Quelques données additives sur les créations 2014.


"La création d'entreprise en 2024 : fiche statistique et son évolution depuis 2012", Bpifrance, lu mars 2025

Source : les données brutes (non corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés) du Système d’information de la démographie des entreprises (Side), mais aussi sur les données du Code officiel géographique (COG) et du recensement de la population (RP), mises à disposition par l’Insee. Mais encore les données de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) pour les communes relevant des zones ACV, AFR, PVD, TI et ZRR et celles de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère en charge de l’Éducation nationale pour la typologie des communes urbaines et rurales. Le maillage territorial se réfère à la liste des communes au 1er janvier 2024.

 

Définition du TCAM : le taux de croissance annuel moyen (TCAM) permet de calculer un taux d’évolution moyen sur une durée de n années. Le TCAM est plus approprié que le taux de variation annuelle (qui compare l’évolution d’une année sur l’autre) lorsqu’il s’agit de comparer l’évolution d’un indicateur sur des périodes de durées différentes.

 

Une analyse, notamment sur les 10 dernières années de création, ce qui est plutôt rare.

⇒ La création par nature juridique.

Les entreprises individuelles sont les 3/4 des créations, dont 64,5% sous forme de microentreprise ; ce dernier statut est celui qui a le plus évolué, tant entre 2023 et 2024 qu’au cours de la période 2013-2023 (+5,8 et +6,2%), contribuant à la baisse des autres entreprises individuelles, mais une minorité d’entre elles ne fera jamais de recettes.

 

En ce qui concerne les sociétés, ce sont les SA et SASU qui regroupent le plus de création au détriment des SARL et EURL (en évolution annuelle +9,7 vs +1% et en TCAM +17 vs -4,8%). Noter les 2% que sont d’autres formes juridiques telles les associations.

⇒ Le nombre de création selon la taille de l’entreprise au démarrage.

Seules 1,3% emploient des salariés dés le démarrage, essentiellement 1 ou 2 salariés (les 3/4 des employeurs). Note que près de 2 000 créations emploient au moins 10 salariés dés le démarrage ; ce sont notamment des filiales, des reprises d’entreprise, immatriculées sous la forme d’une nouvelle création. Le nombre de créateurs employeurs diminue nettement entre 2023 et 2024, voire même entre 2013 et 2023.

Noter que l’observation un an après la création serait plus signifiant (voir les enquêtes Sine), pour situer le fait employeur.

⇒ La création par groupe d’activité.

Les services comptent pour 60% des créations, le commerce pour 26% et le groupe industrie/BTP pour 14%. Les services ont une évolution 2013-2023 plus favorable que les 2 autres grands secteurs (+8% vs +3,5 pour le commerce et +2,7 pour le secondaire).

 

Plus finement au sein des services, les livraisons à domicile et les taxis/VTC connaissent les évolutions les plus favorables tant annuelle, qu’à plus long terme (+24,9 et +21,3%) ; il faut toutefois rappeler que les livraisons à domicile sous forme de microentreprise connaissent un faible taux de passage à l’acte. Les évolutions les plus modestes sont localisées dans l’éducation, la santé et les activités récréatives.

 

Au sein du commerce, hors l’hébergement qui connait une belle croissance (+8,7 et +9,2%) pour lequel il faudrait différencier l’hôtellerie des autres types d’hébergement, les autres activités ont des progressions modestes pour la période 2013-2023, mais plus vive pour 2023/2024 notamment pour la restauration et le commerce de bouche.

 

Enfin au sein du groupe industrie/BTP, l’industrie avec une évolution positive se différencie nettement du BTP, qui lui connait la stagnation.

Plus finement certaines activités ont de beaux taux de croissance : la livraison à domicile, mais aussi le transport de fret interurbain et les taxis/VTC , la vente sur internet en catalogue spécialisé, la production d’électricité, le nettoyage de bâtiments dits courants, alors que d’autres connaissent de fortes baisses entre 2023 et 2024 ; on y trouve des services aux entreprises (conseil de gestion, activités de design), les activités immobilières et la vente à distance sur catalogue général.

 

Notez aussi les taux de renouvellement particulièrement élevés, habituellement corrélés avec un taux élevé de microentreprises pour certaines activités, alors qu’il est faible pour d’autres activités du fait de contraintes plus lourdes à l’entrée tels les niveaux de formation ou encore l’importance des investissements.

⇒ Les créations par type d”espace.

♦ L’urbain regroupe 82% des créations, notamment l’urbain trés dense (la moitié des créations) qui connait aussi les plus forts taux de progression tant en évolution annuelle (+6,5%) qu’entre 2013 et 2023 (+6,9%). Les autres espaces urbains font état de progressions moyennes, voire faibles pour les petites villes.

Le rural montre des taux souvent même plus favorables que ceux de l’urbain, hors l’urbain trés dense ; le rural éloigné et trés peu dense connait les taux les plus faibles.

♦ Enfin Bpifrance propose une approche par territoire aidé. Si la densité pour 10 000 habitants est plus faible que la densité moyenne France entière, son taux de renouvellement et son évolution sur 10 ans sont plutôt proches de la moyenne ; c’est moins le cas pour 2 types de territoires aidés : les ZRR et les PVD.

Ce que j’en pense : un des intérêts de cette publication, en complément de ce que j’ai déjà publié https://letowski.fr/1-111-200-creations-dentreprises-sont-enregistrees-en-2024-6/, sont notamment la connaissance d’employeur dés le démarrage, celle du taux de renouvellement des entreprises, les densités pour 10 000 habitants et une approche des différents types d’espaces (plutôt à destination des politiques locales d’appui) et le fait d’une observation sur 10 ans, ce qui est trop peu fréquent.

 

Pour en savoir davantage : https://bpifrance-creation.fr/entrepreneur/actualites/creation-dentreprise-2024-son-evolution-2012