Méthodologie : échantillon de 403 dirigeants, représentatif des entreprises Françaises d’un salarié et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de secteur d’activité, de taille d’entreprise et de région d’implantation, interrogé entre le 19 et le 30 mars 2026, par téléphone sur système CATI.
« Sondage Opinion Way pour Rydge Conseil ».
Un sondage dont les résultats sont trés riches, mais l’échantillon restreint, ce qui ne m’a pas empêché de l’analyser dans le détail, ne serait-ce que pour repérer des constats intéressants à conforter par la suite.
⇒ Les motivations des entrepreneurs.
♦ Les valeurs mises en avant : 27% la responsabilité, 25 le goût du défi, 22 la liberté, 13 la création et 12 la transmission.
– Ces valeurs sont différemment citées selon l’activité exercée : ceux de l’industrie valorise la création et la transmission et sont nettement moins sensibles au goût du défi et de la liberté, alors que ceux du commerce le sont bien davantage pour ces 2 dernières valeurs ; ceux de la construction s’inscrivent davantage dans le goût du défi et ceux des services davantage dans la responsabilité.
– Les différences sont plus explicites selon la taille des entreprises : les PME et de taille au-delà sont nettement plus sensibles à la responsabilité et au goût du défi, alors que les dirigeants de TPE le sont davantage pour la liberté.
– Par contre les différences sont peu marquées en ce qui concerne les âges des dirigeants, et leur genre, avec pour ce dernier item des hommes plus sensibles à la responsabilité et des femmes plus enclines à valeur liberté.
♦ Les sources de fierté majeures chez les entrepreneurs : avoir résisté aux crises (27%), la réussite commerciale (23), le fait d’avoir fait grandir des personnes (21) et celui d’avoir créé de l’emploi (21).
– Ces valeurs sont différemment citées selon l’activité exercée : ceux de la construction privilégient la résistance aux crises, et la création d’emploi mais fort peu le fait d’avoir contribué à faire grandir des personnes, alors que ce dernier item est le plus cité par ceux des services, qui ont par ailleurs peu développé l’emploi.
– Les différences sont plus explicites selon la taille des entreprises : les TPE valorisent bien plus la résistance aux crises et la réussite commerciale, alors que les autres tailles mettent en avant le fait d’avoir crée de l’emploi et bien plus encore le fait d’avoir fait grandir des personnes.
– En ce qui concerne les âges des dirigeants, les moins de 45 ans citent plus souvent le fait d’avoir crée de l’emploi et celui d’avoir fait grandir des personnes, alors que ceux de plus de 45 ans sont plus sensibles au fait d’avoir résisté aux crises.
– Enfin en ce qui concerne le sexe des dirigeants, les femmes citent plus le fait d’avoir résisté aux crises et les hommes celui d’avoir créé de l’emploi.
♦ Les émotions mitigées ou négatives dominent (32% la pression ressentie, 19 la fatigue et 16 le doute) face aux émotions positives (25 la fierté et 7 l’excitation).
– Ces valeurs sont différemment citées selon l’activité exercée : la construction et les services expriment davantage d’émotions positives, notamment la fierté, alors que ceux du commerce et de l’industrie sont plus sensibles au doute ; noter que la pression est le plus ressentie par ceux de la construction et la fatigue par ceux de l’industrie et du commerce.
– En ce qui concerne les tailles, plus l’entreprise est grande, plus les émotions exprimées sont positives, qu’il s’agisse de la fierté ou de l’excitation. Par contre, ceux en TPE et PME disent plus souvent la pression vécue, perçue comme négative.
– En ce qui concerne les âges, les émotions positives sont davantage le fait des moins de 45 ans, alors que les plus de 45 ans citent plus souvent la pression.
– En ce qui concerne le sexe, les émotions positives chiffrent pour l’un et l’autre sexe 32% (comme la moyenne) ; par contre, les femmes sont plus sensibles à la pression et les hommes au doute.
⇒ Les responsabilités et arbitrages au quotidien.
♦ Quelles sont les responsabilités qui les interrogent le plus : la survie de l’entreprise (50%) devant l’impact sur leur famille (21), sur l’emploi de leurs collaborateurs (13), leurs décisions stratégiques (11) et l’impact sur le territoire.
– La survie de l’entreprise préoccupe davantage ceux de l’industrie (62 vs 46-49), les TPE (52 vs 37 et 26 pour les plus grandes), les 45 ans et plus (54-56 vs 37).
– L’impact sur la famille concerne davantage ceux des secteurs construction et commerce (27 vs 13-18), et les moins de 45 ans (30 vs 17-18).
– L’emploi des collaborateurs inquiètent davantage les PME et au-delà (30 et 22 vs 10 les TPE) et ceux de moins de 45 ans (17 vs 10-13).
– Les décisions stratégiques concernent bien plus les PME et au-delà (17 et 24 vs 10 les TPE).
♦ Ce qui a leur sens rend l’exercice de l’entrepreneuriat le plus difficile : la pression financière (34%), la complexité administrative (27%), la difficulté à recruter (15%), l’instabilité géopolitique (12%), les bouleversements technologiques, environnementaux et sociaux (6%) et l’absence de visibilité réglementaire (5%).
– La pression financière est davantage citée par ceux de la construction et des services et par les moins de 55 ans, alors qu’elles l’est moins par l’industrie et par les PME et au-delà.
– La complexité administrative est davantage le fait des 55 ans et plus et moins celui des PME et au-delà ou encore pour les femmes.
– La difficulté à recruter est largement citée par les PME et au-delà et un peu moins par ceux de la construction et les moins de 45 ans.
– L’instabilité géopolitique est largement citée par les PME et au-delà, par ceux de l’industrie et de la construction.
– Les bouleversements technologiques, environnementaux et sociaux sont surtout évoqués par ceux de l’industrie.
♦ Quels sont les fondements qui conduisent à des décisions importantes : à des niveaux proches, l’attente d’avoir toutes les informations (48%), le fait de décider rapidement et de l’assumer (46%), celui de consulter largement les équipes (41%) et plus modestement celui de consulter des experts externes (33%).
– Attendre d’avoir toutes les informations concerne davantage les PME et au-delà, ceux de l’industrie et des services, et les moins de 45 ans.
– Consulter largement les équipes est bien plus le fait des PME et au-delà, des services et de ceux de moins de 55 ans, mais nettement moins le fait des TPE, ceux de la construction et du commerce et des plus de 55 ans, disposant de peu d’équipe ou inscrits dans une culture où l’employeur décide seul.
♦ L’arbitrage entre le développement de l’entreprise et le patrimoine personnel : la recherche d’équilibre (31%) précède la priorité à la sécurisation du patrimoine personnel (22%) et le réinvestissement total dans l’entreprise (19%).
La recherche d’équilibre est davantage le fait des 45-54 ans, de ceux de l’industrie et des services, alors que la recherche prioritaire de sécurisation du patrimoine personnel concerne plus souvent ceux de la construction et les plus de 55 ans ; le réinvestissement dans l’entreprise est davantage le fait des plus grandes entreprises, de l’industrie et du commerce, des 55 ans et plus et des hommes, mais peu celui des femmes, et de ceux de la construction et des services.
⇒ Les soutiens face aux difficultés.
♦ Le sentiment de solitude chez les entrepreneurs : 33% se sentent souvent seuls, 26% parfois, 20% rarement et 21% jamais.
Se perçoivent seuls trés souvent ou parfois sont ceux de l’industrie et du commerce, les 45 ans et plus et les hommes, alors que ceux de la construction et des services, les PME et au-delà et les moins de 45 ans disent se sentir rarement ou jamais seuls.
♦ Leurs interlocuteurs privilégiés pour exprimer leurs doutes sont d’abord le conjoint et la famille (49%), loin devant leurs équipes les plus proches (17%), le cercle restreint d’autres entrepreneurs (9%) ou leurs conseils (7%).
Ceux en TPE, les femmes et les moins de 45 ans font le plus appel au conjoint et à la famille. Les femmes et les moins de 45 ans font aussi plus souvent appel à leurs équipes les plus proches, tout comme ceux des services. Font davantage appel à leur cercle restreint d’entrepreneur, les TPE, ceux de la construction et de l’industrie et les moins de 45 ans, alors que seuls les PME et ceux de l’industrie font un peu plus souvent appel à des conseils extérieurs.
♦ Dans les moments difficiles, ce qui les fait continuer : leur responsabilité sociétale (28%), leurs équipes (22%), leurs clients (20%), leur projet (17%) et leur soif d’entreprendre, plutôt faible (10%).
Leur responsabilité sociétale est le motif le plus fréquent pour ceux de l’industrie et les moins de 45 ans, alors que leurs équipes sont un des mobiles plus fréquent pour les PME et au-delà, voire les femmes ; les clients sont une raison citée plus souvent par les 55 ans et plus, les femmes, les TPE et ceux de l’industrie. Enfin, les PME et les moins de 45 ans s’appuient plus souvent sur leur projet et ceux de la construction et les 45-54 ans sur leur besoin d’entreprendre.
⇒ Perspectives et bilan :
♦ Leur positionnement face aux grandes transformations actuelles : les émotions positives dominent (51%), notamment avec une attitude de vigilance et de confiance (42%), alors que les émotions négatives (48%) se traduisent surtout par une inquiétude sur l’avenir (40%), plus que par le fait d’être dépassés par les transformations encours (8%).
Ceux qui expriment les émotions les plus positives sont les PME et au-delà, les moins de 55 ans et ceux de la construction et des services, alors que ceux qui sont le plus dans les émotions négatives sont les 55 ans et plus, les TPE et ceux de l’industrie et du commerce.
♦ Et si c’était à refaire : 72% disent oui dont 51 sans hésiter, 14% non et 14% ne savent pas se prononcer.
Sans hésiter, ce sont les PME, les 55 ans et plus et ceux de la construction et de l’industrie (pourtant souvent exprimé en situation plus difficile). Le ferait différemment plus souvent les 45-54 ans, ceux du commerce et les TPE. Noter qu’il n’y a pas de différences notables entre les femmes et les hommes.
Noter que ne savent pas se prononcer, les moins de 45 ans et les entreprises les plus importantes en taille.
⇒ En définitive, que dire des différentes caractéristiques observées :
La caractéristique la plus pertinente parait la taille de l’entreprise où TPE et PME et au-delà se différencient nettement, ce que l’on constate dans nombre d’autres études.
Les données sur les secteurs d’activité me paraissent plus aléatoires, au regard d’autres travaux : la construction s’affiche en situation souvent favorable, alors que leur situation dans nombre d’enquête apparait plus en difficulté (c’est le cas dans la conjoncture actuelle) , alors que pour l’industrie (mais de quelles activités parle-t-on !), la situation serait plutôt l’inverse ; par contre, observons la similitude entre le commerce et les services.
Enfin les données sur l’âge montrent un décalage entre les moins de 45 ans en création plutôt récente et les 55 ans en fin de course et paraissent pertinentes. Plus étonnant est la grande proximité entre les hommes et les femmes, alors que dans les enquêtes les décalages sont souvent plus marqués.
⇒ 3 profils par les auteurs du sondage, (mais sans connaitre leur poids dans le sondage).
♦ “Le gardien responsable” pour qui diriger est un devoir. La performance passe après la responsabilité. Il reste vigilant face aux crises. Mais ils se sent seul et en tension constante. Ses mots d’ordre sont « protéger aujourd’hui pour assurer demain ». Mais au fond, une certitude demeure : si c’était à refaire, il le referait.
Son profil : un dirigeant de TPE, de 55 ans et plus, plus souvent dans le secteur de l’industrie ou du commerce. Il se caractérise par :
– Son état d’esprit au quotidien : Il ressent avant tout la pression (37%). Pour lui, l’esprit d’entreprise s’incarne dans la responsabilité (31%),
– Son rapport à la responsabilité : ce qui lui importe le plus est la survie de l’entreprise (56%) en lutte avec le frein principal, la complexité administrative (32%),
– Il se sent seul face aux décisions importantes (63%), alors qu’ils gardent leurs doutes pour eux et n’en parlent à personne,
– Avant de trancher, il attend d’avoir toutes les informations (44%),
– S’il est inquiet pour l’avenir (44%) et se sent parfois dépassé par la vitesse des changements (16%), il repartirait sans hésiter si c’était à refaire (57%),
– Son moteur : dans les moments durs, il continue par fidélité à sa responsabilité sociétale (29%) et à ses clients (25%).
♦ “Le leader collaboratif, dont la performance durable repose sur l’humain. Il est centré sur le collectif, les équipes faisant la réussite.
Son profil : un dirigeant d’ETI, plus féminin. Il se caractérise par :
– Son état d’esprit au quotidien: Il oscille entre la pression (33%) et la fierté (29%),
– Son rapport à la responsabilité ; ce qui l’empêche de dormir, c’est l’emploi de ses collaborateurs (30%) avec un défi majeur, la difficulté à recruter (33%),
– Il est un peu moins sujet à la solitude (47%) et confie ses doutes à ses équipes les plus proches (39%) ou à ses conseils (13%),
– Sa méthode de décision est claire : il consulte largement ses équipes (69%).
– Sa confiance en l’avenir est le moteur de son action : face aux transformations comme l’IA ou l’écologie, il reste vigilant mais confiant (63%). Sa fidélité à l’entrepreneuriat est solide (61%)
♦ L’optimiste pionnier pour qui l’action prime. Oser, c’est déjà réussir. Ses mots d’ordre sont « innover et aller vite, prendre tous les trains marche ».
Son profil : un dirigeant de PME, de moins de 45 ans, plutôt dans les services. Il se caractérise par :
– Son état d’esprit au quotidien : c’est le champion de la fierté (34%) ; il est le plus habitué à exprimer un enthousiasme notable (15%) ; pour lui, l’entrepreneuriat est synonyme de goût du défi (34%),
– Son rapport à la responsabilité : plus que l’entreprise, c’est l’impact sur sa famille qui lui pèse le plus (30%), avec un frein principal : la pression financière (37%),
– Il est moins sujet à la solitude : seulement 3% se sentent « très souvent » seuls ; d’ailleurs, Il se confient principalement à leur conjoint ou à leur famille (33%),
– Il aime l’action : sa priorité est de décider rapidement et assumer (47%).
Sa confiance en l’avenir et le moteur de son action : 77% ont des émotions positives face aux grandes transformations actuelles. S’il devait refaire ce choix, il dirait oui à 79%.
Son moteur: Il est davantage porté par son projet (24%).
Pour en savoir davantage : https://www.opinion-way.com/fr/publications/les-entrepreneurs-et-lesprit-dentreprise-2026-23159/