Définition de la défaillance : elle correspond à l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe auprès d’un Tribunal de Commerce ou d’un tribunal des affaires économiques ou d’un Tribunal Judiciaire (Ex Tribunal de Grande Instance ou Tribunal d’Instance). Cela ne recouvre donc ni les procédures amiables (mandat ad hoc ou conciliation) ni les suites d’ouverture (arrêt de plan ou conversion en liquidation) ni les reprises de liquidation judiciaire (après clôture pour insuffisance d’actif). Chaque année, en moyenne, les 2/3 des redressements Judiciaires ouverts sont convertis en liquidations Judiciaires.
L’exhaustivité des ouvertures de procédure (et leurs suites) est enregistrée.
Il me parait importun d’attendre les résultats des prochains trimestres pour caler une analyse plus fiable.Â
Une nette hausse des redressements et une hausse significative des entreprises de moins de 3 salariés et de moins de 3 ans d’ancienneté et celle des 20-49 salariés.
♦ Au 1er trimestre 2026, on dénombre 18 986 défaillances, en hausse de 6,4% au regard du 1er trimestre 2025 et de 11% au regard du 1er trimestre 2024.
Il y a baisse au 1er trimestre 2026 au regard du nombre de défaillances du 4éme trimestre 2025 (19 024, peut-on en conclure une amélioration pour l’avenir ?), mais une hausse au regard des 3 autres trimestres 2025 : respectivement au 1er trimestre (17 845) au 2éme trimestre (16 586), au 3éme trimestre (14 371), soit une hausse globale de 12%.
Les défaillances en liquidation chiffrent +12,2% entre le 1er trimestre 2026 et les 4 trimestres 2025 et celles en redressements 12,1%, alors que la hausse entre les 1ers trimestres 2026 et 2025 chiffre +3,6% pour les défaillances et 13,6 pour les redressements.
♦ Les défaillances selon la taille des entreprises entre les 1ers trimestres 2026 et 2025.
Un fait nouveau, la hausse des défaillances des moins de 3 salariés : +11,2% au global vs en moyenne +3,6 (et entre les années 2025 et 2024 +3,1%) ; cette hausse l’est tout autant dans les liquidations (+7,3) que dans les redressements (+13,6).
A tempérer, dans la mesure ou cette catégorie regroupe aussi les entreprises dont on ne connait pas le nombre de salariés, un nombre sans doute faible mais inconnu dans les données disponibles.
Autre hausse d’importance, celle des entreprises situées dans la tranche des 20-49 salariés avec une hausse de 13,2% (liquidation +0,5 et redressement +16,4%).
A noter les baisses d’importance pour les entreprises localisées dans les tranches de 3 à 5 salariés et de 10 à 19 salariés, alors qu’entre 2024 et 2025, les évolutions étaient proches de la moyenne.
♦ Les défaillances selon l’ancienneté des entreprises entre les 1ers trimestres 2026 et 2025.
Seules les moins de 3 ans d’ancienneté (10% des défaillances) affiche les évolutions les moins favorables : au global +14% dont + 27% en redressement (vs en moyenne + 13,6) et +11,7% en liquidation (vs en moyenne +3,6). Ajoutons celles situées dans la tranche des plus de 16 ans (20,5% des défaillances) en redressement (+17%). Dans ces 2 tranches de taille l’évolution 2024-2025 était du même ordre, quoique plus modeste.
♦ Les défaillances selon les régions entre les 1ers trimestres 2026 et 2025.
3 régions font état d’une forte évolution : la Bourgogne Franche-Comté (+15,9%), la Nouvelle Aquitaine (+17,8) et Centre-val-de-Loire (+13,7) vs une moyenne de +6,4.
Par contre 4 régions s’inscrivent dans un recul du flux des défaillances : Corse (-24,8%), Normandie (-12,8), Pays de la Loire (-8,5) et Grand-Est (-7,9).Â
Je propose de comparer ces données avec 2025/2024 pour tenter de prendre recul : 2 régions en forte baisse avaient alors connu un forte hausse (Corse et pays de la Loire).
♦ Les défaillances selon les activités fines entre les 1ers trimestres 2026 et 2025.
70% des défaillances appartiennent aux secteurs d’activité services aux entreprises, commerce, HCR et construction.
En termes d’activités fines, 3 activités font plus de 10% du total des défaillances : le gros Å“uvre du BTP (12,2%), le commerce de détail (11,6) et les restaurants (11,2).
Les hausses de défaillances les plus importantes sont le fait d’activité de services où les investissements sont faibles  : on les trouve dans l’hébergement (+27,3), les services aux personnes (activité récréatives +18,8%, enseignement + 17,2, autres services aux particuliers +16,6) , les activités financières (+13,8), la santé/action sociale (+12), et les transports (transport de voyageur +49,3, autres activité de transport dont livraison à domicile +25,6). Pour nombre de ces activités l’évolution 2024/2025 était du même ordre.
Par contre, 3 activités ont une baisse notoire : les travaux publics (-20), le gros oeuvre (-9), le transport de marchandise (-5,4).
La plupart des autres activités ont des hausses situées entre 0 et +12%.