Le revenu moyen des non-salariés “classiques” chiffre 45 348€ et celui des autoentrepreneurs 7 641€.


"En 2024, le revenu annuel moyen des auto-entrepreneurs peine à suivre l’inflation ", Urssaf Stat-Ur N°410, octobre 2025

Méthodologie : l’Urssaf recense les comptes des cotisants indépendants immatriculés à la Sécurité sociale et n’intègre pas les exploitants agricoles (suivis par la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole), ni les marins indépendants et les artistes-auteurs, ni les dirigeants de certaines sociétés (SA, SAS/SASU), mandataires sociaux ou gérants minoritaires de SARL, considérés comme assimilés salariés. En ce qui concerne les microentrepreneurs, le chiffrement ne prend pas en compte les non salariés assujettis au régime social des indépendants et non à celui simplifié conçu à l’origine pour les autoentrepreneurs (taux global de cotisation sociale) et élargi par par la suite, que l’Urssaf nomme autoentrepreneurs.

Le revenu moyen des non-salariés, non autoentrepreneurs n’est connu qu’en 2023, alors que ceux des autoentrepreneurs (ceux qui ont produit des recettes bien sûr) est connu en 2024 et en 2023.

Rappelons que les non-salariés classiques sont en entreprise individuelle, hors autoentrepreneur ou en gérance majoritaire.

 

Les professions libérales, non-salariés classiques, ont des rémunérations 2,18 fois plus élevées que les artisans et commerçants, alors que l’écart est beaucoup plus faible en ce qui concerne les autoentrepreneurs actifs (1,35 fois).

⇒ Une vision globale.

♦ L’évolution des rémunérations en euros courants est à peine positive pour les non-salariés classiques (+0,5% entre 2022 et 2023 et +6,4% entre 2019 et 2023), et devient négative en € constants (-4,1% entre 2022 et 2023). Les libéraux ont connu une baisse plus importante que les artisans et commerçants (en € constants -4,9% vs -4,1).

13% déclarent des revenus nuls ou déficitaires.

 

3 régions affichent des revenus moyens supérieurs à la moyenne nationale : l’Ile-de-France (59 125€ en 2023), suivi des Hauts-de-France (49 580€) et du Grand-Est (47 450€), alors qu’ils sont moins élevés dans les régions du sud ouest : Occitanie (39 635€) et Nouvelle Aquitaine (40 278€) et en Outre-mer. 
Les baisses de revenus moyens concernent presque toutes les régions. Les baisses les plus fortes sont enregistrées dans les Pays de la Loire (- 4,7%) , la Corse (- 4,6%), Paca et l’Ile de France (- 4,5% chacune). 

 

♦ Les autoentrepreneurs actifs connaissent une légère hausse entre 2023 et 2024 (+1,4%), mais +17,9% entre 2019 et 2024), mais se traduit en € courants par une baisse (-0,6% entre 2023 et 2024 mais -3,2% entre 2022 et 2023). Les libéraux y connaissent des baisses plus modestes.

 

Noter que le revenu global des auto-entrepreneurs (AE) s’élève à 15,7Md€ en 2024. Il continue d’augmenter en 2024 (+ 7,2%), sur un rythme proche de celui de 2023 (+ 7,7%). La hausse du revenu global reste portée par la progression des effectifs économiquement actifs (6% de plus que l’année précédente), alors que le revenu moyen affiche une augmentation modérée de 1,2% en € courants entre 2023 et 2024 (après + 14% l’année précédente).

 

L’écart des rémunérations entre les hommes et les femmes est du même ordre de grandeur qu’il s’agisse des non-salariés classiques (1,25 fois plus) ou des  autoentrepreneurs (1,24 fois).

53,4% déclarent moins de 4 000€, dont 29% moins de 1 000€, tandis que 6,4% dépassent 15 000€. 30% sont polyactifs

 

L’Ile-de-France continue d’afficher le revenu moyen le plus élevé (8 624€), suivi de La Réunion (7 792€), de l’Auvergne Rhône-Alpes (7 679€), de la Bretagne (7 656€) et des Pays de la Loire (7 643€). 

⇒ Une approche par activité fine pour les classiques.

J’utilise l’indice 100  relatif à la moyenne de rémunération 45 348€, pour comparer les rémunérations au sein de chaque activité.

 

♦ Par grand secteur d’activité : les services de type santé et services aux entreprises sont de loin les plus rémunérateurs, au contraire des services aux personnes et des transports, le commerce, le BTP étant en situation intermédiaire.

 

♦ Plus finement par activités.

Les activités les plus lucratives sont la médecine spécialisée et les laboratoires de biologie, la pratique dentaire  (près de 3 fois plus que la rémunération moyenne), puis la médecine généraliste, la pharmacie et les activités juridiques (près de 2 fois plus),

S’affiche au niveau de la moyenne, le paramédical, les services aux entreprises (conseils notamment),

Puis entre les indices 60 à 85, le BTP, les activités immobilières, l’industrie, nombre d’activités de commerce, le transport routier/déménagement, l’agriculture,

Et enfin les plus faibles rémunérations : indices de 36 à 56, les activités de service aux personnes, les taxis/VTC (39), les commerces sur les marchés (22) et les livraisons à domicile (19).

⇒ Une approche par activité fine pour les autoentrepreneurs.

Les écarts de rémunération sont plus faibles (au plus un doublement), mais les professions les mieux rémunérées de santé ne sont plus présentes, puisque interdites de s’immatriculer en autoentrepreneurs ; les écarts sont plus faibles du fait aussi de rémunérations fort modestes (globalement entre 4 000 et 13 000€ avec une moyenne de 7 552€, indice 100).

Par ailleurs les écarts de rémunération suivent globalement les mêmes tendances que celles des classiques :

Les rémunérations les plus élevées (un doublement au regard de la moyenne) : les activités juridiques (indice 221) et professions paramédicales (192),

– Vs celles les plus faibles : la livraison à domicile (23) et vente sur les marchés (44),

– Des situations plutôt favorables au regard de la moyenne dans les services aux entreprises, le BTP, le commerce de gros et l’hébergement (entre 120 et 180),

– Des situations peu favorables (56-88) : l’aide à domicile, la plupart des commerces, des services à la personne, et des activités de transport.

 

L’évolution des rémunérations entre 2023 et 2024 affiche une progression de 1,2% en € courants et une baisse de 0,6% en € constants.

Les variations en € courants sont faibles à l’exception de 3 activités en nette progression : livraison à domicile (+10,4%), activités financières et d’assurance (+8,3%) et activités de santé (+5%), alors que les taxis et VTC sont en forte  baisse (-10%).

Pour en savoir davantage : https://www.urssaf.org/accueil/statistiques/nos-etudes-et-analyses/travailleurs-independants/nationale/2025/travailleurs-indep-oct2024b.html