Les défaillances progressent de 5,4% entre ce 2éme trimestre et celui de 2025.


"Étude de défaillances et sauvegardes des entreprises en France au 2éme trimestre 2026", Altares, juillet 2026

Définition de la défaillance : elle correspond à l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe auprès d’un Tribunal de Commerce ou d’un tribunal des affaires économiques ou d’un Tribunal Judiciaire (Ex Tribunal de Grande Instance ou Tribunal d’Instance). Cela ne recouvre donc ni les procédures amiables (mandat ad hoc ou conciliation), ni les suites d’ouverture (arrêt de plan ou conversion en liquidation), ni les reprises de liquidation judiciaire (après clôture pour insuffisance d’actif). Chaque année, en moyenne, les 2/3 des redressements Judiciaires ouverts sont convertis en Liquidations Judiciaires.

 

Demeurons prudent dans l’interprétation des chiffres faute de vision sur des temps longs. 

 

Ce sont 17 500 défaillances ce  2éme trimestre, mais l’emploi menacé est en baisse de 9,5%.

⇒ Une approche globale des défaillances

Les défaillances au 1er semestre 2026 comparé à celui de 2025 font état d’une hausse de 5,9%, dont +4,1% pour les liquidations et +10,3% pour les redressements.

Les défaillances baissent légèrement au 2éme trimestre, au regard du 1er trimestre, quand on les compare aux trimestres concernés de 2025 : une hausse de +6,4% au 1er trimestre vs +5,4% au 2éme trimestre, dont les liquidations en hausse (+4,8% au 2éme  trimestre  vs +3,6 au 1er trimestre), mais les redressements sont en baisse (+7,1%vs +13,6).

Si l’on compare le 2éme trimestre 2026 à la moyenne des 2émes trimestres 2023-2025, la hausse est de 13,5% dont +10,1% pour les liquidations et de +23,6% pour les redressements. Ces derniers semblent plus modérés en 2026.

⇒ Une approche au regard de la taille des effectifs

2 tranches d’effectif ont une situation favorable : celle des 10-19 salariés (-9,6% dont-12,2% pour les liquidations et -9,5%pour  les redressements) et celle des 3-5 salariés (-2,5%,-7,5 et  -2,1).

Par contre celle des 50 salariés et plus, avec peu d’entreprises concernées (138 ou 0,8% des défaillances) a connu une forte hausse pour les redressements (+32%, mais aussi une baisse de 23,8% pour les liquidations)

⇒ Une approche au regard de l’ancienneté des entreprises

Les moins de 3 ans d’ancienneté  (groupe dans lequel sont aussi recensés ceux dont on ne connait pas la taille et dont le nombre n’est jamais indiqué) connaissent de fortes hausses (+12,7% dont +12,4 en liquidation et +13 en redressement), déjà signifiantes en 2025 (+7,2 au global alors que la moyenne toutes défaillances était de +3,1%), mais pas en 2024 (+8,1% vs en moyenne +17%) ; s’agit-il de pratiques différentes des tribunaux de commerce et autres, de création nouvelles (certes en hausse) qui n’ont pas réussi leur insertion économique ?

⇒ Une approche au regard des régions

Je ne sais que penser de la fiabilité des données régionales quand j’opère la comparaison du 2éme trimestre 2026 avec les données de 2025 (année entière) : les écarts sont fort importants.

⇒ Une approche par activités fines

3 groupes d’activité connaissent une baisse au 2éme trimestre ou la stabilité : la construction (en situation meilleure qu’en 2025), le transport (avec une situation bien meilleure qu’en 2025 pour la livraison à domicile) et le commerce (amélioration dans le commerce de gros et dans la réparation auto).

 

Par contre, les défaillances progressent de 9,5% au moins dans les grands secteurs d’activité suivants : les HCR (notamment dans la restauration rapide avec +13,9%), les services aux entreprises (dans chaque type d’activité, entre +10,1et  +19,6%), davantage qu’en 2025, et les services aux particuliers (15,7%), les activités financiéres et immobilières et la santé/action sociale, certes en petit nombre (+24,7% comme en 2025 avec + 32%).

Pour en savoir davantage : https://www.altares.com/2026/07/16/etude-de-defaillances-et-sauvegardes-des-entreprises-en-france-t2-2026-communique-de-presse/

 

“Défaillances d’entreprises : les dynamiques à l’œuvre au terme de six années atypiques”

Banque de France, le bulletin 265/2, juillet 2026

 

Le nombre de défaillances d’entreprises en France a continué d’augmenter en 2025, mais à un rythme nettement plus faible (+ 3,6% sur un an, contre + 17,7% en 2024). Avec 68 602 procédures ouvertes, il dépasse de 15% la moyenne 2010-2019, dans un contexte inédit marqué par les niveaux historiquement bas de 2020-2021. Les défaillances d’entreprises de plus de 50 salariés dépassent nettement leur moyenne 2010-2019 (+ 68%), alors que pour les TPE (92% des défaillances en 2025), la hausse est moindre (+ 12%).

 

En 2025, la répartition par secteur des défaillances d’entreprises est globalement comparable à celle de 2024, ainsi qu’à celle de 2019 (lors de l’exercice qui a précédé la crise sanitaire). 

 

Les causes de cette hausse

– La forte hausse des défaillances observée depuis 2023 est consécutive à une phase de baisse inédite du nombre de procédures collectives pendant la période Covid. Les mécanismes d’aides aux entreprises mis en place au moment de la crise sanitaire ont permis à des entreprises qui auraient dû faire défaillance de poursuivre leur activité jusqu’à la sortie de la pandémie. Une partie de ces entreprises est venue alimenter le contingent des défaillances postérieures à la crise sanitaire.

 

– Par rapport à la situation observée en 2019, les entreprises défaillantes en 2025 se caractérisent par un taux d’endettement plus élevé et une chute du chiffre d’affaires plus forte, relativement aux entreprises pérennes. L’écart d’endettement entre les entreprises défaillantes et les entreprises pérennes s’est ainsi accru entre 2019 et 2025. La perte de chiffre d’affaires,est surtout une caractéristique des entreprises défaillantes de l’industrie, de la construction et des transports.

– Les créations d’entreprises jouent un rôle structurel dans l’évolution des défaillances d’entreprises. Parmi les 1,2 million d’entreprises immatriculées en 2025, 300 000 ont été créées sous forme de société, un nombre en progression continue depuis 2016, à un rythme moyen de + 5,6% par an. Mais paradoxe, plus les générations d’entreprises sont récentes, moins elles semblent exposées au risque de défaillance. 

 

En définitive, le niveau élevé des défaillances s’explique de moins en moins par les répercussions de la crise sanitaire, mais davantage par des facteurs conjoncturels qui se traduisent par des niveaux d’endettement plus dégradés pour les entreprises défaillantes en 2025, et une instabilité croissante qui oblige les entreprises à renforcer leur niveau de trésorerie et de rentabilité.
En parallèle, le dynamisme de la création d’entreprises contribue à l’accroissement du nombre de défaillances, bien que les effets soient atténués du fait de transformations sectorielles du tissu productif.

 

Pour en savoir davantage : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/defaillances-dentreprises-les-dynamiques-loeuvre-au-terme-de-six-annees-atypiques

Voir dans le blog le mot clé défaillances https://letowski.fr/tag/defaillancecessation/