L’emploi dans les start-ups a progressé en 5 ans en Ile de France de 60%.


"Les start-ups en Île-de-France : une forte dynamique de l’emploi", Insee Analyses Ile de France N°211, Crocis, novembre 2025

Sources :  Insee Fare (2019 à 2022), Liaisons financières (Lifi, 2022), la base Tous salariés (2017 à 2022) et Flores (2022). Les sources externes portent sur les aides spécifiques aux start-up entre 2015 et 2022 : Crédit Impôt Recherche ou innovation de la DGFiP, aides de l’Acoss pour les Jeunes entreprises innovantes ou universitaires, aides à l’innovation (dont les concours i-Lab et i-Nov) accordées notamment par Bpifrance et l’Ademe et programme French Tech 120 de la Mission French Tech du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.

 

3 catégories constituent les start-ups d’Ile de France : les innovantes (69% des emplois en 2022 et en progression en 5 ans de 64%), les gazelles en progression de 113% et les entreprises ayant levé des fonds (+23% de progression dans l’emploi).

⇒ Une vision globale.

En 2022, près de 8 800 start-ups sont implantées en Île-de-France et emploient 81 690 salariés en équivalent temps plein (EQTP).

♦ En Île-de-France, les start-ups concentrent 17% de l’emploi salarié des jeunes entreprises de moins de 8 ans, alors qu’elles ne représentent que 2,4% de ce tissu. Elles se distinguent nettement de celles des autres régions où, en moyenne, 9% de l’emploi salarié des jeunes entreprises est attribuable aux start-ups.

 

♦ Ces entreprises relèvent de l’une des trois situations suivantes (non exclusives l’une de l’autre) : ce sont des jeunes entreprises innovantes (56 640 emplois), ou des gazelles bénéficiant d’une forte croissance de leur chiffre d’affaires dans leurs premières années (35 240 emplois) ou encore celles ayant réalisé d’importantes levées de fonds rapidement après leur création (14 000 emplois). Noter que 23 500 emplois sont localisés à la fois dans les entreprises innovantes, dans les gazelles et dans des levées de fonds.

 

♦ Les start-ups franciliennes sont en moyenne plus grandes que les jeunes entreprises dans leur ensemble (9,3 salariés en équivalent temps plein, contre 1,3). L’emploi y est un peu moins concentré : les 10% des start-up les plus pourvoyeuses d’emplois concentrent ainsi 60% de l’emploi contre 72% pour les jeunes entreprises.

 

♦ Plus de la moitié des salariés des start-ups franciliennes exercent des emplois de cadres, contre seulement un cinquième dans les jeunes entreprises. Cette surreprésentation s’explique par la forte présence d’ingénieurs et de cadres techniques mais aussi, dans une moindre mesure, de cadres administratifs et commerciaux. À l’inverse, les salariés moins qualifiés (employés et ouvriers) sont beaucoup moins présents dans les start-ups (28 contre 61%).

 

♦ Les salariés des start-ups sont également plus jeunes en moyenne (36 ans contre 39 ans). L’emploi est légèrement plus féminisé (36% des emplois, soit 3 points de plus que dans l’ensemble des jeunes entreprises).

⇒ Les 3 types de start-up. 

♦ Les start-ups innovantes représentent 73% des start-up franciliennes et 69% des emplois salariés. Elles emploient nettement plus de cadres et professions intellectuelles supérieures que les autres start-up (67% des effectifs) et notamment d’ingénieurs et de cadres techniques (44%). Le recours aux apprentis et aux stagiaires y est un peu plus fréquent (13% des emplois, contre 10% dans l’ensemble des start-ups).

 

♦ Par contre les gazelles sont celles qui ont le plus grand nombre de salariés (en moyenne 43,5 emplois vs entre 6 et 9 pour les 2 autres catégories), alors qu’elles ne sont que 9% des start-ups. La proportion de CDI est plus forte (85% vs 80 en moyenne dans l’ensemble des start-ups). Les cadres y sont proportionnellement moins nombreux que dans l’ensemble des start-ups (48% contre 55) alors que les ouvriers y sont plus présents (18% contre 11).

 

♦ Les entreprises ayant levé des fonds représentent 1/4 des start-up franciliennes. Elles concentrent 17% des emplois des start-ups, bien que la moitié d’entre elles n’aient aucun salarié. Cette spécificité s’explique par leur structure juridique et leur secteur d’activité : 18% sont des holdings, 12% exercent dans la gestion de fonds et 10% dans le conseil.

 

Des spécificités. 

♦ Le salaire net annuel médian perçu dans les start-up innovantes (36 000€) est le plus élevé de toutes les catégories (31 600€ pour celles ayant levé des fonds et 30 400€ pour les gazelles). Cela s’explique par la plus forte proportion de cadres.

Pour autant, les gazelles connaissent les rémunérations les plus élevées pour leurs dirigeants ou/et actionnaires (71 300€ vs 52 500 à 55 100€ pour les 2 autres catégories).

Les cadres sont à peine mieux rémunérés (+3,2%) que dans les non start-ups. Noter aussi que les dirigeants des start-ups ont un salaire plus élevé que les autres catégories professionnelles, notamment que les cadres (écart de 25%).

♦ Plus de la moitié des emplois dans les start-ups relèvent de deux secteurs : l’informatique et communication (38%, mais 49 dans les entreprises innovantes) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (19%), alors que le secteur prépondérant pour les autres jeunes entreprises est celui du commerce, transport, HCR (36%), voire le BTP (15% vs 0,5 à 6,7%).

♦ Les emplois franciliens dépendant de start-up sont majoritairement concentrés à Paris (57%), devant les Hauts-de-Seine (14%), la Seine-Saint Denis et le Val-de-Marne avec 8 et 7%.

En Île-de-France, 20 emplois sur 1 000 dépendent de start-up. Ce ratio est nettement plus élevé à Paris (37‰). Il dépasse même 50‰ dans les 2e, 3e et 8e arrondissements. Par ailleurs, certaines communes franciliennes affichent une densité d’emplois liés aux start-ups particulièrement élevée : elle est supérieure à 40‰ notamment à Montreuil, Saint Mandé et Vincennes, ainsi que dans plusieurs communes de la communauté d’agglomération Paris Saclay, notamment Verrières-le-Buisson, Gif-sur-Yvette et Palaiseau.

⇒ Les évolutions depuis 2017.

♦ En nombre d’entreprises : en 2022, l’Île-de-France compte 27% de start-up de plus qu’en 2017 (de 6 940 en 2017 à 8 790 en 2022). Ce sont les gazelles qui ont connu les plus fortes hausses (+72% vs +24 à +28 pour les 2 autres catégories). Ces hausses se sont surtout produites en 2021 et 2022.

♦ En nombre d’emploisen 5 ans, l’emploi salarié dans les start-ups s’est accru de 60%, pour atteindre 81 690 emplois, contre 50 910 en 2017. Cette dynamique dépasse nettement celle observée pour l’ensemble des jeunes entreprises, dont l’emploi salarié a crû de 35% sur la même période. Leur taille moyenne a aussi sensiblement augmenté, passant de 7,3 à 9,3 salariés. Noter que la crise sanitaire de 2020 n’a pas interrompu la dynamique à la hausse du nombre de start-up.  Dès 2019, un léger repli de l’emploi salarié est principalement lié aux entreprises ayant levé des fonds ; en 2020, la baisse s’accentue (-6%). Les gazelles et les entreprises ayant levé des fonds génèrent, en effet, des volumes d’emplois inférieurs respectivement de 15% et de 12% à ceux de 2019.

Noter qu’entre 2017 et 2022, le nombre de salariés travaillant dans les gazelles a doublé (+113 %) alors que le nombre de gazelles a augmenté de 72%.

♦ L’observation, de 2018 à 2022, d’une cohorte d’entreprises franciliennes créées en 2017 et identifiables comme start-up au moins une année sur la période, permet de mieux appréhender ces évolutions individuelles. En 2018, ces entreprises emploient en moyenne 3 salariés, contre un seul pour l’ensemble des jeunes entreprises créées en 2017.

 

Entre 2018 et 2022, l’effectif moyen (en EQTP) des entreprises de la cohorte a plus que triplé, alors que celui des jeunes entreprises a doublé. L’évolution pour les futures gazelles reflète cette tendance : leur nombre de salariés est passé de 14 en 2018 à 40 en 2022. La progression est encore plus forte pour les entreprises innovantes, dont l’effectif moyen a augmenté de 3 à 12 salariés.

 

♦ La structure des emplois a évolué au fil des années. L’emploi progresse quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle entre 2018 et 2022. Néanmoins, l’augmentation est nettement plus rapide pour les cadres, dont les ingénieurs et cadres techniques. En conséquence, la part des cadres et professions intellectuelles supérieure est passée de 39 en 2018 à 51% en 2022, portée notamment par la hausse des ingénieurs et cadres techniques (de 22 à 31%). À l’inverse, les parts des employés (24% en 2018) et des ouvriers (17%) ont reculé respectivement de 6 et 4 points sur la période.

L’emploi des entreprises de la cohorte semble avoir été affecté par la crise sanitaire de 2020, mais modérément : l’effectif moyen a continué de croître en 2020, quoique à un rythme plus limité que les années antérieures ou postérieures à la crise.

⇒ Quelques points essentiels pour chacune des 3 catégories : 

♦ Les entreprises innovantes sont 73% des start-ups et 69% des emplois : l’emploi moyen a progresse de 3 à 12 salariés en 5 ans. Ces entreprises emploient plus de cadres (67% vs 48 et 50 les 2 autres catégories, notamment ingénieurs et cadres techniques, 44% vs 29-30). Elles exercent davantage dans les activités informatiques (49% vs 28-29) et scientifiques/techniques (23% vs 12-17). Ces données illustrent leur spécificité (mise en œuvre et développement de l’innovation), à la différence des 2 autres activités plus tournées vers le développement “industriel”. 

 

♦ Les gazelles, quoique peu nombreuses en entreprises (9%) chiffrent 43% des emplois salariés. On y trouve le plus de CDI (85% vs 79), d’ouvriers (18 vs 3 et 11). C’est là aussi que la rémunération des dirigeants et actionnaires est la plus conséquente (71 300€ vs 52-55 000€). La hausse du nombre de salarié en 5 ans est la plus conséquente (+113% vs +64 les innovantes et +23 les entreprises ayant levé des fonds). Ces entreprises sont davantage présentes dans les activités commerce/HCR/transport où les non start-ups sont les plus présentes.

 

♦ Les entreprises ayant levé des fonds sont 26% des entreprises et 17% des salariés. Elles affichent une proximité plus grande avec les gazelles qu’avec les innovantes (en termes de  poids des cadres, des ouvriers et des employés). Leur évolution sur 5 ans a connu le ralentissement de la conjoncture, notamment dans la progression de l’emploi (+23% vs +64 et +113 les autres). Les activités exercées sont proches de celles des gazelles. 

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8668983

ou https://www.cci-paris-idf.fr/fr/prospective/crocis/economie/start-up-emploi