Satisfactions et difficultés des travailleurs indépendants.


"La santé mentale des travailleurs indépendants", Ifop pour Welfaire, juin 2026

Méthodologie : échantillon de 800 personnes représentatif de l’ensemble des travailleurs
indépendants / non-salariés de France métropolitaine. ; les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 24 février au 9 mars 2026.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas sur les critères de sexe, d’âge, de profession de la personne interrogée et de secteur d’activité de l’entreprise.

Le profil des répondants : 62% sont des hommes ; les répondants sont âgés : 22% moins de 40 ans, 36% de 40 à 49 ans, 42% 50 ans et plus (dont 26 de 50 à 59 ans et 16% 60 ans et plus). 

15% reçoivent des indemnités chômage ou le RSA, 5 sont en retraite, 13 par ailleurs salarié, et 13% en quête d’un autre emploi en paralléle.

Le profil des entreprises : 43% sont en microentreprise, 20 en profession libérale, 18 en entreprise individuelle ou en société unipersonnelle et 15 en société autre. 54% des entreprises ont moins de 10 ans d’ancienneté (dont 29 moins de 5 ans et 25 de 5 à 10 ans) et 46% plus de 10 ans (dont 19 plus de 20 ans). 15% sont localisées dans l’agglomération Parisienne, 60% en communes urbaines de province et 27% en communes rurales.

 

Si l’autonomie est trés appréciée, le niveau de revenu l’est peu, comme l’exercice de dirigeant confronté à la disponibilité à leurs enfants.

⇒ La situation de l’entreprise et l’état de santé mentale de leurs dirigeants.

♦ 60% sont optimistes pour l’évolution de leur activité et 40% pour l’avenir en général.

29% envisagent une croissance de leur activité (plutôt modérée), ce sont à 35% des moins de 50 ans ; 47% la stabilité, 24% une dégradation (dont 9% forte) et dans ce cas ce sont plus souvent des 50 ans et plus (30%) et ceux en mauvaise santé mentale (48%).

 

♦ Leurs affirmations concernant l’environnement entrepreneurial en France : la fiscalité est trop élevée pour les indépendants (91% d’accord dont tout à fait 63), comme pour les entreprises (89 dont 57) ; le poids des démarches administratives constitue un frein direct au
développement des entreprises (89% dont 50). En conclusion, pour 66% (dont trés 21) la France est un pays défavorable au développement des entreprises. 

 

♦ Leur état de santé : 80% (dont trés bonne 16) disent être en bonne santé physique et 79% en bonne santé mentale (trés 18), notamment ceux qui sont satisfaits de leur équilibre vie pro/vie perso (85%).

 

Face à leur santé mentale, 44% (mais seulement 11% tout à fait d’accord) ont déjà envisagé de ralentir leur activité d’indépendant pour réduire leur stress et protéger leur santé mentale (notamment 52% ceux en fragilité mentale) et même 34% (mais seulement 9 tout à fait d’accord) renoncer à leur statut d’indépendant, vs 50% ceux qui sont en fragilité mentale.
30% ont  décalé ou renoncé à un psychiatre, un psychologue ou un thérapeute, faute de moyens (55% ceux en difficulté mentale), alors que 19% ont consulté (26 ceux en difficulté mentale)

⇒ Quelles satisfactions et difficultés ?

– Le niveau d’autonomie dans le travail est celui qui apporte le plus de satisfaction (94% dont très 59) ; ce propos est confirmé par le propos « vous permet d’organiser vos journées comme vous le souhaitez / vous permet d’adapter vos horaires de travail à vos contraintes personnelles » (90% dont 52 tout à fait d’accord).

 

– L’intérêt du travail et son contenu sont appréciés (88% dont très 44 et 37), mais les conditions de travail moins (80, mais très 27).

 

– Intervient l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle (79 satisfait mais très 30) ; ce propos est confirmé par l’affirmation « il est facile de concilier ces 2 aspects (65 mais très facile seulement 18). Ce propos est affiné dans l’observation « pas compatible avec le fait d’élever des enfants en bas âge » (36 et 11 tout à fait d’accord), ou avec « un projet de parentalité/maternité » (32 et 9 tout à fait d’accord).

 

– Les possibilités de formation et d’évolution professionnelle actuelle obtiennent une satisfaction mitigée (respectivement 69 et très 15, 66 et très14). Cela est confirmé dans l’affirmation « vous permet de faire évoluer votre activité professionnelle plus facilement que dans le salariat » (77 mais très 26) et « ne vous permet pas de vous projeter ou votre activité sur le long-terme » (57 vs très 16).

 

– Enfin la sécurité d’emploi du travailleur indépendant est modérée (57 satisfait dont très 16) ; cela est confirmé par l’affirmation « représente un risque supplémentaire par rapport au salariat en termes de sécurité de l’emploi, le niveau de rémunération » (85% d’accord dont 43 tout à fait d’accord).

 

Par rapport au salariat, le statut de travailleur indépendant les rend plus vulnérable, face aux aléas économiques et aux aléas du marché du travail, selon 62%, notamment ceux qui envisagent une baisse de leur activité au cours de l’année à venir (79), ceux qui évaluent leur état actuel de santé mentale comme mauvais (77) et ceux qui sont à la recherche d’un autre
emploi en parallèle (73). Si 29% se perçoivent tout autant vulnérables, 9% se sentent moins vulnérables, notamment ceux qui exercent leur activité comme profession libérale (14%) et  ceux qui envisagent une croissance de leur activité au cours de l’année à venir (21%).

 

– Enfin, le niveau de rémunération est l’item le plus défavorable (56% dont très 18).

 

– Par aiileurs, la protection sociale est plutôt jugée insuffisante en cas de maladie ou d’accident (66% dont très 24), notamment pour faire face aux périodes de baisse voire d’interruption de leur activité (71 difficile dont très 25).

 

– Ils s’expliquent : le sentiment de solitude professionnelle (défavorable 43% dont très 16) et encore « la charge administrative supplémentaire par rapport au salariat » (84 dont tout à fait d’accord 50) et donc le stress qui en découle (tout à fait d’accord 76 dont 34 très). La difficulté de faire face au stress est confirmée « faire face à la fatigue, au stress, à la charge mentale générés par le fait de devoir porter seul(e) votre activité » 58% trouvent cela difficile vs 31plutôt facile.

⇒ Quel avenir pour eux dans le travail indépendant ?

57% envisagent Jusqu’à la fin de leur carrière (voire au moins encore 10ans) de demeurer dans leur activité d’indépendant ; ce sont 70% de ceux qui habitent en commune rurale et  66% de ceux qui exercent leur activité en profession libérale. 23% disent y rester au maximum 5 ans encore (notamment ceux issus des classes populaires 54%, et ceux qui réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 10 000 euros, 40%) ; enfin, 20% ne savent pas se prononcer.

 

Pour en savoir davantage : https://www.ifop.com/article/la-sante-mentale-des-travailleurs-independants/