Source : le fichier Insee, séries chronologiques.
Une difficulté : les données en autoentreprises et microentreprises sont des immatriculations et non les données des entreprises actives qui ne seront que de l’ordre de 60% d’entre elles. Ce travail ne vise que les seules immatriculations.
La période qui a connu les plus fortes hausses des immatriculations en % (et non en données absolues) est antérieure à l’apparition des régimes de l’autoentrepreneur et de la microentreprise.
A partir des données d’immatriculation des créations d’entreprises depuis 2000, j’ai tenté d’observer comment 3 évènements importants ont influencé les immatriculations d’entreprise nouvelles ; ces 3 évènements sont l’apparition du régime de l’autoentrepreneur en 2008 (et en application début 2019), celle du régime de la microentreprise en 2018 (augmentation des plafonds et donc ouverture à de nouvelles créations dans ce régime, auparavant en entreprise individuelle autre) et la période du covid.
♦ Ces 2 nouveaux régimes ont fortement contribué à la hausse en valeur absolue des immatriculations, notamment au moment de leur apparition, conduisant à la baisse de la création sous d’autres formes :
– Apparition du régime de l’autoentrepreneur en 2008 : 315 501 immatriculations pour la1ére fois en 2009 et 354 657 en 2010 et une baisse ces 2 années des immatriculations en entreprises individuelles autres (-69 564 immatriculations en 2009 et -79 561 en 2010 à comparer à 2008), et nettement moins celles sous forme de société (-9 737 en 2009 et -1 895 en 2010 au regard de 2008).
♦ Après cet engouement, on constate la baisse du nombre de créations sous forme d’autoentrepreneur jusqu’en 2017 (entre 271 850 et 317474 au lieu de 354 657 en 2010) ; pendant cette période, le nombre de sociétés progresse de 21% (entre 2011 et 2017).
♦ Extension du régime à la microentreprise en 2018 : une hausse visible dès 2017 (+32 214 microentreprises), puis en 2018 (+114 0001au regard de 2016) et en 2019 (+ 213 470 au regard de 2016 ou +75%) ; pendant cette période, la progression du nombre de société a modérément évolué entre 2017 et 2019 (+8,2%) et seulement +0,5% entre 2019 et 2020. La hausse des plafonds interroge les nouveaux créateurs sur le choix du régime où celui de la microentreprise semble plus adapté du fait de la hausse des plafonds, permettant de bénéficier de l’exonération de TVA, de la forfaitisation des cotisations sociales appelées seulement s’il y a des recettes et des exigences comptables réduites.
♦ Par contre, si la hausse du nombre de microentreprise se poursuit pendant la période covid (2020-2022, +18%), celle sous forme de société progresse davantage (+31%). La prudence est plus requise, même si en nombre la progression des microentreprises demeure plus importante. Ainsi en tendance, la progression du nombre de création n’a pas été stoppée pendant cette période.
♦ Mais fait souvent oublié, entre 2000 et 2008, ce sont les sociétés qui ont le plus progressé (+79%) vs +37% pour les entreprises individuelles. En 2008, les sociétés sont 46% des créations (vs 26 en 2025).
♦ Qu’en est-il ensuite entre 2023 et 2025 ? +14% de microentreprises, +11% d’entreprises individuelles (toutes) et +12% de sociétés, semblant indiquer un nouvel équilibre entre ces formes de création.
♦ La hausse des créations est-elle davantage due à l’apparition du régime autoentrepreneur ou à celle du régime microentrepreneur ? Le second régime a contribué à plus de création, notamment dans les services, mais aussi dans le commerce et la construction.