Les entreprises les moins productives occupent une part accrue du total des défaillances d’entreprises.


"Comment expliquer l’augmentation des faillites d’entreprises ?" DGE, Théma N°28, février 2025

A partir de 2022, le nombre annuel de défaillances croît, mais plus rapidement pour les entreprises les moins productives.

 

L’analyse n’intègre cependant pas la taille des entreprises. Or les entreprises de plus grande taille sont souvent plus productives et leur part dans les défaillances a augmenté sur la période, ce qui pourrait biaiser l’analyse. Une fois la productivité pondérée par l’effectif des entreprises, les entreprises défaillantes restent moins productives que les entreprises pérennes en 2019 comme en 2024, et ce avec un écart stable d’environ 29 000€ annuels par tête

 

Les résultats tendent à montrer que l’augmentation du nombre d’entreprises défaillantes s’accompagne d’une augmentation de l’écart de productivité avec le reste de l’économie indépendamment des effets de structure. D’après le modèle économétrique, les entreprises défaillantes en 2017 avaient, deux ans auparavant, un niveau de productivité inférieur au reste de l’économie d’un peu moins de 18% du niveau de productivité moyen. Cet ordre de grandeur reste relativement stable entre 2017 et 2021 avant d’augmenter de 2,5 points de pourcentage en 2022 et de se maintenir à 20% en 2023.

 

Même si l’écart de productivité entre entreprises défaillantes et pérennes est atténué en 2024, il reste à un niveau significativement plus élevé qu’en 2019, soit 13 000€ annuels par tête contre 12 000€ annuels par tête 5 ans auparavant.

 

Les 1% des entreprises les moins productives avaient ainsi en 2021 un risque relatif de faire faillite 1,5 fois plus élevé que les 99% d’entreprises les plus productives. En 2023 ce rapport passe à 3,5 : le risque relatif de faire faillite au sein des 1% entreprises les moins productives a plus que doublé en comparaison des autres.

 

D’autres facteurs ont accru les défaillances sans gripper pour l’heure la réallocation des facteurs de production : le choc inflationniste, la hausse des taux d’intérêt et la hausse des prix de l’énergie.

 

Pour en savoir davantage : https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2025/Th%C3%A9mas/06022025-thema-28.pdf