Méthodologie : enquête menée pour CGScop par Opinion Way auprès de 1 075 salariés et 501 dirigeants (on ne connait pas les caractéristiques des salariés et des chefs d’entreprise interrogés). Les interviews ont été réalisées du 6 au 20 février 2026 pour les salariés et du 6 au 27 février 2026 pour les dirigeants.
La Confédération générale des Scop et des Scic, aussi appelée le Mouvement Scop, est le porte-parole des 4 583 Scop, Sociétés coopératives et participatives, et Scic, Sociétés coopératives d’intérêt collectif, représentant 94 745 emplois. Elle coordonne 9 unions régionales et 4
fédérations de métiers (BTP, industrie, communication, CAE).
Le Mouvement propose un service complet aux structures, adhérentes et porteurs de projet : accueil et suivi personnalisé, accompagnement juridique, solutions de financements adaptées à la création d’entreprises comme à leur développement, formations, échanges professionnels.
Pour analyser les résultats de ce sondage, je m’appuie sur les réponses “tout à fait”, quand cela est possible, plus juste pour cerner la pensée des répondants et non le cumul “tout à fait et plutôt d’accord” (ce denier terme étant trop peu engageant), comme le fait le communiqué publié.
2 communiqués différents ont fait l’objet de ce sondage que je tente de regrouper dans cet article.
⇒ La notoriété des Scop :
♦ 1er constat : 34% des salariés et 48% des chefs d’entreprise disent savoir précisément de quoi il s’agit quand ils sont interrogés sur les scop, alors que 32% des salariés et 26%des chefs d’entreprise ne connaissent pas leur existence.
52% des salariés et des chefs d’entreprise en ont entendu parler par les média, 21 et 38% par des relations professionnelles, 25 et 29% par des relations personnelles.
♦ second constat : lorsque les répondants connaissent les Scop, ils les associent majoritairement à une solution de reprise d’entreprises en difficulté pour 56% des salariés et 75% des dirigeants et pour 36% des salariés et 51% des dirigeants à un modèle utile pour la transmission d’entreprise et moins à un modèle pour la création d’entreprise (28% et 33).
Pourtant, en réalité seuls 7% d’entre elles font l’objet d’une reprise d’entreprise en difficulté. La très large majorité est issue de créations ou de transmissions d’entreprises performantes et en pleine croissance.
♦ Une image plus détaillée :
Ce qui ressort des réponses des salariés concerne d’abord l’emploi (35% préservation d’emplois locaux et peuvent créer de nombreux emplois 31) et une dernière chance pour les entreprises en difficulté (33%), puis l’attractivité pour les jeunes (28%) et la confiance (26%) et en dernier lieu la dynamique entrepreneuriale (pérennité, rentabilité, compétitivité) entre 18 et 23%.
Les dirigeants sont nettement en retrait avec les réponses des salariés : doivent faire ses preuves (38%), ce qui concerne la création d’emploi (25%), mais pas la préservation des emplois locaux (41%, 6 points de plus que les salariés où la dernière chance pour les entreprises en difficulté (33%) ; ils sont plus modérés sur la capacité entrepreneuriale (rentabilité 14%, compétitivité 20%) que les salariés et sur le concept d’entreprise d’avenir (28%).
♦ Quelques autres éléments issus d’un autre communiqué pour ce même sondage :
– Près d’un répondant sur deux met en avant la maîtrise des savoir-faire industriels (49% des salariés, 53% des dirigeants).
– Leur ancrage territorial est également cité (34% et 36), tout comme leur contribution à la souveraineté industrielle (32% et 39). Enfin, leur capacité d’innovation (29% et 31) et d’investissement à long terme (30% et 31 renforce cette perception.
– La compétitivité progresse fortement parmi les préoccupations des salariés. Citée par 38 % d’entre eux, elle gagne 10 points en un an, signe que la performance économique est perçue comme une condition indispensable à la pérennité de l’emploi.
– La rémunération demeure un marqueur fort des attentes des salariés (61% d’entre eux, tandis que 55% des dirigeants la considèrent également comme un enjeu majeur). 55% souhaitent une meilleure répartition des bénéfices au sein de l’entreprise.
– La participation des salariés aux grandes décisions de l’entreprise reste une attente (37% des salariés et 21% des dirigeants). Toutefois, l’implication dans l’entreprise demeure un enjeu davantage pour les dirigeants (60%) que pour les salariés (51%).
Au-delà des enjeux économiques, les attentes se concentrent de plus en plus sur la qualité de vie au travail pour 61% des salariés et 60% des dirigeants.
⇒ Les valeurs associées aux scop
♦ Les valeurs humaines et culturelles arrivent en tête, citées par 78% des salariés et 87% des dirigeants. Les valeurs éthiques et sociales arrivent en second plan pour 57% des salariés et 69% des dirigeants. Les dimensions liées à la performance et à la croissance sont moins mises en avant, avec respectivement 33% salariés et 41% des dirigeants.
♦ Globalement, les dirigeants d’entreprise sont beaucoup plus lucides sur les valeurs des scop (humaines et éthiques) que les salariés.
⇒ Ont-ils envie de s’impliquer dans des scop ?
♦ 28% des salariés se disent tout à fait intéressés à l’idée de travailler dans une Scop et 49 plutôt ; pour les chefs d’entreprise, ce sont 18% et 38.
16% des salariés sont tout à fait d’accord d’envisager d’en créer une et 31% plutôt d’accord ; du coté des chefs d’entreprise, ce sont 7% tout à fait d’accord et 26 plutôt d’accord, mais 67% pas d’accord. Pourquoi ce décalage avec les salariés ?
♦ Les freins identifiés sont principalement : une perception d’incompatibilité avec leur vision de l’entreprise (69%), la complexité administrative et juridique (30%), un manque d’information (24%). Les incertitudes concernant le financement (14%) et la crainte d’une baisse de rentabilité (12%) restent minoritaires.
⇒ Quel développement envisageable ?
Une large majorité de salariés et de dirigeants appelle à un soutien accru des pouvoirs publics (91% et 89) et du secteur bancaire (90% et 94), signes que son développement est perçu comme un enjeu stratégique.
Un paradoxe persiste toutefois : bien que positivement perçu, le modèle doit encore « faire ses preuves » (84% et 88). Dans ce contexte, 86% des salariés et 79% des dirigeants souhaitent qu’il prenne davantage d’ampleur dans l’économie dans les années à venir.
Pour en savoir davantage : https://www.les-scop.coop/system/files/2026-06/CG%20SCOP%20-%20CP%20Barome%CC%80tre%202026%20de%20lentreprise%20de%20demain%20-%20Vague%202_%2026%20juin.pdf