Les eco-activités : quelles en sont les activités, combien sont-elles et quels en sont les impacts économiques ?


"Les éco-activités en France : état des connaissances en 2025" SDES, février 2026

Les éco-activités regroupent les entreprises, administrations et associations ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion durable des ressources naturelles.

 

Les éco-activités progressent plus vite que l’ensemble de l’économie, tant dans la valeur ajoutée que dans l’emploi. Cette croissance repose principalement sur les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie.

 

♦   Les éco-activités représentent 2,6% de la valeur ajoutée produite en France en 2023 (65,7Mds€).

Cette part a nettement progressé depuis 2004 (1,8%). La progression a été particulièrement marquée dans la deuxième moitié des années 2000. Plus récemment, la forte croissance de 2021 est liée à un effet de rattrapage après le confinement de 2020 qui avait entraîné l’arrêt temporaire de nombreuses activités. En revanche, en 2023, la hausse de la valeur ajoutée des éco-activités est restée légèrement inférieure à celle de l’ensemble de l’économie (5,2% contre 7,2% pour l’ensemble de l’économie, en prix courants). Au total, entre 2004 et 2023, la valeur ajoutée des éco-activités progresse en moyenne de 4,7% par an, contre 2,7% pour l’ensemble de l’économie.

 

♦ Les éco-activités sont structurées en 15 domaines environnementaux distincts : les énergies renouvelables sont le 1er contributeur avec 21,4% de la valeur ajoutée du total. Elles sont suivies par la gestion des déchets (15,8%) et par la maîtrise de l’énergie (14,6%).

Entre 2004 et 2023, la valeur ajoutée progresse dans l’ensemble des domaines, notamment dans les énergies renouvelables et dans la protection des sols et des masses d’eau, où la valeur ajoutée est presque multipliée par six.

La maîtrise de l’énergie est également en forte hausse avec une valeur ajoutée multipliée par plus de 2,5. Ces fortes évolutions s’expliquent en grande partie par une croissance soutenue liée aux politiques d’atténuation du changement climatique qui ont favorisé le développement de ces activités.

À l’inverse, la progression est nettement plus modérée dans des domaines historiquement importants comme la gestion des déchets et la gestion des eaux usées. 

 

♦ De plus en plus d’emplois dans les éco-activités.

On recense 817 300 ETP (2,8% de l’ensemble des ETP en France). Entre 2004 et 2023, l’emploi a progressé en moyenne de 3,5% par an (vs 0,8% pour l’ensemble des emplois). Le nombre d’emplois est ainsi passé de 422 400 en 2004 à 817 300 en 2023. Ces 3 dernières années sont marquées par une forte augmentation en 2021 (+ 11,5%), suivie de hausses moins marquées en 2022 (+ 5,5%) et en 2023 (+ 1,7%).

 

Près des 2/3 se situent dans 4 domaines environnementaux : la production d’énergies renouvelables (+376% entre 2004 et 2023), la protection des sols et des masses d’eau (+375) majoritairement liée à l’agriculture biologique, la maîtrise de l’énergie (+74) et la gestion des déchets (+37).

4 autres domaines ont aussi connu une forte évolution en nombre d’emplois, quoique avec un petit nombre d’emplois : ce sont la protection de l’air extérieur (+109%), la récupération de matières pour le recyclage (+93), la gestion des ressources en eau (+81), l’ingénierie environnementale (+76) et  la protection de la biodiversité et des paysages (+73).

2 activités ont connu une régression : la gestion  durable de la forêt (-30%) et la protection contre les radiations (-16).

 

 

♦ Le déficit de la balance commerciale des éco-activités se creuse : les exportations s’élèvent à 14Mds€, tandis que les importations chiffrent 27,5 Mds€. 

La protection de l’air extérieur est le domaine générant le plus d’échanges et surtout le plus fort volume d’importations (15,5 Mds€). Il s’agit également du domaine présentant la balance commerciale la plus déficitaire avec un solde de – 11,25 Mds€ du fait des échanges de véhicules électriques.

Les énergies renouvelables constituent le 2éme domaine le plus déficitaire avec un solde commercial de – 4,5 Mds€, du fait de la forte augmentation des importations de biocarburants (3,75 Mds€).

À l’inverse, la récupération de matières pour le recyclage est le seul domaine affichant un excédent commercial avec un solde positif de + 3,55 Mds€, reposant principalement sur les échanges de matières premières issues de la récupération en vue du recyclage, en particulier les métaux ferreux et non ferreux.

 

♦ La part des éco-activités dans la valeur ajoutée brute totale dans les pays de l’Union européenne en 2022 :  la France chiffre 1,9% vs pour les pays du nord (entre 2,5 et 4,5%), notamment en Finlande (4,5%), Autriche (4,1), Suède (3,9), Pays-Bas (3,6), Lettonie et Estonie (3,1 à 3,5), Danemark (2,7), Allemagne (2,5). 

 

♦ En conclusion, un tableau récapitulatif : 

 

Pour en savoir davantage : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-eco-activites-en-france-etat-des-connaissances-en-2025