Méthodologie : L’enquête 2025, ayant permis la production de cette édition 2026, a été insérée dans le dispositif d’enquête du CRÉDOC sur les Conditions de vie et les aspirations (CDV) de juin 2025. Ont été interrogés en ligne 3 343 personnes de 18 ans et plus (avec des quotas sur l’âge, le sexe, la PCS, le niveau de diplôme, la taille d’agglomération, la région, le type de logement).
Deux enquêtes complémentaires ont été mises en place, afin d’interroger la population de 12 à 17 ans (201 personnes interrogées en ligne) et les éloignés du numérique (601 personnes de 18 ans et plus).
Quelle est l’appropriation du numérique par les Français, de quels équipements disposent-ils ? quels en sont les usages ?
⇒ La population et internet
♦ 94% de la population française utilise internet, plaçant la France dans la moyenne haute des pays de l’Union européenne (92%), derrière la Belgique (95%), l’Espagne (95%), la Finlande (95%), la Suède (97%) le Danemark (99%), l’Irlande (99%) ou les Pays-Bas (99%). La connexion est le plus souvent quotidienne (84% des Français).
Un Français est internaute en moyenne depuis un peu plus de 19 ans.
♦ 60% des Français se jugent compétents dans au moins trois domaines sur les quatre proposés : plateformes numériques (77%), démarches administratives en ligne (73%), bureautique (65%) et intelligence artificielle générative (41%). 29% se déclarent compétents sur l’ensemble des quatre domaines, tandis que 12% ne s’estime compétente sur aucun.
La perception d’un haut niveau de compétence est plus fréquente en termes d’âge : chez les 25-39 ans (51%), les 18-24 ans (45%), en termes d’activité professionnelle : les cadres (48%), les agriculteurs exploitants, artisans, commerçants, chefs d’entreprise (48%), les employés (37%) et membres des professions intermédiaires (35%) ou encore les diplômés du supérieur(41%), et ceux de niveau bac (35%).
♦ 60% estiment ne rencontrer aucun frein pour utiliser pleinement les outils numériques dans leur quotidien (que ce soit sur smartphone, tablette ou ordinateur). Toutefois, quatre Français sur dix rencontrent des freins : 22% un manque de maîtrise des outils 11% un équipement trop vieux pour bien fonctionner, 8% l’absence d’équipement et 8% des difficultés d’accès à internet.
13% considèrent que le numérique complique leur vie quotidienne.
⇒ L’équipement
– 87% dispose d’un ordinateur personnel et 56% l’utilise chaque jour qu’il soit personnel ou professionnel.
– 97% dispose d’un téléphone mobile, et 91% d’un smartphone, 49% possède un appareil « professionnel » qui, le plus souvent s’ajoute à l’équipement personnel. Les actifs titulaires de hauts revenus (60%), ceux résidant à Paris et dans son agglomération (61%), les cadres (64%) mais aussi les artisans ou les commerçants (77%) bénéficient plus souvent d’un équipement professionnel.
61% des usagers de smartphone indiquent que leur téléphone mobile permet d’accéder au réseau 5G, contre 48% en 2024. Les jeunes adultes (71%) et les hommes (64%) restent les plus équipés, tandis que les seniors (52%, + 12 points en un an chez les sexagénaires) et les personnes disposant de faibles revenus amorcent un net rattrapage (59%, + 13 points en un an).
38% des abonnés disposent d’un forfait incluant 100 Go ou plus, soit une hausse de 6 points en un an. Les hommes (39%) et les jeunes sont les plus nombreux à bénéficier de forfaits avec 100 Go ou plus : 44% des 18–24 ans, 42% des 25–39 ans et 42% des 40–59 ans. À l’inverse, les seniors et les publics moins technophiles sont dotés de plus petits forfaits.
La grande majorité de la population utilise désormais quotidiennement des services de messagerie instantanée (64%), passe des appels via des applications (43%) ou télécharge des applications (20 %).
20% de la population a acquis un smartphone ou un téléphone portable personnel reconditionné ou d’occasion, et 12% d’un téléphone professionnel issu du marché de la seconde main, le coût restant le 1er critère d’achat d’équipements numériques, loin devant les considérations écologiques. Dans ce contexte économique et social contraint, les 2/3 des Français continuent à satisfaire leur besoin d’équipement sans pour autant témoigner d’une appétence à payer pour un numérique plus responsable.
– 46% dispose à domicile d’au moins un objet connecté lié à la santé, la sécurité, la domotique ou l’électroménager ; c’est 9 points de plus qu’en 2020. Ils sont particulièrement présents chez les jeunes adultes : 65% des 18–24 ans, 62% des 25–39 ans, les diplômés de niveau bac (54%) ou de l’enseignement supérieur (53%) et les personnes disposant de hauts revenus (56%).
– 38% déclarent par ailleurs avoir réparé au moins un appareil numérique (téléphone, ordinateur, console de jeu, tablette, montre ou bracelet connecté, téléviseur) au cours des 3 dernières années, notamment les téléphones mobiles et les ordinateurs. 32% des personnes ayant fait réparer un appareil citent le coût comme principale raison de leur démarche ; 24% indiquent avoir réparé pour limiter leur impact écologique, notamment les diplômés du supérieur (28%) et les cadres (30%).
⇒ 46% des internautes utilisent quotidiennement les réseaux sociaux et plateformes de partage de vidéos.
♦ Un tiers des Français, présents sur les réseaux sociaux, y sont très actifs et publient ou commentent des publications sur une base quotidienne, alors que 49% des actifs publient de façon moins régulière, 13% se limitent à une simple lecture de contenus ; seuls 10% déclarent ne jamais s’y rendre.
♦ Leur profil : les personnes à faibles revenus (39%) se distinguent par une plus forte propension à publier ou commenter quotidiennement, tandis que les classes moyennes supérieures le font plutôt à une périodicité moindre (54%).
Les moins de 40 ans sont les plus actifs, en particulier les 18-24 ans (56%) ; 54% des 40–69 ans privilégient des participations plus épisodiques (moins d’une fois par jour) ; les 60 ans et plus (17%) se concentrent sur la consultation.
♦ 64% des utilisateurs de réseaux sociaux et de plateformes de partage de vidéos déclarent être exposés souvent ou de temps en temps à au moins un type de contenus inappropriés ou inadaptés, en particulier, les jeunes de 18 à 24 ans (91%), les 25-39 ans (78%), les hommes (69%) et les bas revenus (68%). Le niveau d’exposition à des contenus inappropriés apparaît corrélé à l’intensité des usages : ainsi, 80% des personnes très actives sur les réseaux sociaux ont déjà été exposées à au moins un contenu problématique (et 48% à 5 formes différentes ou plus), contre seulement 46% de ceux qui se limitent à lire les contenus d’autrui, sans commenter ou publier eux-mêmes.
Dans le détail, 70% des Français présents sur les réseaux sociaux ont déjà été confrontés à des contenus relayant des contre-vérités ou des fausses informations (52% « souvent » ou « de temps en temps »), 57% à des contenus injurieux et 56% à des contenus haineux ou discriminatoires ; 54% ont par ailleurs déjà été exposés à des contenus violents, pornographiques (53%), montrant de la maltraitance animale (54%), ou liés aux troubles alimentaires (52%). Un tiers d’entre eux a déjà rencontré des contenus relatifs au suicide ou à l’automutilation.
Les 18-24 ans constituent la tranche d’âge la plus exposée sur tous les types de contenus inappropriés recensés, leur exposition étant supérieure d’au moins 20 points à l’ensemble de la population.
♦ Face aux risques en ligne, la moitié de la population utilise activement des moyens de protection : 45% la consultation des Conditions Générales d’Utilisation ; 45% ont utilisé des dispositifs de signalement, notamment les jeunes adultes usagers (81% des 18 à 24 ans et 62% des 25-39 ans), ainsi que les agriculteurs et indépendants (71%) ou les diplômés du supérieur (60%), ainsi que les personnes publiant ou commentant au moins une fois par jour sur les réseaux sociaux (65%).
Pour 38%, leurs signalements ne sont pas suivis d’effet (suppression des comptes ou contenus incriminés), contre 18% qui estiment cette suppression systématique.
Mais 55% des usagers n’ont jamais effectué de signalement.
Pour permettre un parcours sur internet plus sécurisé et éviter un certain nombre d’abus, les usagers peuvent utiliser lors de leur navigation plusieurs fonctionnalités proposées par les réseaux sociaux ou les plateformes de partage de vidéos : 53% par le blocage d’un compte ou d’une personne, 49% par la désactivation de sa géolocalisation ou par le passage de son compte en privé (41%).
⇒ Les plateformes
♦ Les services numériques fonctionnent de plus en plus par l’intermédiaire de grandes plateformes dans une logique d’économie de réseau, c’est-à-dire par une mise en relation des vendeurs ou producteurs de produits, vêtements (Amazon, Temu, Shein, etc.), de contenus culturels (musique, vidéos) ou des services (Airbnb, Uber, etc.) avec des consommateurs, ou, plus généralement, de personnes entre elles (réseaux sociaux).
♦ Les plateformes sont aujourd’hui perçues comme utiles par 63% car facilitant l’accès des consommateurs à des services, en particulier par les moins de 40 ans (70%), les cadres (71%), les hauts revenus (69%), les diplômés du bac et du supérieur (les 2/3). Mais 54% considèrent que les plateformes invisibilisent les artisans, hôteliers, artistes, etc. qui ne passent pas par elles ; les diplômés du supérieur (61%) sont les plus critiques à cet égard : 49% souscrivent à l’idée d’une dégradation de leurs services dès lors qu’elles sont en situation de monopole (60% des 25-39 ans et 58% des diplômés du supérieur).
À propos de ces grandes plateformes, les perceptions négatives et positives sont tout autant répandues. En effet, 78% des internautes expriment au moins une opinion positive et 79% au moins une opinion négative à leur égard. Ce sont les mêmes catégories qui pointent à la fois les avantages et les désavantages éventuels des plateformes : les moins de 40 ans, les diplômés de niveau baccalauréat ou supérieur ou encore les utilisateurs assidus des réseaux sociaux.
⇒ L’usage du numérique (commerce, e-administration, jeux en ligne)
♦ Les différents usages :
– La recherche d’informations en ligne concerne 82% de la population (en 20 ans, la proportion de la population concernée a doublé). Toutes les tranches d’âge sont concernées y compris les plus âgés (85% des 60-69 ans et 67% des 70 ans et plus).
– 74% réalisent des achats en ligne, mais cela s’atténue face à la sécurité des paiements en ligne, alors que 31% ne perçoivent aucun obstacle à l’achat sur internet.
– 70% utilise internet pour la réalisation de démarches administratives en ligne, particulièrement dans la tranche des 25-69 ans (jusqu’à 82% des 40-59 ans) ; elle dépend toujours du niveau de diplôme (83% des diplômés du supérieur vs 47% des non-diplômés). .
– La consultation d’actualités en ligne atteint 63%, une pratique un peu plus développée chez les cadres (82%), les diplômés du supérieur (77%) ou encore les titulaires de hauts-revenus (71%).
– 58% sont abonnés à au moins un service de vidéo à la demande (VOD).
– Les jeux en ligne seraient pratiqués par 51%.
– 37% utilise internet pour leur activité professionnelle ; Cette proportion grimpe à 73% des agriculteurs exploitants, artisans, commerçants et chefs d’entreprise et 70% des cadres et membres des professions intellectuelles et libérales, mais ne concerne encore que 41% des employés et 25% des ouvriers.
– La recherche d’emploi sur internet concerne 26%, mais 35% des actifs occupés et jusqu’à 71% des chômeurs. Les artisans, commerçants, chefs d’entreprise et les cadres (41%) mais aussi les employés (37%) ou les personnes avec des bas revenus (38%) sont davantage concernés.
Noter que 57% des Français ont déjà joué un rôle d’aidant numérique (57 %). L’aide à la famille est la plus répandue (36%), suivie de l’aide à un ami ou voisin (21%), puis de celle à un ou une collègue de travail ou d’études (11% de la population et 18% des personnes en emploi ou en études), ou encore à d’autres personnes de la sphère professionnelle comme des clients, des usagers ou des bénéficiaires (9% de la population et 15% des personnes en emploi) .
Pour en savoir davantage : https://www.credoc.fr/publications/barometre-du-numerique-2026-rapport