La pérennité des créations non microentreprises d’Ile-de-France proche des créations en France.


"HUIT ENTREPRISES FRANCILIENNES SUR DIX CRÉÉES EN 2018 SONT ENCORE ACTIVES APRÈS TROIS ANS", Crocis N° 247, Insee IdF, décembre 2023

Sources : le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les quatre ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre d’une année donnée (hors microentrepreneurs), qui ont vécu plus d’un mois dans l’ensemble des activités économiques marchandes non agricoles. Les unités créées au premier semestre 2018 ont été interrogées 6 mois plus tard, puis de nouveau enquêtées fin 2021 et une dernière fois fin 2023. 

 

Les créations en société y sont majoritaires ; ce sont celles qui contribuent le plus et de loin à l’emploi au sein des créations nouvelles.

 

En 2018, 89 000 entreprises ont été créées en Île-de-France dans le secteur marchand non agricole, hors celles sous le régime de microentrepreneur (non prises en compte ici). 82% étaient toujours actives en 2021, contre 76% en 2017 pour celles créées au  1er semestre 2014. Dans l’ensemble de la France, elle progresse de façon similaire, passant de 75 à 82%.

 

♦ Pérennité selon le statut juridique.

 

En 2018, 77% des entreprises créées sont des sociétés, et 23% des entreprises individuelles hors microentreprises. La pérennité des nouvelles entreprises est plus élevée pour les sociétés (82%) que pour les entreprises individuelles (77%). Le taux de pérennité à 3 ans des sociétés augmente, entre 2014 et 2018, de 3 points vs +14 points pour les entreprises individuelles (sachant qu’en 2018 beaucoup de créateurs ont choisi le statut de microentreprise qui n’existait pas en 2014, et ne font plus partie des “entreprises individuelles”). 

 

♦ Pérennité selon les secteurs d’activité.

 

Les taux de pérennité à 3 ans des entreprises Franciliennes sont les plus élevés dans les activités financières et d’assurance (91%) et les activités immobilières (87%).

Ils se sont réduits dans la cohorte 2018 pour les secteurs du commerce (- 2,8 points) et de l’enseignement, santé humaine (- 0,6 point). En revanche, dans le secteur de l’informatique et communication, la pérennité a fortement augmenté (+ 9,7 points).

 

Pour les entreprises individuelles, le meilleur taux est celui des créations du secteur de l’enseignement, santé humaine  (85%). Dans le commerce, le taux de pérennité augmente beaucoup (+ 28 points et +21 points), ainsi que dans les HCR (+ 21 points) ; ces 2 secteurs ont été particulièrement touchés par les restrictions liées à la crise sanitaire, mais ont bénéficié d’un important dispositif de soutien mis en place par l’État. À l’inverse, pour les activités de l’industrie et de la construction, la pérennité a diminué nettement (- 9,3 points). Dans le secteur de l’informatique, communication, le taux s’est légèrement réduit (- 1,9 point).

 

♦ Les créations un peu plus impactées en Ile-de-France par la crise sanitaire.

 

En ÃŽle-de-France, 7,5% des entreprises créées en 2018 ont déclaré en 2021 avoir arrêté complètement leur activité en raison de la crise sanitaire, vs 5,8% en France. Les services aux entreprises ont été les plus concernés (27%), suivis par celles du commerce (17%) et de l’informatique, communication (13%, 2 fois plus qu’en France), alors que le taux est de 1% pour le secteur de l’enseignement, et la santé.

 

En Île-de-France, les principales difficultés rencontrées pendant la crise sanitaire ont été d’ordre financier : elles sont mentionnées par six entreprises sur dix, une proportion similaire pour l’ensemble de la France ; la 2éme difficulté la plus rencontrée est le manque de débouchés ou de commandes (44% contre 37 en France). Toutefois, les nouvelles entreprises franciliennes ont été moins nombreuses à avoir signalé des problèmes d’approvisionnement (14% vs 20).

 

Le recours aux dispositifs d’aides mis en place par l’État a concerné 61% des créations (64 en France) ; le report des échéances sociales ou fiscales a été moins demandé (- 6,6 points).
En ÃŽle-de-France, le recours aux aides a été particulièrement important dans les secteurs des HCR, des services aux particuliers, des transports et du commerce (au moins 75% d’entre elles).
À l’inverse, dans l’informatique, communication et celui des finances et de l’assurance, elles ne sont que 40% a y avoir recours (moins qu’en France).

 

♦ L’emploi a augmenté en 3 ans.

 

-L’emploi total des entreprises créées en 2018 (y compris celles qui ne sont plus actives en 2021 et dont l’emploi correspondant a totalement disparu) a augmenté de 18%. L’emploi salarié croît de 60% en trois ans tandis que l’emploi non salarié baisse de 25%. Ces évolutions sont supérieures à celles observées en 2014.  

 

-L’emploi salarié des entreprises créées en 2018 progresse en 3 ans de 34% dans le commerce, de 26% dans l’industrie et la construction et de 60% dans l’enseignement, santé et dans les services aux particuliers. Il a même plus que doublé (+122%) dans l’informatique-communication, les activités financières et d’assurance, les activités immobilières, les services aux entreprises.

Pour les seules entreprises toujours actives en 2021, l’emploi total a augmenté de 44% en 3 ans, et de 86% si l’on se restreint à l’emploi salarié ; cette augmentation de l’emploi est le fait de 26%. En revanche, pour les 2/3 des créations, les effectifs salariés sont stables ; ils diminuent pour 7% d’entre elles. 

 

-Seules les sociétés sont à l’origine de la création d’emplois : 13 400 emplois supplémentaires ont été créés entre 2018 et 2021 tandis que les entreprises individuelles en ont perdu 600 ; 900 emplois des entreprises individuelles ont été détruits par la cessation d’entreprises, alors qu’elles gagnaient 300 emplois. 

 

-Une faible proportion d’entreprises est à l’origine des créations d’emplois. Parmi les entreprises individuelles pérennes, l’emploi salarié est stable pour 87,6%, en diminution pour 3,7% et en progression pour 8,7%. Par contre, les nouvelles sociétés sont fréquemment employeuses dès leur origine, et celles qui ne le sont pas le deviennent pendant les 3 premières années.

 

-Le volume total d’emplois dans les sociétés augmente de 20% à l’issue des 3 premières années, et double si l’on se restreint à celles qui, dès leur création, étaient déjà employeuses.
La moitié des emplois salariés créés par des sociétés l’ont été dans les secteurs de l’informatique-communication, les activités financières et d’assurance, les activités immobilières, les services aux entreprises avec un nombre d’emplois qui a plus que doublé (+121%) ; dans l’enseignement, santé et les services aux manages il a progresse de 74%, dans le commerce, les transports et les HCR de 36% et dans l’industrie et construction de 27%. 

 

Pour en savoir davantage : https://www.cci-paris-idf.fr/sites/default/files/2023-12/enjeux-247.pdf