Au cours du dernier trimestre 2017, 13% des TPE ont embauché, 15% ont investi.


"Baromètre des TPE, vague 69", Fiducial, mars 2018

Méthodologie : échantillon de 1 002 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs), interrogé par téléphone du 25 janvier au 12 février 2018. L’échantillon est raisonné sur les critères suivants : le secteur d’activité de l’entreprise, la taille de l’entreprise,  la région d’implantation de l’entreprise.

 

Les dirigeants de TPE estiment la conjoncture favorable, d’autant que leur entreprise est de taille conséquente; ceci étant 46% demeurent inquiets face à 36% confiants ou enthousiastes.13 à 15% ont développé de l’emploi et des investissements.

 

58% des patrons de TPE ( jusque 20 salariés) sont optimistes, depuis le 2éme semestre 2017 en ce qui concerne l’activité de leur entreprise; il faut remonter à 2009 pour retrouver ce même taux.

 

Sur 2017, 56% disent avoir connu une croissance de leur chiffre d’affaires (dont 19% au moins 2%), mais 35% une récession (dont 13% plus de 2%). 40% escomptent une croissance en 2018, et 14% une récession; 45% ne se prononcent n’ayant aucune visibilité sur les perspectives.

 

Pour environ la moitié, les charges sociales et les impôts ont plutôt augmenté, alors que pour un peu moins de la moitié, la situation est inchangée; 5 à 11% estiment qu’elle s’est améliorée.

 

41% restent inquiets en ce qui concerne 2018 (56% les communes rurales), 31% confiants et 6% enthousiastes.

 

⇒ L’emploi

 

Les embauches réalisées entre octobre et décembre 2017 ont concerné 13% des TPE (en moyenne 1,6 embauche); 9% ont concerné des créations de poste et 4% des remplacements; 7% des entreprises ont licencié (en moyenne 1,4 poste); il y a eu création nette. 

Les employeurs sont 15% à avoir embauché (1,6 personne en moyenne), et 12% à avoir licencié (1,6 personne); 73% ont connu la stabilité.

Les non-employeurs le sont restés pour 93% d’entre eux; 7% d’employeurs sont devenus non employeurs.

Pour 40% les conditions de licenciement se sont améliorées en 2017 (sans changement pour 36%), mais 25% seulement parlent d’amélioration pour embaucher.

 

Pour 2018, la situation, escomptée est plus favorable : 19% des employeurs et 8% des non employeurs envisagent d’augmenter leurs effectifs salariés; parmi les employeurs, ce sont les moins de 35 ans (35%) et les 10-19 salariés (30%).10% des employeurs envisagent de licencier.

Ainsi 69% des employeurs envisagent la stabilité (73% au dernier trimestre 2017), tout comme 90% des non employeurs.

Noter que s’ils en avaient la possibilité de créer de nouveaux poste, 50% ne le souhaitent pas; ce sont plus souvent les 60 ans et plus (68%), le BTP (66%), les sans salarié (57%).

 

⇒ La situation financière

 

33% affirment, au moment de l’enquête, une trésorerie excédentaire (vs 27% en novembre 2017) ; ce sont les entreprises de l’agglomération parisienne (50%), les services aux entreprises (48%) et les 6-9 salariés (46%).

21% ont connu une situation négative, davantage le BTP (31%), le commerce (27%), et les plus petites entreprises 26%).

Par contre, 46% déclarent  connaître l’équilibre : les moins de 35 ans (62%), les services aux particuliers (56%) et les entreprises en milieu rural (51%).

 

21% estiment que leur situation financière s’est améliorée au cours de 2017, notamment les moins de 35 ans (43%) et les 10-19 salariés (36%). Pour 57%, celle-ci n’a pas changé, notamment pour les services aux particuliers (63%) et les sans salarié (60%). Mais pour 22% elle s’est détériorée, notamment pour les plus petits chiffres d’affaires (22%).

 

Pour 2018, 28% prévoient une amélioration, notamment les moins de 35 ans (41%), l’agglomération parisienne (38%), les services aux entreprises (34%).

Elle pourrait se détériorer pour 12%, notamment les services aux particuliers (19%);

Pour 57% elle devrait ne pas changer, notamment pour les sans salarié (19%).

 

⇒ les investissements

 

Au cours des 3 derniers mois, 15% ont procédé à des investissements ; ce sont surtout les 10-19 salariés (51%), puis les 6-9 salariés (36%), l’industrie (28%) et le BTP (25%); ont peu investi les sans salarié (10%) et le commerce (9%).

 

Ceux qui ont investi affichent en moyenne un investissement de 47 400€, mais 53% de moins de 20 000€ (dont 24% entre 5 et 10 000€); 23% ont investi entre 20 et 50 000€, 20% au-delà.

 

49% de ceux qui ont investi ont sollicité un emprunt bancaire (en nette hausse au regard de novembre 2017, 34%); 15% ont sollicité le crédit-bail et 12% un emprunt personnel; seuls 35% l’ont fait par autofinancement.

 

Pour 2018, 54% n’envisagent pas d’investissement. En ce qui concerne les 46% souhaitant investir, leur budget disponible est inférieur à 5 000€ pour 46% d’entre eux, 24% entre 5 et 10 000€, 9% entre 10 et 20 000€, 13% au-delà. 

Les investissements envisagés concernent d’abord l’informatique (35%), les agencements (25%), les machines outils (24%), les véhicules (16%).

 

⇒ Les territoires

 

60% ont le sentiment que la commune dans laquelle se trouve leur entreprise bénéficie de l’action et de la présence des pouvoirs publics (ex : Etat, collectivités locales…) , une approche plus intense dans l’agglomération parisienne (70%) que dans les communes rurales (44%). D’ailleurs 57% des dirigeants estiment que la gouvernement s’occupe moins des territoires ruraux que des villes.

Autrement formulé, 56% expriment le fait que les espaces délaissés sont la « France des campagnes » (55% total des citations), devant la France des banlieues (36%) et celle des petites villes et des villes moyennes (44%), celle encore des demandeurs d’emploi (29%), et peu la France péri-urbaine (20%). Les Pouvoirs Publics en feraient trop pour Paris et sa métropole (47%).

 

61% estiment que leur entreprise a plus de chance de se développer dans une ville moyenne (31%) ou dans une métropole (30%, 60% pour ceux installés dans l’agglomération parisienne).

La métropole offre de meilleures conditions pour être compétitif (40%), pour les débouchés commerciaux (50%), et la facilité d’embauche (51%).

Par contre, les communes rurales offrent une meilleure qualité de vie, et un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle pour le dirigeant de l’entreprise. 

Par contre, il n’y aurait pas de différences entre métropole et communes rurales en ce qui concerne la qualité de la main d’oeuvre (51%) et la possibilité de percevoir des subventions (48%).

 

La moitié estime qu’au cours des 10 dernières années, le territoire où se situe leur entreprise, a connu des améliorations en ce qui concerne l’accès au réseau internet (ex : fibre optique, haut débit) et l’accès au réseau de téléphonie mobile (ex : 3G, 4G).

Par contre se sont plutôt détériorés la présence de commerce de proximité (52%), l’accès aux administrations publiques (46%, 56% jugent nécessaire de garder des services publics à proximité des usagers sur l’ensemble du territoire, quitte à augmenter les impôts), et l’accès à l’emploi (41%).

 

La confiance des dirigeants en direction des responsables publics va d’abord aux maires (68% dont très 19), et à quasi égalité au président du Conseil Régional, à celui du Conseil Départemental, au Président de l’intercommunalité, au Président de la République, au député (entre 47 et 55% et très entre 2 et 8%); leur sénateur et leur député européen recueillent moins d’adhésion (38 et 34%)… une question de proximité et de visibilité dans les médias.

 

L’opinion des dirigeants de TPE apparaît malheureusement souvent stéréotypée, et nécessiterait une étude approfondie pour mieux les connaitre.