Un portrait des créations et des créateurs en 6 profils


"Six profils types de créateurs d'entreprises dans les Hauts-de-France", Insee Analyses Hauts-de-France, N°26, octobre 2016

Méthodologie : enquête Sine 2014  (Système d’information sur les nouvelles entreprises); une extension d’échantillon a été réalisée pour les cinq départements de la région Hauts-de-France afin de pouvoir y assurer une représentativité territoriale. La classification utilisée s’appuie sur des variables caractérisant le créateur (âge, sexe, diplôme, statut professionnel initial, expérience dans la création). Une Analyse des correspondances multiples (ACM) permet d’abord de déterminer les principales différences entre les créateurs et de mettre en avant les variables qui y contribuent le plus, d’où une observation quelque peu faussée (d’où le choix par exemple de définir le groupe artisan comme n’ayant pas de diplôme ou au plus le BEPC).  

 

Au premier semestre 2014, les Hauts-de-France représentent 9% des créations  françaises hors Ile-de-France ( 8 120 entreprises), une proportion inférieure de 2 points à la part de la population active de la région en France de province témoignant d’une moindre pratique entrepreneuriale en Hauts-de-France.

 

3 zones d’emploi sur vingt-huit concentrent plus d’un tiers des créations de la région (la zone de Lille avec 19%, celle de Roubaix – Tourcoing 9% et celle de Roissy – Sud Picardie 8 %). Toutefois le taux de création d’entreprises (nombre de création comparé au parc d’entreprises) est de 8% en Hauts-de-France en 2014 contre 7% en France de province.  

 

Le profil des créateurs et créations : Le profil du créateur, la préparation du projet et le type d’entreprise créée en Hauts-de-France se différencient peu de ceux de la province. Seuls la situation professionnelle antérieure, les appuis dans le projet, le secteur d’activité choisi et l’effectif salarial au jour de l’enquête se distinguent.

32% étaient auparavant au chômage (vs 29% pour la moyenne des régions de province), du fait d’un taux de chômage plus important dans la région (13% contre 10% en France métropolitaine en 2014);  11 zones d’emploi présentent une proportion de créateurs chômeurs pouvant atteindre jusqu’à 43% (dans les zones d’emploi de Boulogne-sur-Mer, Calais, Cambrai, Laon, Lens – Hénin, Saint-Omer et Tergnier, en phase avec un taux de chômage plus élevé que la moyenne régionale).

31% se sont tournés vers des structures d’appui à la création (7 points de plus qu’en France de province), notamment les créateurs ex chômeurs (46% contre 38 en province).  

 

Parmi les entreprises de la région toujours actives au jour de l’enquête, 17% employaient au moins un salarié à la création (une proportion comparable à la province); dans l’année qui suit la création, 26% comptent au moins un salarié (vs 24% en province).  

 

Six profils types de créateurs, assez proches de ceux de province  

 

-1/3 sont des « créateurs en reconversion professionnelle », notamment demandeurs d’emploi (45% vs 32); ils sont plus souvent diplômés du supérieur (62% contre 41 pour l’ensemble des créateurs de la région), ou issus d’une formation professionnalisant (38% ont le CAP-BEP contre 23 en moyenne); la majorité de ces entrepreneurs sont des novices dans la création d’entreprise (81%) dont l’activité est plus souvent différente de leur précédent métier (39%); leur inexpérience les incite à davantage demander l’appui des structures dédiées (33% seulement ont monté leur projet seuls). Les entreprises créées ont nécessité des investissements un peu plus importants que la moyenne.  

 

15% des créations (13% en province), sont « des jeunes créateurs » de moins de 30 ans, pour la plupart primo-créateurs; 1/3 avaient déjà une expérience de plus de 3 ans en tant que salarié dans le domaine d’activité de leur entreprise (70% ont crée dans ce même domaine). Ils se lancent plus souvent dans la création d’entreprises individuelles à petit budget; leur objectif principal est d’assurer leur emploi, Ils se distinguent des autres par une plus forte sensibilisation à la création, domaine dont ils ont pu déjà s’imprégner au cours de leurs études et à travers leur entourage qui a déjà un pied dans le domaine de l’entrepreneuriat; pour lancer leur projet, ils vont davantage s’appuyer sur leurs proches; 22% déclarent n’avoir connu aucune difficulté pour créer leur entreprise (vs 28 pour les autres en région).  

 

-Les créateurs expérimentés » (14%) sont tous d’anciens indépendants ou dirigeants; Ils sont davantage diplômés du supérieur (70% titulaires d’un diplôme post-baccalauréat). Leurs projets de création nécessitent un investissement financier plus conséquent (28% ont investi plus de 40 000 euros (vs 18); la moitié ont eu recours à un financement extérieur; ils sont plus présents dans le domaine des services aux entreprises, dans lequel 45% d’entre eux ont plus de dix années d’ancienneté; forts de cette expérience, ils déclarent avoir moins rencontré de difficultés, si ce n’est pour embaucher du personnel qualifié, et n’ont que rarement suivi une formation; ils se lancent plus souvent seuls et savent s’appuyer sur des professionnels et disposent d’un réseau professionnel. Leur objectif est  de développer leur activité plus qu’assurer leur propre emploi. 1/4 ont embauché dès le démarrage et 22% ont l’intention d’embaucher dans l’avenir.  

 

Les créateurs de sociétés commerciales » (13%) : Ils ont en commun d’avoir plus de 30 ans, d’être titulaires du baccalauréat, et le fait d’avoir été plus souvent au chômage (39%) ou indépendant/dirigeants (28%); 41% font le choix de se lancer dans un domaine d’activité différent de leur précédent métier. Leur objectif est plus régulièrement de développer leur entreprise en matière d’emplois ou d’investissements. Majoritairement présents dans le commerce, 13% sont affiliées à un réseau d’enseignes. 22% ont investi plus de 40 000 euros. 21% sont employeurs au démarrage et 29 % dans l’année qui suit.  

 

Les créateurs « artisans » (14%): 53% sont des artisans, dont la moitié de la construction; leur principale motivation est d’être à leur propre compte. Ce groupe est majoritairement constitué d’hommes, souvent plus âgés que la moyenne, et regroupe plus souvent d’anciens demandeurs d’emploi (43%) ou des indépendants (26%), peu diplômés:  ils sont en revanche très expérimentés dans leur métier (34% ont plus de 10 années d’expérience dans le secteur d’activité de création). 41% ont monté leur projet seuls. Pour se lancer, 64% d’entre eux s’appuient sur leurs propres ressources financières (35% ont rencontré des difficultés pour obtenir un financement ou un découvert)  

 

-Les « créateurs en rupture d’inactivité » (10%) regroupent des inactifs notamment des jeunes diplômés qui démarrent dans la vie active ou des femmes (40% vs contre 28); ils créent plus souvent dans le secteur de l’enseignement et de la santé (15% vs 9). Leur objectif principal est d’assurer leur emploi; c’est aussi souvent la seule possibilité pour exercer leur métier. Leur projet requérant peu d’investissements financiers au démarrage (59% ayant investi moins de 4 000 euros). Malgré leur peu d’expérience dans la création, 45% ont créé seuls (vs 37);  pour autant, ils ne rencontrent pas plus de difficultés que les autres et sont même moins nombreux à devoir faire face à des difficultés administratives Seuls, 13% sont employeurs (vs 19) et 10% envisagent d’embaucher.