Méthodologie : la Banque de France a collecté les bilans d’entreprises présentant ces trois caractéristiques dans la base FIBEN au 10 juillet 2026 et retenu les start‑up qui répondent à au moins un des deux critères suivants : un chiffre d’affaires supérieur à 750 k€ en 2024 ou en 2025 et des levées de fonds supérieures à 3 M€. Ainsi, l’étude de la Banque de France s’intéresse aux start‑up les plus avancées de cet écosystème (2 640 start‑up interrogées, parmi les 6 300 entreprises innovantes par la Banque de France) ; selon la French Tech, on compte plus de 18 000 start‑up.
Le terme « start‑up » ne recouvre ni une catégorie juridique ni une catégorie statistique ; pour la Banque de France, une start‑up possède au moins 3 grandes caractéristiques : un fort potentiel de croissance, l’usage ou la création d’une technologie nouvelle et un besoin de financement souvent assuré par des levées de fonds.
Quelques données sur les start-up et sur leur ancienneté.
⇒ Le profil des start-up
Les 2 640 start‑up ont en moyenne 11 ans d’ancienneté. 54% ont au moins dix ans d’existence.
En moyenne, les dirigeants ont 47 ans et près de 70% d’entre eux ont entre 35 et 55 ans. 91% des représentants légaux sont des hommes et 9% des femmes.
⇒ Chiffre d’affaires, valeur ajouté, rentabilité, effectifs
♦ Malgré un recul de 5% des levées de fonds, qui prolonge la baisse observée en 2024, le chiffre d’affaires des entreprises analysées dans cette étude progresse de 11,6% par rapport à 2024, pour atteindre 29,7 Md€. À titre de comparaison, en 2025, la croissance du chiffre d’affaires s’est établie à 1,5% pour les PME et à 1,2% pour les ETI.
Le chiffre d’affaires réalisé à l’export atteint 8,5 Md€, contre 7,5 Md€ en 2024 (+13,8%). 66% réalisent une part de leur chiffre d’affaires à l’export (vs 63% en 2024). Le taux d’exportation atteint 29% du chiffre d’affaires. Les secteurs tourisme et loisirs et marketing digital demeurent les plus tournés vers l’international (entre 44 et 54% de leur CA et sont suivis par les fintechs (34%), le software & data (33%), et l’industrie (32,5%). L’e‑commerce se distingue par la plus forte progression, son taux d’exportation passant de 23% en 2024 à 29,4% en 2025.
♦ Dans le même temps, leur valeur ajoutée a augmenté de 16,2% en 2025 (9,3 Md€), contre 2,1% pour les PME et 2,6% pour les ETI.
Et la rentabilité continue de s’améliorer : le déficit d’exploitation se réduit de 9,2% en 2025, après une diminution déjà marquée de 17% l’année précédente.
♦ Les pertes d’exploitation poursuivent leur réduction en 2025, pour s’établir à 3,29 Md€ contre 3,62 Md€ en 2024 (baisse de 9,2%). Cette amélioration s’accompagne d’une progression de la proportion d’entreprises affichant un résultat d’exploitation positif : 40% sont bénéficiaires au niveau de l’exploitation en 2025, contre 37,5% en 2024. À l’inverse, 60% présentent encore un résultat d’exploitation négatif, pour un montant cumulé de pertes de 4,62 Md€. Le poids des pertes de l’exercice (mesurées par le résultat net) poursuit sa diminution : elles représentent 12,3% du chiffre d’affaires en 2025, après 13,3% en 2024, 16,5% en 2023 et 21,3% en 2022.
♦ La croissance globale des effectifs se poursuit en 2025 :
Les start‑up de l’échantillon emploient 120 872 salariés, en progression de 2,2%. En moyenne, les start‑up emploient 46 salariés (mais 25% moins de 12 et 25% plus de 50 salariés.
Les évolutions d’effectifs restent contrastées selon les secteurs : les fintechs enregistrent la progression la plus marquée en 2025 (+9%, après +8,4% en 2024), devant l’industrie (+6%) et le software & data (+4,8%, après +6,7%). À l’inverse, les effectifs reculent dans le e‑commerce (−3,7%, après −1,6%), et le marketing digital (−2,1%, après −2,7%). Certains secteurs connaissent par ailleurs un net ralentissement après les fortes hausses enregistrées en 2024, notamment le tourisme et loisirs (−0,3% après +12,6%).
⇒ le financement
♦ Les capitaux propres progressent très légèrement en 2025 (+0,9%), après une hausse de 18% en 2024 5. Ils s’établissent à 17,9 Md€ à fin 2025 ; la moitié ont des capitaux propres inférieurs à 1,4 M€ et 18% d’entre elles présentent des capitaux propres négatifs.
♦ 87% ont recours à la dette bancaire (5,9 Md€ et +0,2% sur un an) ; son poids rapporté aux capitaux propres demeure stable (33%) ; en intégrant les emprunts obligataires, ce ratio atteint 43,4%. Il demeure inférieur aux taux d’endettement brut des PME (environ 65%) et les ETI (environ 64%).
Les emprunts obligataires progressent de 29,4 % en 2025, pour atteindre 1,85 Md€. Ils concernent 272 start‑up.
♦ Concernant les montants des fonds levés, selon le Baromètre EY du capital‑risque 2025, les start‑up françaises ont levé 7,4 Md€ en 2025, en baisse de 5% par rapport à 2024, tandis que le nombre d’opérations recule plus nettement, à 618 levées (−15% par rapport) avec un marché fortement concentré autour de quelques opérations de grande ampleur, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.
♦ La trésorerie s’élève à 11,1 Md€ à fin 2025, contre 11,5 Md€ un an auparavant (baisse de 3,9%). Les start‑up déficitaires disposent d’une trésorerie active cumulée de 8,2 Md€. Rapportée aux pertes d’exploitation, cette trésorerie correspond à une couverture médiane d’environ 12 mois.
⇒ Les chiffres clés des start-up selon leur maturité
– Amorçage (moins de 5 ans) : 243 start‑up disposent de capitaux propres s’élevant à 1,35 Md€, affichent un chiffre d’affaires de 1,09 Md€, pour un effectif de 6 692 salariés. La dette bancaire s’élève à 599M€, représentant environ 44% des capitaux propres. Leur résultat d’exploitation moyen est fortement négatif (− 2,19 M€).
– Croissance (5 à 9 ans) : 962 start‑up affichent un chiffre d’affaires total de 8,86 Md€ et un effectif de 38 119 salariés, avec 40 salariés en moyenne (et une médiane de 22). L’endettement bancaire, avec un encours de 2,30 Md€, représente environ 33% des capitaux propres (7,03 Md€). Le résultat d’exploitation moyen reste négatif (− 1,42 M€), et la médiane (− 346 k€).
– Consolidée (10 à 14 ans) : 837 entreprises réalisent 10,45 Md€ de chiffre d’affaires, soit 12,5 M€ en moyenne (médiane : 4,2 M€). L’effectif moyen atteint 49 salariés (médiane : 26). Elles disposent de 4,61 Md€ de capitaux propres et d’une dette bancaire de 1,56 Md€, soit un ratio dette/capitaux propres d’environ 34%. Le résultat d’exploitation moyen demeure négatif (− 1,02 M€), tandis que la médiane (− 71 k€) se rapproche de l’équilibre.
– Mature (15 ans et plus) : 598 entreprises affichent le chiffre d’affaires moyen le plus élevé (15,6 M€), avec une médiane de 5,2 M€ avec un effectif moyen de 58 salariés (médiane, 32). Elles disposent de 4,87 Md€ de capitaux propres et d’une dette bancaire de 1,45 Md€, correspondant à un ratio dette/capitaux propres d’environ 30%. Bien que leur résultat d’exploitation moyen demeure négatif (− 0,90 M€), la médiane (− 42 k€) est proche du seuil de rentabilité.
⇒ Les défaillances :
En 2025, 51 start‑up ont fait l’objet d’une procédure judiciaire.
Le taux de défaillance est le plus élevé dans l’industrie (5,3%, soit 6 entreprises défaillantes sur 114) et l’e‑commerce / marketplace (3,9%, soit 8 sur 204). Il est inférieur au taux global dans le tourisme et loisirs (2,1%), le marketing digital (1,3%) et l’éducation et ressources humaines (0,7%). Aucune défaillance n’est recensée parmi les fintechs.
Le profil des start‑up défaillantes se caractérise par une absence de fonds propres et la faiblesse de la trésorerie. Leur chiffre d’affaires médian s’établit à 2,1 M€ pour 22 salariés. Sur les 51 procédures recensées, 45 correspondent à un redressement judiciaire (88%) contre 6 liquidations judiciaires (12%).
Le rapport propose aussi une analyse par secteur d’activité.
Pour en savoir davantage : https://www.banque-france.fr/system/files/2026-10/Situation_financiere_des_start_up_en_2025.pdf