Le chiffre d’affaires de la construction augmente de 14,8% en 2022 par rapport à son niveau d’avant-crise, en 2019.


"En 2022, une augmentation contrastée de l’activité dans la construction selon les régions", Insee Première N°1964, août 2023

Méthodologie : Pour une région donnée, la tendance d’évolution des chiffres d’affaires de la construction avant-crise est déterminée au moyen d’une régression linéaire sur l’indice de chiffre d’affaires corrigé des variations saisonnières et des jours ouvrés sur la période 2015-2019. Les tendances hautes et basses sont obtenues par calcul d’un intervalle de confiance à 95% sur la valeur de la tendance de janvier 2015. 
La situation en 2022 par rapport à la tendance est analysée par l’écart entre l’indice de chiffre d’affaires régional moyen sur l’année 2022 et les valeurs moyennes des tendances hautes et basses sur l’année 2022. Trois cas de figures se distinguent :
• les écarts aux tendances hautes et basses sont positifs : l’activité économique de la région en 2022 a dépassé sa tendance avant-crise,
• l’écart à la tendance haute est positif et celui à la tendance basse est négatif : l’activité économique de la région en 2022 est revenue dans sa tendance d’avant-crise,
• les écarts aux tendances hautes et basses sont négatifs : l’activité économique de la région en 2022 n’a pas réussi à revenir à sa tendance d’avant-crise.

 

Les régions dont la population se développe et celles dont la situation avant covid était peu favorable à leur développement ont actuellement des chiffres d’affaires en hausse. 

 

En 2022, le secteur de la construction représente 6,6% des chiffres d’affaires issus des déclarations mensuelles de TVA. Ce secteur comprend à la fois la construction de bâtiment (27% du chiffre d’affaires du secteur), le génie civil (13%) et les travaux de construction spécialisés tels que le gros œuvre, la maçonnerie, la toiture, etc. (60%).

 

♦ L’évolution globale des chiffres d’affaires depuis 2015.

 

Ce secteur a été fortement affecté par la pandémie (-6,4% entre 2019 et 2020), puis le chiffre d’affaires a fortement augmenté en 2021 et plus légèrement en 2022 (respectivement +14,8% et +6,9%), alors qu’il augmentait entre 2015 et 2019 de 5,1% en moyenne par an.

 

La production de la branche construction en volume aux prix de l’année précédente est passée de 295,5 Md€ à 300,9 Md€ entre 2019 et 2022 (une croissance de 1,8%). En effet, entre 2019 et 2022, l’indice des prix des logements neufs et anciens augmente en moyenne de 6% par an (contre +2,6% par an entre 2015 et 2019) ; dans le même temps, les coûts mesurés par les index du bâtiment et des travaux publics progressent respectivement de 4,2% et 4,4% en moyenne par an sur la période 2019-2022 (contre +1,6% et +1,9% avant la crise).

 

♦ Dans toutes les régions françaises, le chiffre d’affaires dépasse son niveau de 2019, avec toutefois des différences marquées :  l’évolution est la plus forte en Corse (+26,9%), où elle est soutenue notamment par les dépenses des collectivités locales ; elle augmente aussi fortement dans les Pays de la Loire (+22,3%), en Bretagne (+21,5%), en Bourgogne-France-Comté (+21,4%) et en Paca (+20,8%). À l’opposé, la hausse est moindre en Occitanie (+14,9%), en Île-de-France (+10,2%), en Martinique (+8,7%) et en Guadeloupe (+2,2%).

 

♦ Les évolutions des chiffres d’affaires en région

:

-En mai 2020, le chiffre d’affaires du secteur de la construction est 27% inférieur à la tendance basse pendant la pandémie ; la Corse, la Bretagne et l’Occitanie sont les 3 régions pour lesquelles la chute d’activité économique est la plus forte (de -37,3% à -29,7%) ; à l’inverse, Auvergne-Rhône-Alpes, Paca  et l’Île-de-France sont les 3 régions métropolitaines les moins affectées (respectivement -21,1%, -23,1% et -24,5%).

 

-Dans la majorité des régions, l’indice de chiffre d’affaires dépasse le niveau qu’il aurait atteint si la tendance observée entre 2015 et 2019 s’était poursuivie : c’est particulièrement le cas en Bourgogne-Franche-Comté, Normandie et Centre-Val de Loire, avec respectivement
+8,6%, +7,1% et +6,4% par rapport à leur tendance haute des années 2015-2019 ; avant la crise sanitaire, ces régions avaient les trajectoires de croissance les plus faibles (moins de 5% par an). Le nombre d’habitants était stable, voire fléchissait sur la période, et les logements commencés entre 2015 et 2019 représentaient respectivement 3,2%, 3,5% et 4,1% de leurs stocks de logements de 2015, moins qu’au niveau national (5,5%).

 

-La Corse et la Bretagne, qui faisaient partie des régions avec les plus fortes hausses de chiffres d’affaires avant la crise (+8,3% et +7,1%), dépassent leur trajectoire attendue au regard de la période précédente (+2,4% par rapport à la tendance haute) ; la croissance démographique y était plus marquée qu’au niveau national entre 2015 et 2019 ; le nombre de logements commencés sur la période correspondait à 8,3% des stocks de logements de 2015. 

 

-Les Hauts-de-France sont revenus dans leur tendance 2015-2019, malgré une stabilisation de leur population, avec une hausse de 6% par an entre 2015 et 2019, davantage qu’au niveau
national ; le parc de résidences secondaires y est en forte hausse entre 2015 (+8%) et le parc de logements est ancien. 

 

-L’Île-de-France et l’Occitanie ne retrouvent pas leur tendance d’avant-crise : leur chiffre d’affaires y est inférieur respectivement de 0,5% et de 2,1% au niveau attendu par la tendance basse estimée sur la période 2015-2019 ; ces 2 régions figuraient parmi celles dont l’indice de chiffre d’affaires augmentait le plus entre 2015 et 2019 (+6,6% et +7,9%). 
En Île-de-France, la pénurie de foncier et les effets de la période Covid et du télétravail sur les migrations de population, avec davantage de départs de l’aire parisienne vers les autres régions, ont également pu avoir des conséquences sur l’activité dans le bâtiment.

 

♦ Difficultés de recrutement et forte reprise de l’activité vont de pair : en 2022, dans les régions où l’indice de chiffre d’affaires est au-dessus de sa tendance, les tensions de recrutement sont fortes : pour 82 à 88% Les recrutements sont jugés difficiles, alors qu’ils le sont moins en Île-de-France, Hauts-de-France et en Occitanie (61%, 69% et 73%) ; ces 3 régions n’ont pas réussi à dépasser leur tendance de 2015-2019, malgré la forte inflation. 

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/7657465