Les ETI connaissent une légère embellie en 2026.


"BAROMÈTRE ANNUEL DES ETI DES PERSPECTIVES EN LÉGÈRE AMÉLIORATION MALGRÉ LES TENSIONS INTERNATIONALES", Bpifrance, juin 2026

Définition : la catégorie des entreprises de taille intermédiaire (ETI) a été introduite par la loi de modernisation de l’économie d’août 2008. Ce sont des entreprises qui n’appartiennent pas à la catégorie des PME, ni à celle des grandes entreprises. 

Source : 919 questionnaires reçus entre le 11 mars et le 19 mai, 534 ont été validés pour constitution de l’échantillon d’analyse. Ont été écartées les entreprises hors critères ETI, à tête de groupe étrangère et celles dont le questionnaire était incomplet ou mal rempli.

Structure de l’échantillon :

– 36% commerce/transports/tourisme, 35% industrie/construction, 28% services : 48% sont des entreprises de production et distribution, 42 de distribution seule et 28 de production seule,

– 48% 500-5000 salariés, 35% 250-500 salariés et 17% moins de 250 salariés,

– 45% des entreprises familiales, 15% des entreprises patrimoniales non familiales et 40% non patrimoniales.

– 50% sont innovantes.

 

L’analyse porte sur les données consolidées lorsqu’il y en a d’établies (plus de 80% de l’échantillon) ; cet échantillon a ensuite été redressé en fonction de trois critères : la taille, le secteur et la région.

 

Un tour d’horizon sur les résultats des ETI en 2025 et 2026.

⇒ La situation en termes d’activité

L’indicateur d’activité rebondit légèrement en 2026, après s’être nettement dégradées l’an dernier ; les perspectives d’évolution de l’activité s’améliorent significativement dans le commerce /transport /tourisme, moins  dans les services aux ménages et aux entreprises. Les perspectives  s’améliorent un peu plus chez les ETI de grande taille et celles innovantes.

Après 2 années de dégradation, le niveau des carnets de commandes s’est stabilisé, demeurant toutefois peu garnis.

 

Les perspectives de chiffre d’affaires s’améliorent davantage chez les ETI les plus internationalisées, tout comme les créations d’emploi. Pour 48% l’international réalise 5% de leur chiffre d’affaires, mais 30% y réalisent plus de 25%. Parmi les internationalisées, la part du CA réalisé à l’étranger était en moyenne de 35% (part relativement stable depuis 2011), dont 18% proviennent des activités avec les pays l’UE et 17% hors UE  ; en moyenne, elles disposent de  6 filiales implantées à l’étranger (73% en UE, 35% en Asie, 33% en Amérique du Nord, 29% en Europe hors UE, 23% en Afrique et 14% en Amérique Latine).

⇒ Les difficultés

♦ Près de 55% sont freinées par des difficultés de demande ; le manque actuel de débouchés pèse sur 13%. des ETI, notamment pour les services, alors que les contraintes de demande sont plus prégnantes du côté de l’industrie et de la construction.

 

♦ Ajoutons, la pression concurrentielle (45%), toutefois un peu moins dans les services, pour qui la concurrence est surtout exercée par les entreprises proches géographiquement. Par contre pour l’industrie et la construction, elle provient davantage de pays hors UE.
Les ETI internationalisées sont davantage exposées à la concurrence étrangère, notamment Chinoise, 49% réalisant plus de 25% de leur chiffre d’affaires à l’étranger. 

 

47% des ETI dont le développement serait freiné par la concurrence l’expliquent par l’arrivée de nouveaux acteurs et/ou le regroupement de certains acteurs. Cette proportion
atteint 56% chez les ETI de l’industrie et de la construction. 44% expliquent la  pression concurrentielle par une amélioration de la compétitivité et 19% la qualité des produits, services. 38% dénoncent des pratiques de dumping.

 

♦ 42% citent les difficultés de recrutement ; la légère accélération de l’activité s’accompagnerait d’un peu plus d’embauches en France et dans leurs filiales à l’étranger ; mais cette dynamique serait avant tout soutenue par les ETI de plus de 500 salariés.

 

♦ Puis, 41% citent les coûts trop élevés, notamment dans le  commerce, le transport et le tourisme (43%), dans l’industrie et la construction (42%) et dans les services (35%).

♦ Et  25% les règlements spécifiques à leur activité.

♦ Peu l’accès au financement (10%) ou le manque de fonds propres (beaucoup plus présent chez les PME)

⇒ La trésorerie

♦ 22% déclarent avoir rencontré une situation de trésorerie difficile en 2025, alors que 14% déclarent une situation aisée. La situation de trésorerie en 2025 s’est nettement améliorée chez les ETI de plus de 500 salariés. Toutefois, 24% envisagent pour  2026 une détérioration, notamment les ETI de plus de 500 salariés.

 

♦ La proportion d’ETI déclarant avoir rencontré des difficultés pour financer leur exploitation courante est restée stables (22%,vs19 sa moyenne historique).

21% (contre18% en moyenne sur la période 2011-2025) disent avoir été confrontées à des difficultés pour financer leurs investissements.

Pour 22%, le resserrement des conditions d’accès au crédit constitue un obstacle au financement.

 

La réduction des marges reste le principal obstacle à l’accès au financement. Les contraintes de bilan (niveau de fonds propres et d’endettement) pèsent un peu moins sur l’accès au financement que l’an dernier.

⇒ Les investissements

♦ En 2025, les ETI ont légèrement freiné leurs investissements, alors que les innovantes les ont  légèrement accéléré. Toutefois, les investissements ont été mieux orientés que ce que les dirigeants anticipaient un an auparavant. En 2026, les perspectives d’investissement s’améliorent. Les ETI prévoient de recourir davantage à l’endettement pour financer leurs
investissements.

 

♦ Si en 2025, les ETI ont été moins nombreuses à avoir engagé des projets de croissance externe qu’au cours de l’année précédente, 11% envisagent de créer de nouvelles filiales à court terme, notamment à l’étranger.

64% des ETI ayant eu des projets de croissance externe l’an dernier les ont concrétisés sur le territoire français (10% des ETI) ; en 2026, 73% l’envisagent. 
À l’étranger, les projets de croissance externe restent concentrés dans les pays de l’UE (59% des ETI ayant ce type de projet) ; la part de ceux ayant  des projets en Amérique du Nord est stable (14%) ; en revanche, l’Asie continue de gagner en attractivité (23%),tout comme en Afrique (23%). 

 

♦ Les investissements verts

 

– 53% en ont réalisé en 2025 (après 51% en 2024 et 50% en 2023). 23% déclarent y avoir consacré plus de 10% de leurs investissements totaux. Ces investissements verts sont plus fréquents chez les ETI de grande taille (61% des ETI de plus de 500 salariés ont investi, vs 48% celles de 250 à 500 salariés et 42% de celles de moins de 250 salariés). 

– 49% ont été autofinancés (48% pour les autres types d’investissements), 42% ont été financé par de l’endettement (44%), 6% par des fonds propres (6%) et enfin, 4% par des subventions (2%).

– 70% déclarent vouloir stabiliser leurs dépenses d’investissement dans la transition verte en 2026,mais 30 à 40% ignorent l’impact de leurs investissements verts.

– Il s’agit d’abord de décarbonation de la flotte de véhicules (54%), d’achat d’équipement moins consommateurs en intrants / émetteurs de GES (autre que pour l’électrification) pour 48%, d’installation d’équipement de production d’énergie renouvelable (37%), d’un système de tri, de recyclage, de traitement des eaux usées, ou de réemploi de la matière (33%), de rénovation énergétique des bâtiments (24%), de mise en place d’équipements de mesures et contrôle (23%), d’électrification des procédés (20%), d’innovation, R&D et formation (10%), d’équipement de capture et stockage de carbone (2%).

– 46% ont réduit leurs émissions de Gaz à effet de serre et/ou leur consommation d’énergie.

 

♦ L’IA : 31% l’utilisent régulièrement, et 45% occasionnellement (en hausse de19 points sur
un an et de 46 points sur 2 ans), notamment dans les activités de services, les entreprises aux effectifs les plus élevés (84% les plus de 500 salariés, 72% les 250 à 500 salariés et 65% les moins de 250 salariés), les innovantes (82% vs 72 les non-innovantes).

– 80% utilisent l’IAG pour générer des contenus écrits (+17 points sur 2 ans). Son utilisation pour la génération de contenus visuels et la relecture/vérification de conformité progresse de 9 points et 8 points et concernent 37% et 27%.

– 83% n’ont à ce stade pas observé d’impact sur le gain de temps de leurs collaborateurs pour la réalisation de leurs tâches. Parmi les 17% témoignant d’un gain de temps, 50% font part d’un gain allant d’une à deux heures de travail par semaine et par collaborateur (soit 8% des ETI interrogées), 25% témoignent d’un gain de deux à quatre heures. 

78% (y compris ceux n’utilisant pas l’IAG actuellement) espèrent des gains de productivité positifs liés à l’usage de l’IAG. Ils sont 95% des ETI utilisant régulièrement l’IAG.

 

Pour en savoir davantage : https://presse.bpifrance.fr/bpifrance-le-lab-presente-la-16e-edition-de-son-barometre-annuel-des-eti-des-perspectives-en-legere-amelioration-malgre-les-tensions-internationales/?lang=fra