Une progression de leur nombre de 16% au regard de 2023 (3500) et après 1 800 en 2018.
Ils fédèrent plus de 900 000 adhérents, mobilisent 170 000 bénévoles et accueillent 2 600 volontaires en service civique. Bien plus que des équipements ou des opérateurs économiques, ils constituent des communautés locales qui conçoivent et mettent en œuvre des réponses collectives aux enjeux de leur territoire.
35% sont situés en milieu rural et 21% dans les petites villes et villes moyennes.
⇒ Leurs structures :
34% sont issus d’associations existantes, 29% de collectifs citoyens et 17% d’entrepreneurs ou de collectifs économiques.
Dans les statuts des structures gestionnaires, elles sont très majoritairement associatives (71%), et dans une moindre mesure sous forme coopérative SCIC ou SCOP (10%).
Seules 16% des structures ont été créées directement par une collectivité territoriale, dont 9% par une commune et 7% par une intercommunalité.
Les tiers-lieux concentrent dans un même espace des fonctions qui étaient dispersées entre plusieurs équipements ou structures : en moyenne un lieu réunit plus de 9 activités différentes et s’inscrit dans 3 grandes familles de tiers-lieux (coworking, fablabs, tiers-lieux nourriciers, cafés associatifs, lieux intermédiaires et indépendants, ressourceries, etc.). Cette polyvalence constitue aujourd’hui l’une de leurs principales forces pour attirer et mobiliser les citoyens.
⇒ Leur fonction
– La culture est leur première activité. 70% développent une programmation culturelle ou artistique, 69% organisent des animations socioculturelles et près de 62% accueillent régulièrement des événements. En 2025, ils ont organisé plus de 234 000 événements, avec une fréquentation atteignant les 10 millions de participants.
– Ils sont également devenus un réseau majeur de transmission des savoirs. 71% des tiers-lieux développent des activités de formation, d’éducation populaire et de partage des connaissances. Ils dispensent des formations professionnelles, tantôt produites par le lieu lui-même (59% des tiers-lieux), proposées par des partenaires (56%) ou organisées par les membres du tiers-lieu (44%). En 2025, 235 000 personnes ont été formées dans un tiers-lieu.
– Les tiers-lieux sont également des lieux de travail et de production. 59% proposent des espaces de travail partagés (« coworking ») et 44% disposent d’ateliers de fabrication ou d’espaces productifs. Ils soutiennent ainsi le développement d’activités artisanales, agricoles, industrielles ou créatives et participent à la relocalisation d’activités économiques.
– Cette économie productive s’inscrit pleinement dans les transitions écologiques. Parmi ces tiers-lieux productifs, 58% développent des activités de recyclage et de réemploi, près d’un sur deux pratique la fabrication numérique, 44% travaillent le bois, tandis que d’autres développent des activités de sérigraphie (34%), de textile (32%), des métiers d’art (28%) ou encore de transformation alimentaire (24%).
– Enfin, les tiers-lieux assurent de nombreuses fonctions d’intérêt général : espaces de débat citoyen, médiation numérique, accompagnement des publics, santé, lutte contre la précarité alimentaire, vie associative ou encore insertion. En réunissant ces missions dans un même lieu, ils facilitent l’accès aux services tout en favorisant les coopérations entre acteurs locaux. On vient pour un atelier, un café ou un événement culturel, et l’on découvre au passage d’autres services de proximité ou dispositifs d’accompagnement.
⇒ Des partenaires stratégiques pour les politiques publiques territoriales
75% des tiers-lieux travaillent avec leur commune, 68% avec leur intercommunalité, 52% avec leur région et 48% avec leur département. Seuls 7% déclarent n’entretenir aucun lien avec les institutions publiques.
Cette coopération repose sur une complémentarité. Sans se substituer aux services publics, les tiers-lieux renforcent leur capacité d’action en mobilisant des réseaux citoyens, en expérimentant de nouvelles réponses et en rapprochant les politiques publiques des habitants.
Aujourd’hui, 12% hébergent un service public, 12% portent un agrément Espace de Vie Sociale, 11% accueillent un Conseiller numérique, 10% bénéficient d’une reconnaissance d’intérêt général et 5% participent à un Projet Alimentaire Territorial. Ils permettent d’optimiser les investissements publics et privés.
⇒ Une économie hybride au service de l’intérêt général
Les 4 050 tiers-lieux emploient plus de 16 400 personnes, représentant près de 12 000 équivalents temps plein salariés. Ils font également travailler plusieurs milliers d’indépendants, représentants près de 2 500 équivalents temps plein mobilisés pour faire vivre les tiers-lieux.
Avec un chiffre d’affaires moyen de 108 000€, ils génèrent collectivement près de 440M€ d’activité économique.
Contrairement à une idée reçue, leur modèle économique repose majoritairement sur leurs propres recettes : 55% de leurs ressources proviennent de leurs activités (locations d’espaces, restauration, production, accompagnement, événements, formations, etc.), tandis que 45% correspondent à des financements publics soutenant leurs missions d’intérêt général.
32% des structures déclarent être en déficit ; 28% ont vu leur budget diminuer au cours de l’année écoulée et pour près de 42% la baisse du soutien des partenaires publics constitue un des principaux risques dans les 12 prochains mois. 8% déclarent un risque de fermeture.
40% identifient un risque d’épuisement ou de démotivation des équipes et 23% le risque de devoir s’orienter vers des activités plus rentables, aux dépens de certaines actions d’utilité sociale.
Pour en savoir davantage : https://observatoire.francetierslieux.fr/recensement-2026/