Les opinions des jeunes en direction de l’entreprise et de leur insertion professionnelle.


"Baromètre d’opinion sur les jeunes et l’entreprise", Macif, Fondation J. Jaurès, BVA, novembre 2023

Méthodologie : échantillon de 1000 Français âgés de 18 à 24 ans, représentatif de la population nationale de cette tranche d’âge, interrogé en ligne entre le 05 octobre et le 3 novembre.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession de l’interviewé et de la personne de référence du ménage, région et catégorie d’agglomération.

 

Un sondage qui ne met en avant que les opinions détaillées des jeunes sans les confronter à la réalité des entreprises et aux problèmes qu’ils rencontrent ou rencontreront.

⇒ Leur vision de l’entreprise.

♦ Les principaux rôle des entreprises :

En direction de  la société : créer de l’emploi (50% dont 27 en 1ére citation ; noter que 55% vivent chez les parents), embaucher des gens (41% dont 22), et être utile pour la société (31% dont 14), anticiper les transformations sociales et environnementales (17% dont 6),
-En direction de ses salariés : donner les moyens aux salariés de s’épanouir professionnellement (31% dont 14% ; les femmes au total des citations 38%), donner les moyens d’accéder à l’autonomie financière (20% dont 9 ; les cadres 29%), contribuer à l’employabilité de ses salariés (13% dont 6),
-En direction de l’entreprise elle-même : enrichir ses propriétaires (14% dont 9 ; les hommes 20%).

 

♦ Les domaines d’engagement attendu de l’entreprise :

– Préservation de l’environnement (31% ; femmes 39% et ruraux 41%), 
– Lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes (27%, femmes 34), lutte contre les inégalités et la pauvreté (20%), lutte contre le racisme et les discriminations (liées au handicap, à l’apparence, aux religions…) 19% et inactifs 31, défense de la démocratie (5%), lutte contre l’homophobie (4%), 
– Défense du pouvoir d’achat (24%, ruraux 32, hommes 29),
– Soutien des jeunes (18%),
-Transmission des savoirs (18%), progrès scientifique et technique (11%, 19 agglomération Parisienne).

 

♦ Les preuves d’un engagement sincère : 

-Le refus de travailler avec des fournisseurs qui ne respectent pas cet engagement (31%, femmes 39 et bac+3 40), le refus de vendre à des clients qui ne respectent pas cet engagement (13%),
-Une inscription dans ses statuts pour que son activité contribue positivement par ses engagements sociaux et environnementaux à l’intérêt collectif de la société (entreprise à mission) 21%, un dispositif pour reconnaître l’engagement syndical ou politique et/ou sociétal dans le parcours professionnel (8%),
-De l’argent réservé tous les ans pour des causes (21%), des partenariats avec des associations (18%), du temps laissé aux salariés pour s’engager pour la cause défendue par l’entreprise (16%, les cadres 30), des prises de position dans les médias (7%), 
-Inscrire au bilan de l’entreprise les résultats de l’engagement de l’entreprise (10%),  redistribuer ses bénéfices à ses clients par un système de ristourne (9%).

 

♦ Les axes d’amélioration de l’entreprise :

– La place accordée à la parole et à la participation des salariés (32%, ruraux 41),

– un management basé sur la confiance et l’autonomie (30%, agglomération Paris 39, cadres 45), la place accordée à la prise d’initiative (15%, cadres 27),
– L’alignement entre les valeurs prônées par l’entreprise et leur quotidien de travail (29%, se verraient travailler dans l’ESS 37), 
– La prise en compte des singularités des individus (25%), 
– La place accordée à la créativité (19%), 

 

Leur modèle idéal d’entreprise : 50% rêveraient de rejoindre une entreprise française ou locale (60% les ruraux, 58% les étudiants, 57% les employés). 

– Une entreprise française (34%, les employés 41), 
– Une entreprise locale (28%, les ruraux 37, en couple 35),  
– Une entreprise de l’ESS (19%, agglomération Paris 27), 
– Une start-up (19%),
– Une grande entreprise du CAC 40 (12, cadres 23, hommes 17), 
– Une entreprise étrangère (10%), 
– Ne savent pas (17%).

 

♦ Les valeurs incarnées par l’entreprise : 

-Respect (52%, ruraux 64, femmes 58), Confiance (43%, ruraux 53, employés 52), écoute (30%, femmes et employés 37), solidarité (30%, femmes 34),
-Transparence (24%, CSP+ 35), liberté (20%),
– Engagement (19%), exemplarité (9%),
– Innovation (15%, hommes 20), modernité (12%), compétitivité (9%).

 

♦ Avec un manager idéal :

Un manager qui crée un environnement de travail épanouissant : un manager qui reconnait le travail accompli (27%), fait progresser (21%), encourage  (21%) et donne confiance (20%), 
-Un manager qui paye bien (17%), 
– Sur le manager lui-même : un manager qui donne des objectifs clairs (12%, les cadres 23), un manager qui sait prendre des décisions (12%), un manager qui soit exemplaire (9%),  un manager qui défend des positions dans le débat public (4%).

⇒ Les attentes professionnelles.

♦ Attentes envers leur travail :

– Avoir un poste bien payé (43%), avoir un poste qui vous permet d’évoluer rapidement (16%), avoir un poste qui vous permet de vous déplacer, de voyager (12%), 
– Avoir un poste qui vous permet d’avoir du temps libre pour votre vie personnelle (35%, les ruraux 44, les couples 40, les femmes 40), 
– Avoir une activité intéressante (29%, bac +3  38), 
– Être utile (24%), avoir un poste qui vous permet de défendre des valeurs qui vous tiennent à cœur (14%), avoir un poste à responsabilité (12%),
– Avoir un travail en équipe, en bonne entente avec les collègues (24%), 
– Avoir un poste où l’on est autonome (22%, ouvriers 37), 
– Avoir un poste stable, sentiment d’être en sécurité (21%), avoir un bureau fixe (5%).

43% pensent que l’on travaillera plus dans l’avenir, 27% autant et 20% moins.

 

♦ Attentes envers le lieu de travail : 

– Au regard du télétravail, de chez soi quelques fois (52%, cadres 71), depuis chez soi tout le temps (12%, ruraux 18),

– Dans un tiers lieu de travail (café, bibliothèque…) 19% mais 25 pour ceux qui vivent seuls,
– En coworking pour élargir son réseau professionnel  (18%),

– En flex-office (partage des bureaux) pour favoriser la collaboration interne (16%)

Mais 18% ne savent pas répondre.

 

♦ L’accompagnement par l’entreprise :

– Une aide pour avoir une meilleure connaissance des droits et des accompagnements (78%, 14% non),
– Un accompagnement dans l’accès au logement, l’accès à la mobilité (68%, 77 agglomération Paris, 74% étudiants, non 21%), 
– L’entrée au capital de leur entreprise (pour celles qui le peuvent), 55% non 22,
– L’entreprise paye une partie du loyer en cas de télétravail (46%, non 38), 
– La rémunération varie en fonction du lieu de travail (38%, non 52), 
– L’entreprise aide dans la gestion de l’épargne du salarié (38%, non 43).

Entre 8 et 23% ne savent pas se prononcer sur l’une ou l’autre question.

 

♦ Leurs angoisses liées au travail : 

– Ne pas gagner suffisamment d’argent (50%, les couples 57), 
– S’ennuyer au travail (36%, femmes et bac +3 42), ne pas être intéressé par son travail (34%), faire la même chose toute votre vie (25%, cadres 32), faire un travail inutile (23%, cadres 36),
– Passer trop de temps à travailler (30%, femmes 34), ou au contraire ne pas avoir assez de travail (9%, cadres 30),
– Avoir un travail contraire à ses valeurs (24%, étudiants 29),
– Perdre son emploi (23%, les employés 29).

 

♦ Comment ils envisagent leur avenir professionnel ?

– Rester au sein de la même entreprise autant que possible (29%, professions intermédiaires 41), ou au contraire changer d’entreprise à plusieurs reprises (20%), voire travailler pour plusieurs entreprises en même temps (7%, ouvriers 20). Interrogés par ailleurs sur leur volonté de changement, 33% disent vouloir travailler dans le même métier toute leur vie alors que 43% envisagent de changer régulièrement de métiers,
– Créer son entreprise (28%, ruraux 37, CSP+ 36), 
– Travailler à l’étranger (20%, CSP+ 28),
– Changer de région pour votre travail (13%)

Noter que 9% n’envisagent pas de travailler en entreprise.

⇒ L’entrée dans le monde professionnel.

48% ont confiance en l’avenir s’agissant spécifiquement du marché du travail (71% les cadres, 58 les hommes), mais 42% sont pessimistes (48 les femmes, 47 les niveaux bac).

 

♦ Les objectifs du premier emploi : 

– Gagner de l’expérience (58%, les bac +3 et + 63%), 
– Subvenir à ses besoins (41%, femmes 46), gagner en pouvoir d’achat (21%, hommes 29), 
– Accéder à un logement (17%), financer un projet (14%), économiser pour voyager (10%), 
– S’élever socialement (11%), être reconnu socialement (9%, ruraux 18, niveaux bac 17).

 

♦ Les obstacles à l’accès au premier emploi

– Le manque d’expérience (48%, les ruraux 64, bac +3 et + 56, employés 55, femmes 53), 
– Le manque de confiance vis-à-vis de la jeunesse dans la société (35%),
– Le manque de formation / le manque de compétences (23%),
– Le manque de réseau (18%, agglo Paris 26, étudiants 24), 
– Les discriminations (lieu de résidence, origine, genre…) 14%, étudiants 19,
– Le manque de reconnaissance de certaines filières professionnelles (14%) le manque de valorisation de l’apprentissage et l’alternance (11%), 
– Les difficultés de mobilité (13%, inférieurs au bac 21).

 

♦ Le rôle de la formation initiale : une valorisation dans le CV (38%), un tremplin vers l’emploi (21%, les cadres 38), un moyen de constituer un réseau professionnel (14%), une référence professionnelle (11%).

Pour 74% les stages ont été utiles dans leur parcours ; pour 67% ils ont été un complément utile à la compréhension du monde de l’entreprise et ont permis de préciser les attentes par rapport à l’entreprise pour 67%.

 

♦ Le recrutement.

50% disent être suffisamment armés pour négocier leur recrutement (61% les hommes, 57% ceux de l’agglomération Paris). Ne le sont pas 45% (61% les ruraux, 54% les femmes, 52% les niveaux bac).

67% se positionnent dans un démarche de transparence (les ruraux 77%, les femmes 71) ; 25% ont embelli la situation (40% les ouvriers, 32% ceux de l’agglomération Paris, 30% les hommes) et 3% beaucoup menti.

⇒ L’avenir professionnel

♦ 72% sont optimistes (75 les bacs +3 et +) et 21% pessimistes (28% les niveaux bac). 69% disent avoir le moral, plus motivés qu’en 2022. Ils attendent de la société : de la solidarité entre les gens (51%), de la joie (28%), de l’optimisme (27%), de la liberté (21%), le sens de l’effort et du sacrifice (20%), de l’insouciance (12%).

48% se projettent à 5 ans (63% les cadres) et 23% sur les 10 prochaines années.

 

♦ Ce à quoi ils attachent de l’importance :

-A l’argent pour épargner (64%, moins les ouvriers 45, les hommes 39, ceux qui vivent chez leurs parents 39, les étudiants 38) ou au patrimoine qu’ils souhaiteraient transmettre (35%, davantage les bac +3, 68%), à l’avenir de leurs enfants (42%), mais aussi à leur protection sociale (32%) et à leur retraite (25%).

 

-Pour 32% une vie réussie, c’est une vie de famille épanouie (les couples 45), c’est d’abord bien gagner sa vie (22%, les hommes 28), voyager et rencontrer (21%, les femmes 25), ou être un acteur de la vie citoyenne (13%).

 

-71% envisagent un projet immobilier, 57% un projet familial (70 vivre en couple, 62 les femmes), 33% un projet entrepreneurial (47% les cadres, 39 les hommes) et 21% un engagement dans la société (28 les étudiants).

 

-17% envisagent un statut d’indépendant, 31% un CDI (les cadres 57), 23 un CDD, 11 ce qui remplacerait les statuts actuels. 

 

Les freins à la création d’entreprise sont pour eux d’abord le financement (46%), puis la peur de ne pas réussir (30%, les employés 39), les contraintes administratives, le manque de réseau (21%), le manque de culture entrepreneuriale (21%, les cadres 34) et le manque d’information disponible (20%).

 

– Quand la question de l’engagement leur est posée spécifiquement, 56% répondent favorablement en étant membre d’une association (32), participer à un mouvement (17, cadre 29), créer une association (12), être membre d’un syndicat (10) ou d’un parti politique (8).

 

-Quant à la localisation de leur activité : 49% souhaitent vivre proches de la nature (62% les couples, 54 les femmes), dans une agglomération de taille moyenne (36%, les cadres 53), voire dans une grande agglomération (25%, étudiants 33), ou à l’étranger (18%).

 

– En ce qui concerne l’avenir professionnel, 63% souhaitent suivre une formation continue (83% les cadres) et 21% non (44 les ouvriers, 31 les niveaux inférieurs au bac).

65% se déclarent intéressés par une « pause professionnelle » pour pouvoir s’engager dans un engagement qui leur tient à cœur. (cadres 80).

 

 

Pour en savoir davantage : https://www.macif.fr/assurance/particuliers/actualites/le-groupe-macif/Barometre-jeune-et-l-entreprise