Méthodologie : données provenant des déclarations mensuelles et trimestrielles de TVA. (EDI-TVA) sur un échantillon d’environ 570 000 entreprises au niveau national. Les données ont été calculées sur un périmètre d’entreprises présentes lors d’une période analysée et lors de la même période de l’année précédente, qui n’ont pas changé de code NAF et dont l’établissement principal n’a pas changé de département entre ces deux périodes. Les évolutions sont calculées en glissement annuel (une période par rapport à la même période de l’année précédente) et corrigées des jours ouvrés.
Les résultats présentés dans cette analyse ne sont pas corrigés de l’inflation.
Si la baisse est habituelle, quelques activités connaissent toutefois des hausses.
Au 4e trimestre 2024, l’indice de chiffre d’affaires (ICA) des 570 000 TPE-PME françaises de notre échantillon est de 98,7, soit une diminution de chiffre d’affaires de 1,3% en valeur par rapport au 4e trimestre 2023 (baisses sur les mois d’octobre et décembre).
Mais c’est -0,4% de baisse sur la période du 1er au 4e trimestre 2024 par rapport à la période du 1er au 4e trimestre 2023.
⇒ Cette baisse moyenne de 0,4% diffère selon les activités :
♦ Certaines activités ont toutefois connu une hausse entre ces 2 périodes :
– Les produits de pharmacie (+4,2% sur l’année) : lors du 4e trimestre 2024, les pharmacies de l’échantillon enregistrent une progression de leur activité de 2,3%, soit un 7éme trimestre consécutif de croissance. Cette hausse serait notamment liée au transfert des dépenses de l’hôpital vers la ville, sur des produits chers mais aux marges capées.
– L’entretien et réparation de véhicules automobiles (+2,5% sur l’année) : après 12 trimestres consécutifs de hausse d’activité, ces TPE-PME voient leur CA légèrement reculer de 0,6% au 4e trimestre 2024 par rapport au 4e trimestre 2023. Les tarifs des garages ont progressé en moyenne de 7,6% en 2024 par rapport à 2023.
– Les transports routiers de fret de proximité (+1,5%) et une très légère progression de CA de 0,1% en valeur au 4e trimestre 2024. les effectifs salariés restent stables, mais demeurent inférieurs à ceux de la période de crise sanitaire. Les investissements restent en dessous de leur niveau moyen.
– La boulangerie et boulangerie-pâtisserie (+1,4%) : mais -0,2% en valeur au 4e trimestre après +0,1% au 3e trimestre. Les coûts de l’énergie continuent de fortement impacter les entreprises (4,3% de leur chiffre d’affaires) et celui des prix des matières premières alimentaires (+22,9%), en particulier ceux du cacao (+162,6%) et du café (+76,4%). Cependant, le développement des options de snacking ou de plats préparés, l’offre de café ainsi que la création d’espaces de consommation sur place à la façon des « coffee shops » constituent des sources de croissance pour les entreprises du secteur.
♦ Sont stables :
– La coiffure (+0,4%), mais -0,2% au 4e trimestre 2024 comparativement au 4e trimestre 2023. On constate une légère baisse de fréquentation (6 visites annuelles par client en 2024 contre 6,7 en 2023). Pour compenser, les coiffeurs font évoluer leur offre vers des services à plus forte valeur ajoutée qui entraînent une hausse du ticket moyen (40,40€ en 2024 contre 38,20€ en 2023). Noter que le nombre de défaillances y a progressé de 26% au 4e trimestre 2024 en glissement annuel. Le secteur reste également confronté à une importante pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
– Le commerce de détail de viandes (+0,3%), mais -0,5% en valeur au 4e trimestre 2024. On constate à la fois la baisse de production de viande en raison du contexte sanitaire complexe (surmortalité et problèmes de fertilité), la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières et le recul de la consommation ou la descente (-1% entre 2024 et 2025) en gamme dans les achats. Les boucheries positionnées sur le segment premium jouissent toutefois d’une bonne réputation ; on note également le développement d’enseignes avec vente à prix réduits et anti-gaspi grâce à la récupération des déstockages, surproduction ou découpes irrégulières sur des viandes locales.
♦ En baisse :
– Les agences immobilières (-9,2%) et +1,8% en valeur au 4e trimestre 2024 vs -20% sur un an en valeur (Selon la FNAIM, le marché immobilier aurait atteint son point bas, avec 775 000 transactions sur l’année, contre 872 000 en 2023). Les taux d’intérêt restent orientés à la baisse (taux moyen de 3,3% en janvier vs 4% un an auparavant). Le marché de la location sous tension avec l’interdiction de la location des logements classés G au Diagnostic de performance énergétique, la fin du dispositif Pinel et la concurrence de la location courte durée. Dans ce contexte, les défaillances ont crû de 36% entre 2023 et 2024.
– La maçonnerie, le gros œuvre (-4,9%) et -4% en valeur au 4éme trimestre 2024. Les entreprises subissent de plein fouet l’écroulement dans le logement neuf qui se poursuit. Toutefois, un signal positif est donné du côté des défaillances qui n’ont progressé que de 3% au 4e trimestre contre une moyenne globale à +10%. Le second œuvre est plus à la peine avec une hausse de 12% des défaillances.
– La construction (-3,7%) et -4,2% en valeur au 4e trimestre 2024. Ces résultats sont la conséquence de la situation dans le logement neuf (-21,9%) et le non-résidentiel neuf (-7,4%) ; les mises en chantier ont diminué de 14,2% ; les permis de construire ont reculé de 12,3% en 2024. L’entretien-amélioration ralentit à -1% en 2024 avec un recul qui s’est accentué dans l’année : -1,5% au 4e trimestre, les travaux de performance énergétique ne faisant plus exception, avec une baisse similaire.
– Commerce de détail d’habillement en magasin spécialisé (-2,3%) et -2,2% au 4e trimestre 2024. 67,5% des consommateurs indiquent que l’inflation a impacté leur consommation de vêtements et 32% plébiscitent la seconde main. 58% des enseignes évoquent ainsi un recul de la fréquentation des magasins avec un repli du volume de vêtements vendus.
– La restauration traditionnelle (-2,3%) et un recul de CA de 3,8% au 4e trimestre 2024. 89% des clients font de plus en plus attention aux prix des plats et réduisent leur panier d’achat. Par ailleurs, le secteur de la restauration peine toujours à recruter et fidéliser une main-d’œuvre qualifiée.
– L’hébergement (-1%) et une baisse de CA de 1,6% au 4e trimestre 2024. Le taux d’occupation des hôtels s’établit à 66% (en baisse d’un point par rapport à 2023), compensée par la hausse des prix ayant permis de limiter la hausse des charges d’exploitation et de générer des niveaux de revenu moyen par chambre disponible supérieurs à 2023 (+2%). Si l’année 2024 a été marquée par de grands évènements sportifs et culturels, la fréquentation internationale des hôtels a légèrement reculé (-0,5%), de même que la fréquentation domestique (-2,1% en termes de nuitées).
⇒ Selon les régions : la baisse est générale et proche.
Au 4e trimestre 2024, seules les TPE-PME de la région Hauts-de-France voient leur CA quasi stagner (+0,1%). Pour les 12 autres régions, l’activité recule : la Corse (-3,3%), le Centre-Val-de Loire (-2,8%), l’Île-de-France (-2%), Paca (-1,9%), l’Occitanie (-1,5%) ; le Grand Est et les Pays de la Loire (-1,3%) affichent un recul similaire à celui de la France. Ont des meilleurs scores : Auvergne-Rhône-Alpes (-1%), Bourgogne-Franche-Comté (-1%), Nouvelle Aquitaine (-1%), Bretagne (-0,7%) et Normandie (-0,1%).
Mon opinion : les données sont issues d’un flux important d’entreprises ; elles sont objectives (recensement des chiffres d’affaires) et permettent de prendre distance avec la seule opinion des dirigeants (et donc subjective). De plus, elles permettent une comparaison entre un petit nombre d’activités fines.
Pour en savoir davantage : https://www.imagepme.fr/actualites/espace-expert-comptable-decouvrez-les-resultats-du-4e-trimestre-et-decembre-2024