Méthodologie : l’étude s’intéresse à la cohorte d’entrepreneurs accompagnés et financés en 2019. Elle a été menée auprès de 7 153 porteurs de projets (897 ont répondu) avec l’appui du Credoc sur 2 typologies d’entrepreneurs :
– Ceux dont les projets étaient portés par des entrepreneurs en situation de fragilité en 2019 : 82% de l’échantillon (90% des garanties allouées, 17% des investissements) ; 672 ont répondu (11% de cette population),
– Ceux dont les projets étaient les plus engagés en 2019 (9% des garanties allouées, 61% des
investissements) ; 225 ont répondu (21% de cette population)
Un redressement a été opéré par région, âge et sexe des porteurs et statut juridique.
L’enquête a été complétée par une approche qualitative, menée sous forme d’entretien individuel a posteriori sur un groupe témoin (ex-post).
Hors l’accompagnement au montage de projet habituel pour ce type de structure, l’appui a permis une introduction auprès du réseau bancaire.
⇒ Les résultats globaux
– 1€ engagé par France Active permet en moyenne à l’entrepreneur de mobiliser 2,8€ pour son projet auprès d’autres partenaires.
-78% des dirigeants interrogés ont obtenu un crédit bancaire sans avoir recours à une caution personnelle, contre 65% en 2021.
– En 5 ans, le nombre d’emplois moyen de chaque projet a plus que doublé par rapport au nombre d’emplois existants au moment du financement du projet. Pour 10 000€ engagés par France Active, les entreprises accompagnées réussissent à créer 1,2 emploi. 50% des salariés sont en CDI ou CDD de plus de 6 mois et 28% bénéficient d’un contrat insertion. À noter enfin, que le taux d’emploi féminin est de 54%. Autrement dit, le coût pour la puissance publique est de 1 500€ par emploi créé.
– 67% des créateurs/repreneurs considèrent France Active comme un acteur favorisant la montée en compétences, en particulier sur les dimensions économiques et financières.
– 59% ont pu se connecter à d’autres entrepreneurs ainsi qu’à des réseaux d’accompagnement utiles à leur réussite.
⇒ Profil des bénéficiaires
♦ 96% étaient chômeurs (dont 34% chômeurs longue durée) et 4% salariés précaires (dont la moitié en CDD)
60% avaient moins de 40 ans dont 19% moins de 30 ans, et 12% 50 ans ou plus avec une
moyenne d’âge de 37 ans
54% ont un niveau bac ou infra
83% n’avaient aucune expérience entrepreneuriale
36% étaient dans le commerce et les HCR, 11% dans les services aux particuliers et 8% dans la construction,
Pour 78% le plan de financement était inférieur à 100 000€ et pour 4% plus de 200 000€ ; 75% ont souhaité obtenir la garantie, 7% un financement pour investir et 18% les 2 formes.
♦ Les motivations :
42% expliquent leur choix pour leur goût d’entreprendre et par le désir d’affronter de nouveaux défis,
30% pour exercer une activité conforme avec leurs propres valeurs,
32% par leur volonté d’être indépendant.
Et seulement 4% la perspective d’augmenter leurs revenus
♦ Les réussites se concentrent sur 4 dimensions :
69% voient comme une réussite le fait d’exercer une active conforme à leurs propres valeurs,
61% considèrent le fait d’avoir créé ou repris une entreprise comme un accomplissement
personnel,
45% considèrent qu’ils ont surmonté des moments difficiles, telle que la crise du Covid,
40% voient comme positif le fait de passer de l’idée à l’action, malgré les obstacles rencontrés.
⇒ 6 profils
3 types d’entrepreneurs dans le 1er groupe (situation de fragilité) :
♦ LES PRAGMATIQUES (54%) : entrepreneurs motivés par une opportunité qui s’est présentée
à eux, ils ont franchi l’étape bancaire, mais leur projet nécessite une garantie pour sécuriser le
financement.
– 35% ont un niveau BEP/CAP ou inférieur, 37% un niveau BAC, et 28% un niveau supérieur au BAC, mais dans les 5 ans 53% ont suivi au moins une formation.
Mais 83% n’avaient aucune expérience entrepreneuriale, et 37% aucune expérience dans le métier ou le secteur d’activité.
– En termes d’emploi ce sont 9 478 emplois supplémentaires créés en 5 ans (de 7739 en 2019 à 17217 en 2014) ou un coefficient multiplicateur de 2,2. 58% des emplois sont en CDI ou CDD de plus de 6 mois, 9% en CDD de moins de 6mois et 8% en professionnalisation/apprentissage et par ailleurs 20% d’indépendants
– 75% avaient besoin de financement pour le BFR et l’investissement Très souvent orientés par des partenaires, Ils valorisent le soutien et la confiance des conseillers dans leur projet pour 36%, ainsi que le gain de crédibilité permis par cette intervention pour 40%. L’aide se concentre sur la structuration du plan de financement dans (61%) et celui du projet (42%) ; un contact avec la banque a été établi pour mieux renégocier les conditions pour 30% et 27% ont bénéficié d’une mise en lien avec d’autres réseaux d’accompagnement ou des pairs (27%).
– 38 % des entrepreneurs citent l’acquisition de nouvelles compétences, dont en conception et gestion de projet (50%), en communication (45%), ainsi qu’en matière juridique et administrative (39%)
Le taux de pérennité est de 81% (vs 69% en moyenne pour l’ensemble des créations). Sans France Active, 60% n’auraient pas mis en place leur projet ou l’auraient fait en rencontrant de grandes difficultés.
– Ceux qui ont cessé : 54% sont désormais salariés, 14% indépendants et 15% sans emploi (3% du total des créateurs /repreneurs financés).
♦ LES REFUSÉS du circuit bancaire (23%) : ce sont les plus expérimentés, légèrement moins qualifiés (45% ont un niveau BAC ou infra), souvent en reconversion, et portent des projets ambitieux (plan de financement moyen de 105k€). Ils ont pour point commun d’avoir essuyé un refus d’un ou plusieurs financeurs pour leur projet et donc avoir besoin d’un tiers de confiance pour débloquer leur accès au financement et d’un appui humain pour leur redonner confiance.
Parmi les apports de France Active, le gain en crédibilité est mis en avant par 52%. Le soutien humain et la confiance est souligné par 37%. L’aide se caractérise par l’appui au montage du plan de financement pour 60% d’entre eux, celui de réduire le risque perçu pour 36%, et d’établir une relation avec la banque pour 44%. 60% n’ont pas eu à mobiliser de caution personnelle.
Leur taux de pérennité est de 80%.
Sans France Active, 85% n’auraient pas mis en place leur projet ou l’auraient fait en rencontrant de grandes difficultés.
♦ LES HÉSITANTS (23%) : Ils n’ont pas osé solliciter de financement, considérant leur projet non-abouti (61%) et expriment un besoin d’accompagnement par manque de confiance notamment, portant par ailleurs un projet de taille modeste (62k€). Ce sont les personnes les plus précaires et les plus jeunes, qui ont le moins d’expérience professionnelle.
France Active leur apporte prioritairement un gain en crédibilité en rendant leur projet « recevable » (51%). de plus, le soutien des conseillers ont permis de lever l’auto-censure pour 35%. L’aide s’est concentré sur la structuration du plan de financement (72%) et sur la construction de leur projet (53%), ainsi que sur la mise en relation avec une banque (53%).71% ont été protégés d’une caution personnelle.
Ils apprécient également la mise en réseau avec leurs pairs et avec d’autres acteurs de l’accompagnement (35%) ; ce sont les entrepreneurs qui sont, in fine, les plus mis en réseau (65%).
Leur taux de pérennité à 5 ans s’établit à 69%.
Le second groupe : les engagés, un public bien différent en 3 profils
57% sont des associations, 20% des coopératives et 20% des sociétés commerciales.
13 169 emplois ont été créé en 5 ans : pour les créations/reprise, ces entreprises sont passées en moyenne de 3 emplois au démarrage à 10,8 (dont 67% en CDI et 11%en insertion) et pour les structures en développement de 11,2 au démarrage à 23 (dont 42% en CDI et 44% en insertion).
Si 58% ont un plan de financement de moins de 100 000€, 19% le situe entre 100et 200 000 et 23% plus de 200 000€.
L’analyse des données fait apparaître deux variables structurantes dans la différenciation des répondants : l’ancienneté de la structure, d’une part, et la stratégie poursuivie, d’autre part (logique de développement ou de consolidation). Le croisement de ces critères permet d’identifier trois profils :
♦ 1er profil : les associations (78% des structurés de ce profil) établies cherchant à consolider leurs activités (38%). Elles cherchent un appui expert pour analyser l’évolution de leur utilité sociale ; dans un contexte d’incertitude, elles travaillent à la consolidation de leur modèle économique.
Elles sont dans la fourchette haute avec un effectif moyen de 37 salariés.
Leurs activités se concentrent surtout dans les domaines de la culture et l’éducation populaire (43%), de l’emploi et la formation (24%), et des services de proximité (11%).
Elles font le choix d’investir pour renforcer leur utilité sociale (48%) et orientent leur action vers des besoins non couverts (36%), tout en améliorant leur offre de service (31%).
Le besoin de financement est de 153 000 €. Avant de solliciter France Active, 45% n’avaient pas présenté leur projet à un financeur. 85% sollicitent l’aide au montage du plan de financement et 45% l’appui au montage de leur projet.
39% valorisent l’appui reçu en direction des banques, un taux qui passe à 60% pour celles ayant essuyé un refus. Par ailleurs, 36% soulignent l’aide reçue pour affiner leur stratégie.
Un taux de pérennité à 5 ans de 98%.
Sans France Active, 80% n’auraient pas mis en place leur projet ou l’auraient fait en rencontrant de grandes difficultés.
♦ Jeunes structures cherchant à financer un fort développement (32%).
Ces jeunes structures de l’Économie sociale et solidaire expriment le besoin d’un accompagnement expert par un tiers de confiance pour renforcer la crédibilité de leur modèle d’utilité sociale. Elles recherchent un appui pour structurer et soutenir leur modèle de développement autour de solutions financières adaptées.
Le besoin de financement est de 218 000€.
Leurs projets se concentrent principalement sur les services de proximité (24%), la culture et l’éducation populaire (23%), les énergies renouvelables et l’action sanitaire et sociale.
50% sont des association et 23% des coopératives ; noter que les SA, hors champs de l’économie sociale et bénéficiant de l’agrément ESUS, représentent 5%.
80% comptaient moins de 10 salariés.
Leur ambition de développement s’articule autour de 3 axes principaux : répondre à des besoins non satisfaits sur leur territoire (39%), investir pour se renforcer (49%), et améliorer leur offre (25%).
Pour leur recherche de financement, elles sont 45% à avoir sollicité France Active comme seul interlocuteur en première intention, alors que 15% ont rencontré un ou plusieurs refus. 82% ont bénéficié de la mise en place du plan de financement, 46% de la structuration du projet et 34% de la recherche de financeurs ; France Active a agi comme médiateur bancaire pour 38%.
Un taux de pérennité de 97%. Sans France Active, 89% n’auraient pas mis en place leur projet ou l’auraient fait en rencontrant de grandes difficultés.
♦ Les engagés en création/reprise (31%) : malgré un haut niveau de qualification, ces porteurs de projet font face à des barrières d’accès au financement liées à la nature de leur projet. Ils ont besoin de crédibilité. Ils sont 79 % à déclarer avoir réussi le pari d’exercer une activité qui leur ressemble.
Leur besoin de financement chiffre 187 000 €.
Pour ces nouveaux entrants dans l’ESS, 46% optent pour le statut coopératif et 32% font le choix du modèle associatif. Les projets concernent principalement les questions de l’économie de proximité, de l’accès à l’emploi, de l’alimentation durable, de la culture et de l’éducation populaire.
1/3 d’entre eux n’avait aucune expérience dans le domaine ou le métier associé à leur projet.
Pour l’obtention de leur financement, 26% avaient rencontré un refus bancaire et 45% n’avaient pas osé présenter leur dossier à d’autres financeurs.
Pour 80% l’accompagnement agit comme un véritable tremplin financier qui leur permet de structurer leur plan de financement. Ils sont 51% à considérer que l’appui les a aidés à formaliser leur projet dans son ensemble et 43% à considérer qu’ils ont ainsi accédé à d’autres ressources financières. L’appui a été déterminant dans l’obtention de financements pour 70% des dirigeants s’ayant vu refuser un financement. Grâce à cet appui, la banque n’a pas demandé de caution personnelle dans 80% des cas.
Un taux de pérennité de 80%. Sans France Active, 83% n’auraient pas mis en place leur projet ou l’auraient fait en rencontrant de grandes difficultés.
Pour en savoir davantage : https://www.calameo.com/books/00112444562677186746b
Lire aussi le rapport d’engagement 2025-2026 https://www.franceactive.org/publicationFA/decouvrez-le-rapport-dengagement-2025-2026-de-france-active/