Éléments de profil des créateurs pérennes à 3 ans.


"Caractéristiques des créateurs pérennes à 3 ans " exploitation André Letowski à partir de données Sine 2014-2017

Source : données issues de l’Insee dans Sine 2014-2017, pour caractériser les créateurs pérennes au regard de leur situation de départ en 2014.

6 critères sont observés pour caractériser ces créateurs classiques, croisés avec 2 caractéristiques, le sexe du dirigeant et la nature juridique de l’entreprise : 4 critères en ce qui concerne le dirigeant à savoir la situation avant la création, l’âge, le niveau de diplôme, les montants investis et 2 en ce qui concerne l’entreprise à savoir l’activité et l’effectif salarié lors de la création.

 

Les écarts constatés entre femmes et hommes, et entre les créations en société et en entreprise individuelle font apparaitre des différences dues à la fois aux types d’activité exercée, mais plus encore au créateur lui-même (expériences antérieures, laissant percevoir ce qui peut être construit).

 

⇒ La situation avant la création

3 situations sont proches : le salariat (33,3% des créateurs pérennes, majoritairement au sein du secteur marchand avec 30%), la précarité au sens chômage (chômeurs de moins d’un an 15,7%, chômeur de plus d’un an 10,9%), les CDD/intérimaires/intermittents du spectacle avec 2,7%, et l’exercice de l’activité dirigeant d’entreprise (26,1% dont 16,3% comme indépendant et 9,8% comme dirigeant salarié); 3 autres situations encore : ceux sans activité professionnelle (5,5%), les étudiants (3,8%) et les retraités (1,9%).

 

♦ Le salariat : peu de différences selon que l’on vienne du privé ou du public; remarquer toutefois une proportion plus forte de salariés du public chez les créatrices et dans la création d’entreprise individuelle.

♦ La précarité : les chômeurs et ceux provenant de CDD ou de l’intérim sont plus nombreux, notamment les chômeurs de plus d’un an dans la création d’entreprise individuelle.

♦ Il en est de même dans les créations par les étudiants, les sans activité professionnelle (plus de femmes).

⇒ L’âge du dirigeant :

Il y a peu de différences pour les 30-50 ans; par contre, les moins de 30 ans sont plus souvent des entreprises individuelles et des femmes et les plus de 50 ans des hommes et des entreprises en société.

⇒ Les niveaux de diplôme du dirigeant :

Les femmes et les dirigeants de société sont plus souvent issus de l’enseignement supérieur (respectivement 51 et 41% vs 36 pour les hommes et 36 pour les chefs d’entreprise individuelle); par contre les hommes et les dirigeants de société ont plus souvent des diplômes d’écoles de commerce ou d’ingénieur.

Par ailleurs, les hommes ont plus souvent un diplôme « technique » (45% vs 36).

Les capitaux réunis au démarrage

Les chefs d’entreprise individuelle et les femmes ont réunis moins de capitaux (57% moins de 4 000€ vs 26 pour les dirigeants de société et 44% pour les femmes vs 35 pour les hommes).

Ceux qui réunissent le plus de capitaux initiaux sont bien sûr les dirigeants de société (43% ont réuni au moins 16 000€ vs 18 pour les entreprises individuelles.

Ceci étant les femmes sont 32% à avoir réuni au moins 16 000€ vs 35 pour les hommes.

⇒ Les activités crées en 2014 et toujours présentes en 2017

3 groupes d’activités comptent pour les 2/3 des créations pérennes, le commerce (21% mais 29 si l’on intègre les HCR), les services aux entreprises (19,7% mais il manque le groupe information/communication curieusement regroupé avec les activités immobilières et financières) et la construction (19,6%).

Les hommes sont plus présents dans la construction, l’informatique et les activités financières, alors que les femmes le sont davantage dans la santé/éducation et les services aux personnes; ces derniéres activités sont aussi les plus fréquentes dans le entreprises individuelles.

⇒ Les employeurs au démarrage de l’entreprise

Les sociétés sont bien plus souvent employeurs (35 vs 7,5% les entreprises individuelles); la différence entre femmes et hommes est plus modeste (21 vs 26%).

Au démarrage, 92,5% des entreprises individuelles (hors autoentrepreneurs) n’avaient pas de salarié. Ont au moins 3 salariés au démarrage, 12,4% des entreprises en société, 8,9% des créations par des hommes et 4,6% par des femmes.

⇒ Récapitulons

 

2 fortes différences entre les femmes et les hommes tiennent aux activités exercées et à des créations plus modestes.

Les femmes connaissent les différences les plus marquantes d’abord de par leur niveau de diplôme du supérieur (51% vs 36), alors que les hommes sont plus branchés technique (45% pour les hommes vs 36); une question aussi d’activité exercée.

♦ Les femmes sont nettement plus présentes dans les activités santé/éducation (19% vs 5) et dans les services aux personnes (11% vs 3), alors que les hommes le sont bien plus dans la construction, l’informatique et le financier.

♦ Il faut encore noter la situation antérieure à la création : les femmes étaient moins chefs d’entreprise avant de créer (20 vs 29% pour les hommes), et plus souvent sans activité professionnelle ou étudiante (15 vs 7% pour les hommes),

Un moindre apport lors de la création : 44% ont réuni au plus 4 000€ vs 35% pour les hommes (là encore, faire le lien avec les activités),

Elles sont aussi plus jeunes (23% ont moins de 30 ans vs 17 les hommes) et moins âgées (19% ont plus de 50 ans vs 24 pour les hommes).

Ces derniéres données sont aussi à relier à des créations plus modestes : moins de capitaux initiaux (44% moins de 4 000€ vs 35), plus jeunes, moins souvent ex-chefs d’entreprise, moins souvent employeurs notamment d’au moins 3 salariés (6,4% vs 8,9), plus souvent en entreprise individuelle (50% vs 32 pour les hommes).

 

En ce qui concerne les écarts entre les créations en société et celles en entreprises individuelles, les écarts les plus sensibles proviennent de l’ambition de développement et de la situation antérieure du nouveau dirigeant.

♦ Des créations bien plus modestes, du fait des capitaux réunis (18% ont réuni plus de 16 000€ va 43 pour ceux en société) et du choix de na pas être employeur (7,5% le sont vs 35),

♦ La précarité de la situation antérieure (chômage, inactivité professionnelle…51% vs 31), le fait de bénéficier rarement d’une expérience de chef d’entreprise (14% vs 33) et un plus fréquent jeune âge (25% avaient moins de 30 ans vs 15) conduisent à bien moins d’ambition de développement. Noter que le niveau de diplôme joue peu (36% sont issus de l’enseignement supérieur vs 41).