En 2018, 61% des créateurs d’entreprise ont choisi le régime du micro-entrepreneur.


"Micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 : dans les transports, deux sur trois travaillent via une plateforme numérique" Insee Premiére N°1821, octobre 2020

Méthodologie : enquête Sine 2018, basée sur un échantillon composé de 56 000 micro-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2018 et enquêtés fin 2018; il seront de
nouveau interrogé en 2021 et 2023. Le champ de l’enquête couvre 214 000 micro-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2018 dans les activités marchandes non agricoles.

 

L’Insee a manifestement corrigé le chiffrement des micro-entrepreneurs à l’occasion de cette enquête Sine 2018 puisque le site recensant les créations d’entreprise faisait état en 2018 de 45% de micro-entrepreneurs, alors que l’enquête 2018 avance le chiffre de 61%. Heureuse correction qui permet de mieux cerner les micro-entreprises mais permet-elle des comparaisons avec les enquêtes de 2014 et 2010 ? Les données ont-elles aussi été corrigées pour ces 2 année ? La publication ne le précise pas.

 

Des données rares sur les micro-entreprises : 58% ont fait des recettes dans l’année: parmi ces derniers, 53% exercent cette activité à titre principal. soit 31% des micro-entrepreneurs recensés.

 

⇒Combien sont-ils en activité réelle ?

En 2018, 420 000 créateurs d’entreprise ont choisi le régime du micro-entrepreneur (61% des créations de l’année).

Les secteurs privilégiés d’activité sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques (19%), le commerce (16%) et les activités de transports (12%, alors qu’elles étaient 2% en 2014, les livraisons à domicile et les VTC étant passées par là).

 

58% des nouveaux micro-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d’affaires lors de leur premier exercice, une proportion identique à celle de 2014.

Le taux de démarrage économique l’année d’immatriculation est élevé dans l’industrie (76%), la santé (75%), la construction (72%), les activités de services aux ménages (71%) et l’enseignement (70%) ; il est faible dans les transports (39%), le commerce (50%) et les activités financières et les activités immobilières (47%).

 

Par rapport aux créateurs de 2014, le taux de démarrage économique est en hausse dans la construction (+ 13 points), l’industrie, les services aux ménages (+ 8 points) et les activités de services administratifs et de soutien (+ 7 points) ; il est en baisse dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (-5 points), l’enseignement (-4 points) et la santé (-3 points).

⇒ Activité principale et activité de complément

57% des micro-entrepreneurs ayant réalisé des recettes en ont fait leur activité principale (3 points de plus qu’en 2014). cette situation est plus fréquente dans la construction (74%), les services aux particuliers (63%) et le commerce (60 ; à l’opposé, ils sont majoritairement en activité de complément dans les arts, spectacles et activités récréatives (56%), l’enseignement (54 %), les transports (52%) et la santé (51%).

 

Exercer en activité de complément est aussi plus fréquent pour les retraités (78%) et les étudiants (58%).

63% des micro-entrepreneurs en activité de complément déclarent qu’ils n’auraient pas créé d’entreprise sans ce régime, contre 48% de ceux en activité principale.

 

1/3 conservent une activité rémunérée en plus de leur entreprise, soit à temps complet (21%), soit à temps partiel (12%) ; ils étaient 37% en 2014 et 40% en 2010. 51% de ceux qui ont une autre activité rémunérée à temps plein démarrent effectivement leur activité de micro-entrepreneur, contre 63% pour ceux qui n’en ont pas.

 

Les créateurs dont l’activité de micro-entrepreneur n’est pas celle de leur principal métier sont désormais majoritaires : au moment de leur immatriculation, 57% ont un métier différent de l’activité qu’ils exercent en tant que micro-entrepreneur (vs 51 en2014) ; les changements de métier sont plus fréquents lorsque le micro-entrepreneur conserve une autre activité rémunérée, 70% contre 50% lorsqu’ils n’en gardent pas.

⇒ Quel est leur profil ?

♦ Ce sont essentiellement des salariés du secteur privé (38%) et des chômeurs (26% vs 28 en 2014), puis des sans activité professionnelle (12% vs 15 en 2014), des agents de la fonction publique (5% contre 7 en 2014).

Dans le même temps, la proportion d’étudiants a doublé (13% en 2018 contre 6 en 2014) ; 1/3 tiers des immatriculations sont le fait des livraisons à domicile ; cependant, ils démarrent moins souvent une activité économique : 49% contre 64% des chômeurs et 70 des retraités.

 
Micro-entrepreneurs 2018 ont crée Ont démarré leur activité
oui en principal en complement
Salarié du privé 38 37 31 45
dont CDD, interimaire 6   6 6
Chômeur 26 28 37 17
Etudiant 13 11 8 14
Sans activité professionnelle 12 12 14 11
dont retraité 3 4 1 7
Agent de la fonction publique 5 5 3 8
Ensemble 100 100 100 100

♦ 36% ont moins de 30 ans (30% en 2014), mais seulement 51% démarrent leur activité vs 69% des plus de 50 ans.

 
  Micro-entrepreneurs immatriculés au 1er semestre 2018 En activité principale dans l'année En activité de complément dans l'année N'ayant pas démarré d'activité Ensemble
Moins de 25 ans 19 21 23 56 100
25 à 29 ans 17 31 23 46 100
30 à 34 ans 15 37 23 40 100
35 à 39 ans 13 38 24 38 100
40 à 44 ans 10 39 24 37 100
45 à 49 ans 8 39 26 35 100
50 à 54 ans 6 40 25 35 100
55 à 59 ans 5 42 26 32 100
60 ans ou plus 6 27 43 29 100
Ensemble 100 33 25 42 100

♦ Ils sont plus diplômés : 45% sont diplômés de l’enseignement supérieur (vs 41% en 2014), dont 16% du 3éme cycle et 16% du second cycle ; 16% sont sans diplôme, 15% ont un CAP et 23% seulement le baccalauréat. La part des micro-entrepreneurs dont le niveau de diplôme est inférieur au baccalauréat diminue (31% vs 38 en 2014).

 

La part des femmes (37%) est stable par rapport à 2014. Elles sont davantage présentes parmi ceux ayant démarré une activité avant la fin de l’année (41% en 2018 comme en 2014).  Elles sont très présentes dans la santé (82% des immatriculations) et les services aux ménages (71%).

⇒ Quel est le profil de leur entreprise ?

♦ 70% n’ont pas mobilisé de moyens financiers au démarrage de leur projet (48% aucun et 22% moins de 1 000€.
Ceux en activité principale engagent davantage de moyens financiers : 18% ont investi au moins 4 000€ (vs 7% ceux en activité de complément).

 

♦ 47% ont bénéficié d’au moins un dispositif d’aide pour créer leur entreprise (vs 36% en 2014) ; l’Accre) est la plus fréquemment reçue (45%), loin devant l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (Arce, 7%).

67% de ceux qui bénéficient d’un dispositif d’aide démarrent effectivement une activité économique avant la fin de l’année, contre 53% pour ceux qui ne bénéficient d’aucun dispositif.

Au moment de créer leur entreprise, 43% percevaient des minima sociaux ou des allocations (31% une allocation chômage, 10% un minimum social, e plus souvent le RSA  et 5% la prime d’activité).

 

♦ Les particuliers sont la clientèle la plus importante pour 59%, alors que 32% sont plutôt tournés vers les entreprises, et 6% vers des administrations.
Pour 18%, le chiffre d’affaires dépend essentiellement d’un seul client,  notamment quand ils travaillent principalement pour leur ancien employeur (49%), des entreprises (32%) ou des administrations (29%). Les secteurs où la dépendance à un client est la plus forte sont l’information et la communication (36%) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (34%).

En revanche, les micro-entrepreneurs majoritairement tournés vers les particuliers dépendent rarement d’un seul client (8%).

 

♦ 16% travaillent par l’intermédiaire d’une plateforme numérique de mise en relation.
Dans les 3/4 des cas, il s’agit de leur principale source de chiffre d’affaires.
Dans les “transports”, les 2/3 travaillent par l’intermédiaire d’une telle plateforme et 1/4 pour HCR.

 

29% ont spécialement créé leur entreprise dans ce but. Ils sont 46% chez les moins de
25 ans contre seulement 4% des 55 ans ou plus. 52% des micro-entrepreneurs travaillant pour une plateforme se sont immatriculés principalement dans ce but.

 

Les jeunes ont davantage recours à une plateforme numérique : 38% des moins de 25 ans, 21% des 25-29 ans vs11 % des 30 ans ou plus. 48% des étudiants travaillent par l’intermédiaire d’une plateforme.

⇒ Les appuis

♦ 35% ont monté leur projet seul, alors que 43% ont reçu l’appui de leur entourage et 24% ont été aidés par une structure dédiée à la création d’entreprise. 24% ont reçu une formation particulière pour la création de leur entreprise (deux fois plus qu’en 2014 et 2010), notamment dans le cadre des stages à l’artisanat.

♦ 86% utilisent Internet (vs 70 en 2014)  : usage des courriels (71%),  recherche et l’échange d’informations (69%),  règlement des formalités administratives (64%), passage de commandes et envoi de devis (48%), recherche de marchés (30%).

43% utilisent les réseaux sociaux (vs 31% en 2014) ; les 3/4 ont un blog et/ou un compte sur un ou plusieurs réseaux sociaux  et 28% un site internet dédié à leur activité, mais seulement 7% proposent de la vente en ligne (20% toutefois dans le commerce).

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4799082