2 types d’emploi ont contribué à la croissance de l’emploi, alors que les emplois voués à la production sont à la baisse.


"Les dynamiques locales influent fortement  sur la croissance de l’emploi", Insee La France et ses territoires, collection Insee références, lu octobre 2026

Définition des types d’emploi utilisée dans cette étude :

– Les emplois métropolitains concernent des activités de conception-recherche, culture-loisirs, commerce interentreprises, gestion et prestations intellectuelles,

– Les emplois de production concrète sont ceux de l’agriculture, du BTP, de la fabrication, 

– Les emplois présentiels sont relatifs à l’administration publique, la distribution, les services de proximité, la santé et action sociale, l’éducation-formation,
– Les emplois transversaux concernent l’entretien-réparation et le transport-logistique.

 

La contribution à la croissance provient d’abord des emplois grandement présents dans les grandes agglomérations, sans pour autant négliger l’apport des emplois au profit du présentiel.

⇒ Quels types d’emploi contribuent à sa croissance ?

Entre 2016 et 2022, les emplois dits « métropolitains » (professions de gestion des entreprises, prestations intellectuelles, conception‑recherche, culture et loisir) sont devenus le principal moteur de la croissance de l’emploi dans l’Hexagone (55% de la contribution  à la croissance, alors qu’ils ne sont que 26% des emplois), devant les emplois dits « présentiels » (professions d’administration publique, d’enseignement, de santé et d’action sociale, ainsi que ceux dits de proximité) avec 36% de contribution à la croissance (mais 41% des emplois).

La croissance annuelle des emplois métropolitains est près de deux fois plus élevée que la moyenne. Si les emplois présentiels contribuent à la croissance de l’emploi (36,4%), c’est en raison du poids qu’ils représentent dans l’emploi (41%) et moins en raison de leur dynamisme (+0,8% par an).

 

De leur coté, les emplois voués à la production (17%) contribuent à la baisse de la croissance (-0,5%), ceux dits en fonction transversale ne faisant guère mieux ; ils sont 15% des emplois et ne contribuent qu’à 0,9% de la croissance.

⇒ La croissance annuelle de l’emploi a été un peu plus forte entre 2016 et 2022 qu’entre 1990 et 2016 (1% vs +0,6)

Elle l’a été au sein des emplois métropolitains (+1,9 vs +1,3), notamment du fait des emplois de recherche et de gestion et moins des autres emplois de ce sous-groupe, notamment des emplois dits de prestation intellectuelle. Noter toutefois que leur présence dans l’ensemble des emplois n’a que peu progressé (passant de 22 à 26%).

 

En ce qui concerne les emplois de proximité, leur poids s’est davantage accentué dans l’ensemble des emplois (passant de 34 à 41%), mais leur évolution annuelle était plus marquée dans la période précédente (+1,4% vs +0,8). Dans la période 2016-2022, les emplois dans l’administration publique et les services de proximité ont décru.

 

Ceux qui ont le plus perdu au sein de l’ensemble des emplois sont les emplois de production, passant de 27% des emplois totaux à 17, mais l’évolution annuelle a été un peu moins à la baisse entre 2016 et 2022 (-0,5% vs -1,1).

⇒Une approche par type de territoires

4 types de territoires connaissent une contribution plus favorable : ce sont des territoires urbains et le rural dynamique (entre +5,1 et +8,7%) , alors que le rural peu dynamique et curieusement le résidentiel francilien ou transfrontalier affichent une croissance faible (+0,8% et + 2,8%).

 

♦ Les grandes agglomérations portent la croissance nationale d’emploi sur la période, en  raison du dynamisme des emplois « métropolitains », alors que dans de nombreux territoires, les emplois « présentiels » continuent de soutenir la hausse de l’emploi. Ailleurs, les emplois dits « transversaux » (professions de transport‑logistique et d’entretien‑réparation) jouent un rôle déterminant.

 

Noter que les emplois présentiels conservent cependant un rôle moteur, porté par la santé et l’action sociale, dans de nombreuses zones. Dans certaines zones très rurales et en perte de population, les emplois présentiels accompagnent au contraire le recul de l’emploi.

 

En revanche, les emplois dits de la « production concrète » (professions du bâtiment et travaux publics, de l’agriculture et de la fabrication) baissent, ce qui pénalise les zones où ces professions sont très présentes.

 

♦ La répartition des emplois par famille de professions (métropolitains, présentiels,  transversaux, production concrète) explique environ un quart des disparités de croissance de l’emploi entre zones d’emploi.

La croissance de l’emploi s’explique pour les 3/4 par d’autres spécificités locales. En particulier, la dynamique passée de l’emploi joue un rôle important : les territoires dont l’emploi a crû avant 2016 sont aussi ceux qui ont le plus de chances de continuer à croître.

Les autres facteurs majeurs contribuant aux trajectoires d’emploi territoriales sont la présence d’étudiants, le dynamisme du tissu local de PME et l’attractivité du territoire pour les personnes âgées de 65 ans ou plus.

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8687971?sommaire=8688001 Pages 61 à 73