Méthodologie : compilation des données des bilans de 20 427 clients de Dougs, cabinet d’expertise-comptable, ayant clôturé leur exercice comptable en 2024 (hors SCI, SC et associations).
Les salaires sont exprimés en euros nets après prélèvement à la source ; les dividendes en euros bruts avant application de la flat tax.
Les données de rémunérations semblent ne concerner que les dirigeants de sociétés unipersonnelles, les SASU et EURL, ce que le titre de l’article contredit ?
Le baromètre ne précise par les formes juridiques (et donc le fait que le dirigeant est ou non salarié de son entreprise, selon qu’il est gérant majoritaire ou minoritaire), l’activité, l’ancienneté des entreprises, la taille de l’entreprise.., autant d’éléments qui influent fortement sur la “rémunération”.
Si ce baromètre ne concerne pas la population de l’ensemble des chefs d’entreprise, les tendances ici décrites rejoignent ce que j’ai par ailleurs observé.
♦ La rémunération médiane des dirigeants de TPE est la suivante : 15 017€ par an (100% rémunération de son activité), 51 998€ par an (avec versement de dividendes) et 29 000€ par an (mixtes).
Parmi les patrons qui se rémunèrent, 50% gagnent moins de 1 803€ par mois.
La rémunération annuelle médiane de ces dirigeants s’élève à 21 631€ nets, soit un peu plus de 1 800€ par mois (calculé sur 12 mois), une somme inférieure au salaire médian des salariés français (2 190€ nets mensuels en 2024). Dougs explique cet écart en partie par la jeunesse des entreprises clientes, encore en phase de consolidation.
Précision importante en matière de rémunérations des dirigeants : ces derniers peuvent déduire de nombreux frais professionnels (la voiture de fonction, le loyer par exemple).
♦ Observons l’ensemble des rémunérations qui varient selon le mode de versement choisi.
– Première option : se verser un salaire à 100%, qui est le choix de la majorité des entrepreneurs. La moitié des dirigeants de SASU ou d’EURL qui optent pour cette solution gagnent moins de 1 251€ nets par mois, soit bien en deçà du SMIC, dont le montant atteindra 1 443,11€ nets au 1er janvier 2026.
– À l’opposé, certains privilégient les dividendes à 100% : la rémunération atteint 51 998€ par an, soit 4 330€ bruts mensuels avant la flat tax.
– D’autres panachent salaire et dividendes. Ces dirigeants se versent par exemple un salaire minimum pour cotiser à leur retraite, puis complètent avec des dividendes. De quoi leur permettre une rémunération médiane de 29 000€ nets annuels, soit 2 416€ par mois.
Pour en savoir davantage :
Pour comparer, je rappelle la publication annuelle Urssaf qui permet de suivre les non salariés : https://letowski.fr/le-revenu-moyen-des-non-salaries-classiques-chiffre-45-348e-et-celui-des-autoentrepreneurs-7-641e/ et le mot clé revenus/patrimoine des chefs d’entreprise.