Source : la base non‑salariés est issue de deux sources administratives, gérées par l’Urssaf et la MSA. Cette étude se limite aux non‑salariés en activité en fin d’année, c’est‑à‑dire à toutes les personnes qui, au 31 décembre, sont inscrites auprès d’un organisme de protection sociale des travailleurs non salariés. Les dirigeants « assimilés salariés » (gérants minoritaires de SARL, dirigeants de sociétés par actions simplifiées, de sociétés anonymes, etc.) ne font pas partie du champ. Tous les pluriactifs (percevant à la fois des revenus d’activité salariaux et non salariaux) sont pris en compte, y compris ceux exerçant à titre principal une activité salariée. Les non‑salariés qui exercent une activité saisonnière récurrente y sont pris en compte.
Cette étude de l’Insee complète celle de l’Urssaf en ayant recours à la même source, alors qu’elle propose des angles de vue différents.
On y trouve quelques différences : un peu moins de non-salarés (-44 000) et un revenu annuel un peu différent (46 897€ dans la publication Urssaf et 4150€ mensuels x 12 mois = 49 800€ pour l’Insee) ; mais ces différences sont plus que modestes.
⇒ Une approche globale :
♦ Fin 2024, en France, 4,33 millions de personnes exercent à titre principal ou secondaire une activité non salariée. Les microentrepreneurs sont 2, 47millions (52%), les gérants majoritaires de société 940 000 (24%) et les autres entreprises individuelles 924 000 (24%) ; ces 2 derniers cumulés sont appelés entrepreneurs classiques. Les pluriactifs (notamment salariés par ailleurs) sont 9,7% au sein des classiques et 31,5% au sein des microentrepreneurs.
♦ Les microentrepreneurs sont plus de 50% dans l’industrie (69%, avec beaucoup d’activités dans l’artisanat d’art), les services aux particuliers (67), les services aux entreprises (60) et les transports (60) ; par contre, ils sont moins présents la construction (49), le commerce et HCR (44,5) et la santé (18 du fait de l’interdiction qu’ont les professions règlementées d’y figurer).
♦ Les gérants majoritaires de société, au sein des entreprises classiques, sont très présents dans le commerce/HCR (74%), l’industrie (73, cette fois des activités à caractère industriel), la construction (70) et les services aux entreprises (60) et aux particuliers (60) ; ils le sont très peu dans la santé (8) et dans les transports (malgré tout 44%).
♦ Les entrepreneurs pluriactifs : la situation varie beaucoup selon les activités fines au sein des grands secteurs d’activité en ce qui concerne les entrepreneurs classiques : plutôt moins dans le commerce, les transports, la construction et l’industrie et davantage dans la santé et les services.
♦ Les non-salariés se répartissent principalement entre les services (dont aux entreprises (28%) aux particuliers (23) et la santé (15), et par ailleurs le commerce (14), la construction (11) ; ils sont peu présents dans l’industrie (5) et les services de transport (4).
⇒ Les non-salariés classiques :
♦ Ils sont 1,864 million dont 940 000 gérants majoritaires de société (en hausse de 2,1% entre 2023 et 2024) et 924 000 autres entreprises individuelles (en baisse de 0,7%).
♦ 5 activités ont progressé entre 2023 et 2024 d’au moins 3,6% : les activités financières (+9,5%), au sein des services aux entreprises le conseil de gestion (+7), les services administratifs et de conseil (+5,2), l’informatique/communication (+4,2) et par ailleurs les activités immobilières (+3,6) ; alors que régressaient d’au moins 4% certaines activités de commerce dont le commerce hors magasin (-6,9) et le commerce de gros (-4,5).
♦ En termes de revenus mensuels, les revenus supérieurs à 5 000€ sont localisés dans les professions médicales (médecine dentiste 10 180€, et commerce de pharmacie avec 6 390€) et de services aux entreprises (droit et comptabilité 8 240€, activités scientifiques et techniques 6 170€) et par ailleurs les activités financières (6 170€).
Par contre ont des revenus inférieurs à 3 000€, toutes les activités de services aux particuliers (entre 1 690 et 2 030€), celles de transport (2 050€), les commerces (entre 1 560 et 2 830€), hors le commerce de gros et les activités immobilières (2 486€).
Les rémunérations en € constants ont progressé de 0,7% entre 2023 et 2024 mais ont baissé de 5,6% entre 2019 et 2024. Pendant cette dernière période, les baisses les plus importantes ont plutôt touché des activités très rémunératrices telles les activités de pharmacie (-16,9%), celles de droit et de comptabilité (-13,5%), celles des activités scientifiques et techniques (-9,6%) et les activités financières (-12,2%) ; noter par ailleurs les fortes baisses pour les activités immobilières (-29,2%) et celles d’architecture et d’ingénierie (-9,8%).
9,6% font état de revenus nuls ou déficitaires, dont 13,7% les gérants majoritaires de société vs 6,5 les entreprises individuelles.
Les services focalisent plus souvent ces revenus déficitaires ou nuls :les services administratifs et de gestion (18,8%), le conseil de gestion (15,7) et l’informatique, communication (14) ; ajoutons les activités immobilières (27,2) et par ailleurs des activités de commerce telles les HCR (17,3), le commerce de détail (17,1, le commerce en ligne notamment) et le commerce de gros (16,5). Par contre ils sont inférieurs à 3,8% dans les activités de santé et de droit et comptabilité.
⇒ Les microentrepreneurs :
♦ Ils sont 2,047 millions dont les 2/3 dans les services, 18% dans l’industrie/la construction et 12% dans le commerce.
La progression de leur effectif entre 2023 et 2024 chiffre +8,2% ; celle-ci est surtout localisée dans les services aux entreprises (+10,2% dont +17,1 dans l’activité services administratif et de soutien +17,1 et l’activité informatique +12,9) et dans les services aux particuliers dans toutes leurs activités (entre +9,5 et +11,3) ; elle l’est aussi dans les VTC (+20,5) ; mais elle chute dans les livraisons à domicile (-5,5).
♦ En termes de revenu (en moyenne 680€ mensuels), les plus élevés sont dans les mêmes activités que pour les entreprises classiques : les services aux entreprises (entre 630€ et 1 340) et la santé (entre 780€ et 1 340) ; pour le commerce/HCR (entre 340€ et 850) et les services aux particuliers (entre 490€ et 650), ils figurent parmi les moins élevés comme ceux des entreprises classiques.
Entre 2023 et 2024, les revenus en euros constants chutent de 2,2% vs +0,7 pour les non-salariés classiques.
♦ En 2024, 39% ont reçu moins de 2 000€ de rémunération mensuelle (dont 23,7% moins de 1 000€), 15,4% entre 2 000 et 2 999€, et 45% au moins 3 000€ (20,7% entre 3 000 et 4 999€ et 24,6% 5 000€ et plus).
Les montants par tranches de revenu comparés à 2019 montrent une hausse de ceux ayant reçu moins de 1 000€ (23,7% vs 22), et une baisse de ceux ayant reçu au moins 5 000€ (24,6% vs 26).
Noter que 8% d’entre eux ont reçu au moins 10 000€ mensuels, mais moins qu’en 2019.
♦ Selon l’ancienneté, plus celle-ci s’installe, plus de revenu est élevé (entre 2 170€ pour moins d’un an d’ancienneté à 5 320€ avec plus de 20 ans (un coefficient multiplicateur de 2,5) ; a contrario le % de revenu nul ou déficitaire passe de 30% à 6,5 à 7,7% (7,7 pour plus de 20 ans).
Enfin selon les régions, 3 affichent le revenu le plus élevé : l’Ile-de-France se détache avec 5 460€, 2 régions (le nord et l’est) entre 4 300 et 4 500€, les autres régions métropolitaines sont proches (entre 3 610 et 4 090€) ; par contre celles des DROM affichent les montants les plus faibles (entre 2 790 et 3 820€) mais aussi le % le plus élevé pour les déficits ou revenus nuls (entre 17,7 et 21,3% vs 9,6 en moyenne).
♦ L’évolution des revenus par grand secteur d’activité entre 2014 et 2024 :
La plus forte concerne les services aux particuliers (107,7 en indice vs 100 en 2014), alors que 2 activité connaissent une régression la santé (indice 90,9) et le transport (90,7).
⇒ Une comparaison entre les non-salariés classiques et les microentrepreneurs par activité.
♦ En termes de revenu en 2024 :
♦ Entre 2013 et 2024 :
En ce qui concerne les effectifs, les non-salariés classiques sont passés de l’indice 100 en 2013 à 92 en 2024, alors que les microentrepreneurs ont triplé leur effectif (de 100 à 294).
Leur revenu a lui aussi progressé davantage, passant de 100 à 135,6 vs pour les classiques de 100 à 107,6 (avec une forte progression en 2018, 2019 et 2021, pour régresser ensuite).
Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/9013403