en 2022 contre 30% en 2025),
– Hausse en logistique (7% en 2022 contre 14% en 2025),
– Baisse marquée des besoins en commerce (17% en 2022 contre 7% en 2025),
– Extinction de la demande de bureaux (11% en 2022 contre 0% en 2025),
– Émergence de nouveaux besoins liés aux datacenters (5 % en 2025).

 

Une chance : près de 47% des intercommunalités perçoivent désormais la trajectoire ZAN (zéro artificialisation nette) comme un levier pour faire évoluer les pratiques d’aménagement et renforcer la planification territoriale. Elle s’accompagne toutefois de difficultés opérationnelles persistantes.  La réussite d’un changement de modèle est tributaire d’un renforcement des capacités d’ingénierie, de portage foncier et d’investissement des collectivités, condition indispensable pour rendre compatibles sobriété foncière et développement économique. 

 

Pour en savoir davantage : https://www.banquedesterritoires.fr/barometre-du-foncier-economique-2026