15 800 entreprises de l’imprimerie emploient 38 000 salariés EPT.


"Les entreprises de l’imprimerie depuis 2010 : la production recule, les usages se modifient", Insee Première n° 2122, Juillet 2026

Sources : Esane pour les données relatives à l’emploi, la valeur ajoutée, ainsi que des indicateurs de performance. Les analyses de la production imprimée, au niveau des produits, s’appuient sur l’enquête annuelle de production (EAP). La conjoncture de la production dans la branche imprimée est issue des comptes nationaux et des indices des prix à la production. Enfin, les données de consommation des ménages par produit sont issues des comptes nationaux définitifs (base 2020).

 

Le secteur a perdu environ 2 000 entreprises en 8 ans et 33% de son chiffre d’affaires.

⇒ Taille des entreprises de l’imprimerie

Le secteur est composé majoritairement de PME (675 employant 53% des salariés) et de TPE (15 100 et 24% des salariés) ; les 17 ETI emploient 24% des salariés, contre 38% dans l’industrie manufacturière. En comparaison, les PME et les TPE emploient respectivement 25% et 8% des salariés de l’industrie manufacturière. L’intensité capitalistique de l’imprimerie est deux fois moins forte que celle de l’industrie manufacturière. La valeur ajoutée par salarié est moins élevée de 33%, de même que le salaire moyen, de 13%. Les taux de marge et d’investissement sont également plus faibles.

 

82% des salariés de l’imprimerie travaillent dans des entreprises d’impression de journaux et d’autres travaux produits, 16% dans des entreprises de pré-presse, et 2% dans des entreprises de reliure et activités connexes.

Les 17 ETI de l’imprimerie ne réalisent que des activités d’impression de journaux ou d’autres produits. Dans la pré-presse, les TPE emploient 48% des salariés, et les PME 52%, une activité est très peu capitalistique, le travail reposant avant tout sur des équipements informatiques légers et des logiciels graphiques. Dans la reliure et les activités connexes, les PME et les TPE emploient respectivement 73% et 27% des salariés.

⇒ L’evolution 

Au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises de l’imprimerie et leur emploi ont diminué, en lien avec le recul de la production. En 2015, 17 900 entreprises de l’imprimerie employaient 49 400 salariés. En 8 ans, le nombre d’entreprises a diminué de 12% et l’emploi de 23%. Le tissu des entreprises de l’imprimerie est ainsi un peu moins concentré avec en moyenne 2,4 salariés par entreprise en 2023 contre 2,8 en 2015.
Toutefois, la structure est pratiquement inchangée. En 2015, les ETI employaient 23% des salariés de l’imprimerie, les PME 54% et les TPE 23%.

⇒ Le chiffre d’affaires par produit et les coûts

♦ En 2023, 88 % du chiffre d’affaires des entreprises de l’imprimerie est constitué de la vente de produits imprimés ; le reste correspond à la vente de quelques autres produits, comme des puces et composants électroniques fabriqués par des entreprises qui impriment des documents bancaires ou d’identité. 85% des produits imprimés sont réalisés par des entreprises dont l’imprimerie est l’activité principale. Le reste est réalisé par des entreprises d’autres secteurs ayant aussi une activité interne d’impression.

 

Parmi les produits imprimés, les imprimés commerciaux (affiches, catalogues, étiquettes, imprimés de conditionnement, etc.) représentent 45% des imprimés en valeur.
Ensuite, les autres produits imprimés (cartes géographiques, cartes postales, calendriers, etc.) et ceux du pré-presse constituent chacun 15% des produits imprimés. Les journaux et périodiques en représentent 9% en valeur ; il en est de même pour les imprimés fiduciaires (timbres-poste, imprimés fiscaux et administratifs, billets, etc.). Les livres constituent 5% de la valeur de la production, et les activités de finition 2%.

 

Entre 2010 et 2023, le volume de la production imprimée a reculé d’environ 30%. L’impression de journaux et périodiques a été divisé par près de deux, avec l’essor de la diffusion numérique.

Les imprimés commerciaux ont reculé de 38% et le pré-presse de 36% ; l’impression de livres a mieux résisté, avec une baisse limitée à 3%. Seule l’impression fiduciaire a augmenté (+18%), incorporant davantage de dispositifs de sécurité et d’éléments esthétiques.

♦ Pour l’imprimerie, la hausse des prix reflète l’augmentation des coûts, alors que la production continue de reculer. Les produits de l’industrie papetière sont le premier poste des consommations  intermédiaires pour environ 1/3 ; leur prix a augmenté de 31% entre 2020 et 2023. Les encres et les produits chimiques comptent pour un dixième : leur prix a augmenté de 34% sur la même période. L’électricité pèse pour moins de 5%, mais son prix a plus que doublé entre 2020 et 2023. 

 

♦ Ajoutons, le fait que le déficit commercial de la France des produits imprimés s’est alourdi : en 2010, les exportations couvraient 71% des importations ; en 2023, ce taux de couverture est descendu à 51%. Il a chuté de 95 à 62% pour les produits imprimés de type livres, journaux ou affiches. et a diminué de 61 à 47% pour les emballages, le papier hygiénique, les papiers bureautiques ou les autres papiers imprimés. 

⇒ Les dépenses des ménages

Par ailleurs, la dépense des ménages en articles imprimés a baissé de 26% entre 2010 et 2023 et la tendance se poursuit. La part des produits imprimés est passée de 64 à 55% et celle des articles en papier et des cartons imprimés de 36 à 45% ; les papiers à usage sanitaire et à usage domestique ont chuté chacun de 8%,alors que celle des papiers peints s’est accrue de 10% et celle des autres articles en papier et carton  , (papiers cadeaux, papier sulfurisé, etc.) de 18%.

La consommation de journaux a chuté de 57% et celle des revues et périodiques de 52% ; par contre, la consommation de livres imprimés s’est accrue de 2%. La consommation d’articles de papeterie a reculé de 25%.

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/9025306