Source : l’enquête Emploi en continu de l’Insee, qui permet de mesurer la situation de la population active (personnes en emploi et au chômage) selon les critères définis par le BIT.
Le périmètre pris en compte correspond à la nouvelle géographie en vigueur au 1er janvier 2024 pour la France hexagonale. Les quartiers prioritaires de la politique de la ville sont par construction des zones en situation de pauvreté situées en milieu urbain : ils doivent appartenir à une unité urbaine (UU) de plus de 10 000 habitants, couvrir une population d’au moins 1 000 personnes avec un revenu médian en décrochage par rapport à leur environnement.
Les décrochages entre l’emploi en QPV et dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes sont nets en ce qui concerne le taux d’emploi et le chômage, la CSP des emplois, mais aussi en ce qui concerne les secteurs d’activité où l’emploi s’exerce.
⇒ La situation sur le marché du travail est moins favorable en QPV :
– Le taux d’emploi est de 49,8% contre 70% dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes ; les écarts de taux d’emploi entre les femmes et les hommes (10 points de pourcentage) traduisent une situation d’inactivité plus élevée des femmes en QPV. Noter les meilleurs taux pour les immigrés (40%), proche des Français non descendants d’immigrés (36,3), mais éloignés du taux des descendants d’immigrés, né en France (50,6).
– Le taux de chômage atteint 16,6% en QPV contre 7,5%. Sont particulièrement touchées par le chômage les jeunes de 15 à 29 ans avec un taux de chômage de 24% (vs 13,8%), les descendants d’immigrés nés en France (21,3% vs 10,9%), les personnes peu diplômées n’ayant pas atteint le niveau BEP-CAP (19,1% vs 11,9%).
– Près de 40% des habitants des QPV sont en situation d’inactivité, une proportion nettement supérieure à celle observée hors QPV (24,3%). Les femmes en QPV sont 1,7 fois plus concernées que dans les unités urbaines englobantes (45,8% contre 27%).
Rappelons que la situation d’inactivité recouvre deux types de situation qui varient selon le sexe et la tranche d’âge :
* d’une part, les personnes en études ou en formation. Chez les jeunes de 15 à 29 ans en QPV, 45,4% de la classe d’âge est en études initiales,
* d’autre part, les personnes en dehors du marché de l’emploi.
– Parmi les personnes inactives en QPV, 20,9% déclarent souhaiter travailler. 18,3% des habitants des QPV, en âge de travailler, sont en situation de recherche d’emploi, soit deux fois plus que dans les autres quartiers englobants.
Près d’une femme sur deux est en situation d’inactivité, contre un homme sur trois. L’inactivité féminine est 1,7 fois plus marquée que dans les unités urbaines englobantes (45,8% contre 27%).
– Le sous-emploi y est également plus répandu (8,5% contre 4%), touchant particulièrement les femmes, les 30-49 ans et les personnes les moins diplômées.
Chez les jeunes en QPV, 45,4% sont en études initiales, une proportion très proche de celle observée dans les autres quartiers (46,7%). Parmi ceux qui ne sont plus en études, la situation est en revanche moins favorable, avec un moindre accès à l’emploi et un chômage plus élevé.
La part des jeunes ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET) atteint 21,8% en QPV, soit près du double de celle observée dans les autres quartiers (11,2%), touchant particulièrement les moins diplômés.
⇒ La structure des emplois
– Les actifs occupés en QPV sont plus souvent ouvriers ou employés (65,1% contre 36,6% dans les quartiers des UU englobantes). Ils sont moins souvent non-salariés (7% vs 11,8) ; noter que l’importance des non-salariés est plus forte chez les hommes que chez les femmes (8,9 vs 4,9) et chez les 30-49 ans (10,3) vs chez les 50-64 ans (4,9) et chez les 15-29 ans (3,1%).
– La structure des emplois au sein des activités diffère (écarts en %, entre -57 à +48%), du moins en ce qui concerne les grands secteurs d’activité. Encore faudrait-il observer les activités de façon plus fine.
On y trouve des écarts importants avec davantage d’emplois en QPV, notamment dans le transport (48%, et les HCR (30%) ; par contre, ces écarts sont très défavorables dans l’informatique (-57%), et les autres services avec -47% (dont le rapport ne précise pas qui ils sont, sans doute les activités financières et immobilières).
Ces emplois en QPV sont davantage occupés par des hommes dans le transport (10,9% des emplois vs 2,5 pour les femmes) et à l’inverse au profit des femmes dans la santé/éducation (40,9% vs 15,8).
Les 15-29 ans sont plus présents dans le commerce que les autres âges (18,9% vs 10 en moyenne), voire dans les HCR (9,1% vs 6,6 ou 6,8).
– Les CDD (15,3% en QPV vs 8,5), l’intérim (5,6% vs 2) sont plus fréquents en QPV, tandis que la part de CDI est plus faible (73,9% contre 85, % hors QPV). Noter une part des apprentis plus élevée (5,2% vs 4,3).
En QPV, les 15-29 ans sont plus souvent en CDD que les autres âges (23,2% vs 15,3 et 8,3). Les 50-64 ans sont plus souvent en CDI que les autres âges (87,5% vs 77,9 et 51,8 pour les 15-29 ans).
⇒ La situation des jeunes en QPV
– La situation des jeunes de moins de 30 ans en QPV demeure moins favorable que celle des jeunes vivant dans les quartiers englobants. Les jeunes en études initiales représentent 45,4% de la classe d’âge, une situation très proche des quartiers des UU englobantes (46,7%). Les autres jeunes sont moins souvent en emploi (51,9% contre 73% hors QPV) et plus fréquemment au chômage (18,7% contre 11,8%).
21,8% des jeunes résidant en QPV sont ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET), soit 2 fois plus que dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes (11,2%).
– Le niveau de diplôme constitue un facteur déterminant. La part des NEET en QPV atteint 37,7% chez les jeunes non diplômés, contre 18,8% pour les bacheliers et 15% parmi les diplômés de l’enseignement supérieur.
Des écarts importants apparaissent également selon l’origine. En QPV, 28,1 % des jeunes immigrés sont en situation de NEET, contre 18,2% des descendants d’immigrés et 22,1% des jeunes ni immigrés ni descendants d’immigrés.
– En QPV, 68,7% des jeunes de 15 à 30 ans en emploi estiment que leur emploi est en adéquation avec leur diplôme et 78,6% avec leurs compétences. Ces proportions sont légèrement plus élevées que parmi les jeunes résidant dans les quartiers environnants. Parmi les jeunes résidant en QPV titulaires d’un diplôme de niveau CAP-BEP, 83% considèrent que leur niveau d’études est adapté à leur emploi (vs 78), mais seulement 59% pour ceux de niveau bac (vs 67), où 34,7% estiment que leur niveau d’études est supérieur aux besoins du poste occupé (vs 26,6).
– L’insertion professionnelle après un abandon d’études : 21,3% des jeunes âgés de 15 à 35 ans déclarent avoir abandonné au moins une fois leurs études au cours de leurs études initiales (vs 20,9) ; ces abandons ont conduit à un arrêt des études dans 54,1% des cas (vs 37,6). et à une réorientation dans 25,1% des cas (vs 44,6). Par ailleurs, pour 20,9% cet abandon s’inscrit dans un parcours de reprise d’études (vs 17,5). Dans les QPV, ces abandons surviennent au cours de l’enseignement secondaire dans 46% des cas (vs 23,9) et dans l’enseignement supérieur (65,8%vs 84,4). La principale raison évoquée pour ces abandons est l’inadéquation de la formation suivie avec les attentes ou les aspirations des jeunes (39% vs 55,1) ; viennent ensuite les raisons personnelles et familiales (23,2% vs 10,4) et les raisons financières (16% vs 13).
Les jeunes ayant abandonné au moins une fois leurs études (hors cas de réorientation) sont moins souvent présents sur le marché du travail et plus souvent inactifs. Dans les QPV, 44,5% d’entre eux sont en emploi et 18,1% au chômage, contre respectivement 54,8% et 12,2% pour l’ensemble des jeunes des QPV.
Pour en savoir davantage : https://anct.gouv.fr/ressources/publications/dossier-onpv-2026-emploi