Peu de modification de la conjoncture, si ce n’est une baisse des difficultés de recrutement ou d’approvisionnement.


"TRÉSORERIE, INVESTISSEMENT ET CROISSANCE DES PME / TPE, BAROMÈTRE TRIMESTRIEL", Bpifrance, Rexecode, février 2025,

Méthodologie : Interrogation par voie numérique de 3 940 dirigeants de PME/TPE du 3 au 14 février 2025. L’analyse en première partie porte sur les 1316 premières réponses jugées complètes et fiables reçues. L’analyse en seconde partie porte sur 1307 PME/TPE, dont les réponses ont été redressées par taille d’effectif et secteur d’activité.
Champ : PME/TPE des secteurs marchands non agricoles, de 1 à moins de 250 salariés et réalisant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires.

 

L’enquête concerne aussi un focus sur la complexité administrative (quelle est-elle ? Quelles conséquences pour l’entreprise et comment y remédier ?).

⇒ TRÉSORERIE :

♦ L’érosion de la trésorerie s’interrompt ce trimestre :

– Tant sur l’évolution récente de la trésorerie : 36% des dirigeants font part d’une dégradation et 9% d’une amélioration, 

– Pour la situation actuelle : 34% des dirigeants qualifient leur trésorerie de « difficile».

– Que celle prévisionnelle : 31% anticipent une dégradation de leur trésorerie à court terme (+1point) et 10% une amélioration.

 

♦ Les délais de paiement des clients se seraient allongés au cours du dernier trimestre, sans toutefois rejoindre le point haut atteint fin 2023 (+11 point en solde d’opinion) ; il augmente de 3 points et s’établit au-dessus de son niveau moyen historique (+8 sur 2018-2023).
Le solde d’opinion relatif aux délais de paiement des fournisseurs se stabilise à −1 point.

En conséquence, le solde commercial se détériore.

⇒ Le recours au crédit.

♦ 65% des PME/TPE ont eu recours au crédit pour financer leur exploitation courante, une proportion en hausse depuis la fin d’année 2024 (+3points) mais toujours sensiblement inférieure à sa moyenne de longue période (70% sur la période 2018-2023). 21% des dirigeants ayant recours au financement de court terme ont rencontré des difficultés pour y accéder (vs 17% sur 2018-2024).

 

♦ 47% comptent investir en 2025, une proportion en légère hausse (vs 43% au T4 2024), mais en recul de 4 points sur un an (51% au T1 2024).
Les budgets d’investissement continuent de se réduire. Le solde d’opinion relatif à l’évolution des montants investis poursuit son recul pour s’inscrire à un nouveau record plancher, hors année 2020 (en baisse de 4 et de 11points sur un an) pour s’établir à 20 points sous sa moyenne historique.

41% des dirigeants, prévoyant des investissements en 2024, comptent diminuer le budget dédié à ces dépenses, quand seulement 16% envisagent de l’augmenter (-6 points sur un an).

 

Les principales dépenses d’investissement concernent :

– Le renouvellement d’équipements usagés ou obsolètes (76% au T1 2025, stable) pour l’année2025),
– La modernisation des équipements et installations (61) et l’extension des capacités de production, de vente ou d’accueil (28) sont en retrait depuis plusieurs trimestres (−6 et−10 points), 
– L’introduction de nouveaux produits ou services (35%) regagne un peu de terrain depuis un an mais reste moins prioritaire qu’avant Covid.

– L’objectif de mise aux normes se relâche un peu et retrouve des niveaux proches de ceux observés avant Covid (30% vs 32% fin 2024 et 29% en moyenne pré-Covid,

– Le motif environnemental, en fort progression depuis la crise énergétique, avait nettement reculé à l’été 2024 ; il progresse à nouveau (39%) ; il reste moins élevé qu’en 2023 mais nettement plus élevé qu’avant la crise sanitaire.

 

74% ayant l’intention d’investir au cours de l’année 2025 auraient recours au crédit (bien inférieur à sa moyenne pré-Covid, 82%).19% disent avoir des difficultés d’accès au crédit d’investissement, supérieure à sa moyenne de long terme (17%). 

⇒ Les principaux freins à la croissance.

– 60% la faiblesse de la demande, actuelle ou future, une proportion stable sur le trimestre, mais en forte hausse sur un an (+10 points) ; 24% font face à un manque de débouchés actuellement, et 54% l’anticipent,

– Les difficultés d’approvisionnement (y compris hausse de prix/coûts) s’orientent de nouveau à la baisse (40% et -12 points sur un an).mais 31% n’y sont pas confrontés et 29% se disent non concernés. Seuls 7% disent que cette difficulté les affectent fortement,
– Les difficultés de recrutement diminuent (37%, -10 points sur un an) et nettement inférieure à sa moyenne d’avant Covid (54%),
– Le niveau de concurrence (32%) augmente de +2 points sur le trimestre comme sur an, mais il reste moins contraignant qu’avant Covid (44% sur la période 2018-2019),

– Ajoutons les coûts et prix jugés trop élevés (25%) et la réglementation spécifique à l’ activité pour 18%,
L’accès au financement reste un frein minoritaire et globalement stable (10%), mais le manque de fonds propres est évoqué par 15% des dirigeants. 

⇒ 2 autres difficultés d’importance.

♦ L’incertitude politique : 94% (dont 61% fortement) craignent que le contexte d’incertitude politique affecte leur activité (+10 points par rapport à fin août 2024). Les ordres de grandeur sont similaires pour les TPE ou les PME. 

 

Quelles conséquences ?

– Les conséquences anticipées sur l’emploi s’intensifient : 39% des dirigeants qui avaient des projets d’embauches comptent les maintenir (en baisse de 7 points depuis fin août) ; 34% prévoient de les reporter et 27% de les annuler (+8 points).

– L’impact sur les projets d’investissement s’amplifie également. Parmi ceux ayant des projets d’investissement, 35% prévoient de les maintenir, 39% de les reporter, 26% de les annuler (en hausse de +5 points).

Parmi ceux prévoyant de maintenir leurs projets d’investissement, 64% comptent les maintenir tels quels, 21% d’en réduire les montants et 16%de les réorienter. 

Les TPE sont moins optimistes : 30% prévoient d’annuler leurs projets d’embauches (+9 points ce trimestre) ou d’investissement (+6 points), une proportion deux fois plus élevée que chez les PME.

 

♦ La complexité administrative.

 

– Le niveau de complexité des démarches administratives au cours des 2 dernières années.

* L’application des règlementations environnementales est perçue comme la démarche administrative la plus complexe : 63% de ceux qui ont déjà eu à effectuer cette démarche au cours des 2 dernières années la qualifient d’assez ou très compliquée.
* L’obtention d’une aide publique ou d’un crédit d’impôt arrive en 2éme position pour 60% des dirigeants ayant entrepris cette démarche.
* Les démarches administratives à entreprendre pour se séparer d’un salarié sont également souvent jugées compliquées par 59% des dirigeants ayant été confrontés à cette situation, beaucoup plus que pour embaucher (30%, qu’il s’agisse d’un salarié français ou étranger).
* Les démarches pour construire ou transformer des locaux et pour candidater à un marché public apparaissent complexes pour prés de la moitié des dirigeants ayant effectué ces démarches (49 et 46%).
* La déclaration et le paiement des impôts et cotisations sociales sont jugées relativement simples. Le dépôt ou la clôture des comptes également, contrairement à la modification des statuts de l’entreprise (41% de ceux ayant entrepris la démarche).
* Les démarches pour exporter sont aussi souvent jugées simples que compliquées (par 1/4 des dirigeants concernés chacun), l’autre moitié n’ayant pas d’avis).

 

– Conséquences de la complexité administrative sur l’activité et/ou le résultat de l’entreprise :

* La complexité des démarches administratives est coûteuse en temps, pour le dirigeant de l’entreprise.74% d’entre eux (75 dans les PME et 69 dans les TPE) doivent mobiliser de leur temps, tout comme 32% du travail des salariés (47% chez les PME et 29 chez les TPE),

 * 49% font appel à des prestations de services extérieures pour effectuer ces démarches ; 12% ont investi dans des équipements ou logiciels spécifiques pour réaliser ces démarches, et 5% ont dû modifier leurs produits et/ou leurs process en conséquence,

 

– Les principaux axes d’amélioration pour simplifier les démarches administratives jugées assez ou très compliquée à effectuer :

* Une simplification des formulaires et la réduction des délais de traitement des démarches par l’administration (pour 44% d’entre eux chacun).
* La stabilité règlementaire (39%) et une clarification/explication des textes règlementaires (27%), voire un accompagnement par l’administration (23%).
* L’application stricte du principe «dites le nous une fois» (25%), permettant de ne plus avoir à fournir de pièces justificatives déjà détenues par l’administration.

* La réduction du nombre d’interlocuteurs (25%), 

* La réduction des délais de paiement ou de remboursement par l’administration (18%),

* La dématérialisation des démarches (14%).

 

Pour en savoir davantage : https://presse.bpifrance.fr/barometre-bpifrance-le-lab-rexecode-tresorerie-investissement-et-croissance-des-pmetpe-au-1er-trimestre-2025-un-contexte-politique-toujours-plus-pesant