Le « manque» de souveraineté affecte la capacité de croissance.


"Baromètre de la Souveraineté 2026 : comment évolue la perception des dirigeants sur le niveau de souveraineté des entreprises en France ?", Cubik, Opinion Way, janvier 2026

Méthodologie : échantillon de 501 entreprises interrogées par téléphone du 22 octobre au 14 novembre 2025, sur système CATI. 76% des entreprises interrogées ont de 0 à 49 salariés, 8% de 50 à 249 salariés et 16% 250 salariés et plus ; 44% appartiennent aux services, 24 au commerce, 20 à l’industrie et 12 au BTP ; 76% des répondants sont membres de la direction générale.

Une des difficultés dans les enquêtes d’opinion est de réussir à différencier ce qu’il en est du contexte conjoncturel et du “ressenti” et ce qu’il en est par ailleurs objectivement.

 

Mais pour 87% la relocalisation n’est pas vue comme la solution du fait des coûts de production, de la réglementation et de la compétence en ressources humaines en France.

⇒ Les tendances de fonds : 

– 87% estiment que la compétitivité de la France ne progresse pas vis-à-vis des Etats-Unis, et 89% vis-à-vis de la Chine ; un chiffre à corréler avec la faiblesse de l’investissement industriel et le faible taux de robotisation de la France (Corée du Sud 1ère, Chine 3e, Etats-Unis 10e, France 19e seulement, soit 6 fois moins de robotisation que la Corée du Sud),

 

– Le « manque» de souveraineté affecte la capacité de croissance selon 33% d’entre eux en 2026 (entre 18 et 35% entre 2022 et 2025).

 

– Mais pour 87% la relocalisation n’est pas vue comme la solution (entre 88 et 94% entre 2022 et 2025) ; toutefois, 3% ont engagé des actions de relocalisation en France des éléments les plus critiques (2 à 4% entre 2022 et 2025) et 9% y réfléchissent (en hausse au regard de 2022 à 2025 : entre 3 et 5%). 

Cette faible volonté des dirigeants à relocaliser est corroborée par d’autres études (solde négatif d’ouverture d’usines)

 

– C’est que les freins à la relocalisation sont structurels :

* En 1er lieu les coûts de production et de logistique en France (37,5%, en hausse au regard de 32,5 en 2025) ; alors que les risques de pénuries énergétiques (gaz russe, capacités de la production électrique diminuée en France en 2023) sont aujourd’hui moins prégnants, 64% des dirigeants (55 au regard de 2025, mais 70 en 2023) restent préoccupés par l’énergie qui affecte leurs coûts de production,

* Puis pour 22,5% la réglementation et la fiscalité (stables au regard de 2025) et le manque de compétences et de ressources humaines (en nette hausse au regard de 12,5% en 2025),

* La concurrence internationale et l’accès aux marchés (11% mais en baisse au regard de 2025 avec 17,5),

* La question du financement et des investissements (6,5% vs 7,5 en 2025), 

* Les contraintes environnementales et écologiques (5% vs 7,5 en 2025) ; mais 90% déclarent les avoir maintenus (70%) ou augmenté (20%) ; 60% des 250 salariés et plus les ont augmentés vs 34 les 50-249 salariés et 19 les moins de 50 salariés.

 

La comparaison avec les années 2022à 2024 parait difficile dans la mesure ou entre cette période et les années 2025 et 2026 les hausses ont été fortes (le fait du ressenti plus que celui de la réalité ?).

⇒ En 2026 : quelles évolutions et tendances nouvelles de souveraineté ?

– La perte de souveraineté est devenue systémique : si au lancement du baromètre il y a 5 ans, les sujets des matières premières étaient les plus critiques, ce sont désormais toutes les natures de ressources (matières premières, composants, biens d’équipements, R&D, Data) qui sont jugées critiques.

 

* L’indice de criticité selon les besoins : 56% (53 en 2025) le fait de disposer de biens d’équipement et de production, 53% (vs 52) l’hébergement des données, 53% (vs 45) l’accès à des ressources de R&D, 50% (vs 50) l’approvisionnement en matières premières, 48% (vs 51) l’approvisionnement en biens ou en produits semi-finis.

Les matières premières jugées les plus critiques sont les produits alimentaires pour 33% des répondants (10% en 2025), l’énergie (19% vs 20), les métaux (13% vs 15), les bois et matériaux de construction (11% vs 12), les composants électroniques et semi-conducteurs (9% vs 8), les plastiques et produits dérivés (6% vs 8) et l’eau (3% vs 5).

 

* L’indice de criticité est plus important pour les entreprises de 50 salariés et plus (61 et 62% vs 47 et 48), mais 51% (49) les moins de 50 salariés. Au regard de 2025, il est relativement stable, mais très variable au regard des années 2022 à 2024.

Si les PME restent principalement préoccupées par les ressources traditionnelles, les ETI et grands groupent citent majoritairement la Data comme ressource la plus critique : l’hébergement des données (59% les 250 salariés et plus, 49 les 50-249 salariés vs 32 les autres tailles), et l’accès à des ressources de R&D (31-33% les 50 salariés et plus vs 21 les moins de 50 salariés).

L’IA est reconnue comme un sujet critique (d’après 38% des répondants, +15 pts) mais seuls 19% estiment qu’ils sont dépendants de l’étranger sur l’IA (19%, +13 pts).

 

* Pour gagner en souveraineté, 76% (63en 2025) prioriseraient l’innovation, alors que 67% (58 en 2025) le feraient pour améliorer leur efficacité opérationnelle ; 29% (+7 pts) comptent sur le recours aux financements publics pour regagner en compétitivité.

83 % des dirigeants d’ETI et de grands groupes estiment que leurs investissements en performance opérationnelle, conseil et transformation ont été efficaces (très rentables 24% et rentables 59%). alors que 37% des moins de 50 salariés jugent que leurs investissements en ce domaine ne sont pas efficaces (vs 17 pour les ETI et grands groupes).

 

Pour en savoir davantage : https://refrance.fr/cubik-presente-son-barometre-de-la-souverainete-2026/