Un point sur la digitalisation des TPE/PME.


"Baromètre France Num : résultats de l’enquête 2025", France Num, Credoc, juin 2025

Méthodologie : 11 021 entreprises ont répondu en 2025 (contre 10 125 en 2024, 9 453 en 2023), garantissant une très forte robustesse statistique des résultats, dont 7 978 TPE. et 3 043 PME. 10 219 ont été obtenues en ligne (9 325 en 2024) et 802 réponses par téléphone (800 en 2024) entre le 26/03 et le 18/04/2025.
Le redressement des données s’est fait selon 3 axes : 6 tranches de taille, 12 secteurs d’activité et 13 régions de France métropolitaine).

Un regret , celui que les données soient plutôt globalement traitées sans donner toute leur place à la distinction TPE et PME (notamment un détail par grandes tranches de taille).

 

Une typologie en 4 type d’entreprises synthétise les types d’entreprises et de dirigeants. 

⇒ Qui sont-ils ?

 – Des TPE (7 978), dont 1 027 de 0 salarié, 5 037 de 1 à 4 salariés, 1 914 de 5 à 9  salariés et 3 043 PME dont 1 544 de 10 à 19 salariés, 1 098 de 20 à 49 salariés et 401 de 50 à 249 salariés ).

– Par secteur, ils sont 22% dans les services aux entreprises, 20% dans le commerce et les HCR, 15% dans l’industrie et les métiers de bouche, 8% dans le BTP, 8% dans les services aux personnes, 7% dans le transport, 6% dans les activités financières et d’assurance et 16% dans d’autres activités. 

– 57% sont des hommes ; 75% ont au moins le bac. 19% ont moins de 40 ans, 27% de 41 à 50, 38% de 51 à 60 et 13% plus de 60 ans.

– 54% des entreprises ont été créées avant 2010 ; elles ont au moins 15 ans.

– 37% travaillent surtout en B to B, 33% en B to C et 30% dans les 2 types de clientèle.

– 36% des dirigeants d’entreprise ont actuellement un ou plusieurs projets en cours de réalisation : ils sont 47% dans le secteur industrie, 43% dans les HCR, vs au plus 31% dans les autres activités. 47 à 56% sont localisés dans les entreprises d’au moins 10 salariés vs 31chez les 1-4 salariés. 49 à 56% ont moins de 50 ans et 20-24% chez les 60 ans et plus. 40% ont un niveau bac+3 vs 20 le niveau bac. 41% une clientèle mixte et 34% en B to C.

⇒ Quels bénéfices apportent le numérique ?

78% (dont tout à fait d’accord 44%) pensent que le numérique représente un bénéfice réel pour leur entreprise :

– En termes d’activité : sont davantage tout à fait d’accord les NTIC (73%), les autres services aux entreprises (58%), les activités financières (53%), alors que le sont moins les activités de construction (30%), les IAA, notamment les métiers de bouche artisanaux (30%), l’agriculture (26%),

– En termes de taille d’entreprise : les plus de 20 salariés (50-57%),

– En termes de niveau de formation : bac +3 (55%), bac (34%) et inférieur au bac (27%),

– Et en termes de type de client : B to B (48%) et B to C (39%).

C’est ce qui ressort des réponses aux différents items qui vont suivre ; si certaines caractéristiques autres apparaissent au sein de l’un de ces items, j’en ferais alors état.

 

Ce bénéfice se décline ainsi pour ceux qui sont tout à fait d’accord (sans cumuler avec plutôt d’accord, qui est nettement moins impliquant) :

Pour 39%, il facilite l’externalisation de certaines fonctions telles que la comptabilité, la paye, la communication,

– Pour 38% il aide à la communication avec les clients : plus les B to B (42%) que les B to C (32)

Pour 17% il contribue à augmenter leur chiffre d’affaires : on y trouve loin devant les NTIC  (40%), mais aussi les HCR (24%),

Et pour 14% à augmenter les bénéfices : on y trouve loin devant les NTIC (34%), les HCR  (18%) et les moins de 40 ans (19-22%),

 

Mais 19% (tout à fait d’accord) ont peur de perdre ou de se faire pirater des données quand ils utilisent le numérique, notamment  ceux des transports (29%) ou ceux de l’agriculture (28%) et les plus de 70 ans.

⇒ Promotion et développement commercial sur internet

– La part des clients qui viennent d’internet : au moins 20% pour 23% d”entre eux (dont 12% pour au moins 50% de leurs clients), 21% de 5 à 19% des clients et 43% moins de 5% ; noter que 13% n’ont pas souhaité répondre.

Si 44% ont au moins 5% de leurs clients venus par internet, ils sont 67% chez ceux des HCR, et 57% pour ceux des services aux personnes et par ailleurs 51% dans le B to C vs 30 dans le B to B. En somme, l’apport en client est plutôt le fait d’activités en direction de particuliers.

 

L’acquisition de nouveaux clients, citée par 48% des TPE PME apparaît comme le principal bénéfice lié à la création d’un site, loin devant l’image de modernité (39%) et le fait d’échanger avec ses clients (28%)..

 

– Le numérique permet de se démarquer de la concurrence pour 38% (dont 16 tout à fait d’accord), notamment pour les NTIC (50%) mais aussi les HCR (48%), les moins de 40 ans (46-50% vs 30 les 60 ans et plus) ; ne sont pas d’accord ceux de la construction (46%) et des activités financières (46%).

 

– 84% des entreprises utilisent au moins une solution de visibilité en ligne, les plus citées étant le compte sur réseaux sociaux (66%, toutefois en baisse), le site internet (65%), l’inscription gratuite à un annuaire internet (Google My Business, Pages Jaunes …) pour 50% et 19% une  Inscription payante à un annuaire internet (Pages Jaunes …) ou le référencement payant sur un moteur.

 46% des entreprises présentes sur les réseaux sociaux (soit 30% de l’ensemble des entreprises) les utilisent au moins une fois par semaine, dont 13% au moins une fois par jour.  

 

27% font de la vente en ligne : 17% ont un site internet marchand, 12% une solution de commande en ligne et retrait en magasin, 9% vendent sur les réseaux sociaux et 8% sur les places de marché.

Pour les entreprises disposant au moins d’une solution de vente en ligne, elle représente 20% de leur chiffre d’affaires. La part des entreprises qui y réalisent moins de 5% de leur CA augmente de 3 points et atteint 48%.

Comme le site internet, la vente en ligne permet avant tout d’augmenter les ventes (17%) et d’acquérir de nouveaux clients (16%). voire de les fidéliser (7%) ou d’échanger avec eux (4%).

 

Concernant la visibilité en ligne, ce sont les PME les plus équipées, et moins les TPE ; mais on ne constate que peu de différences entre les TPE avec salarié et celles sans :

– 81% des PME et 61% des TPE site internet présentent l’activité de l’entreprise (hors pages réseaux sociaux),

– 76% des PME et 64% des TPE ont un compte sur les réseaux sociaux gratuits (Facebook, Instagram, Linkedin, X …),

– 51% des PME et 49% des TPE sont Inscrits gratuitement à un annuaire internet (Google My Business, Pages Jaunes …),

– 25% des PME et 17% des TPE ont une inscription payante à un annuaire internet (Pages Jaunes …) ou référencement payant sur un moteur de recherche (Google …,).

⇒ Gestion et pilotage de l’entreprise avec le numérique.

88% une solution de gestion via des logiciels de facturation (69%), des logiciels de gestion comptable (68%), des logiciels de caisse (30%), des logiciels de gestion multi-usages (23%) et une solution de gestion liée au compte bancaire professionnel (19%).

En termes d’activité :

En termes de taille d’entreprise : 

50% ont des solutions de paiement : un terminal de paiement électronique classique (34%, mais 81% pour les HCR et 64 pour le commerce), une solution de paiement en ligne (26%, mais 38 les HCR et 33 le commerce ) ou un terminal de paiement associé à un smartphone ou une tablette (13%).

– 81% des solutions collaboratives via une messagerie instantanée (61%), une plateforme d’échange de documents en ligne (58%), une solution de collaboration professionnelle (39%), la signature électronique (38%) ou un Intranet/réseau social d’entreprise (28%, mais 26 les IAA et 24 les HCR.

En termes d’activité :

En termes de taille d’entreprise : 

– 39% ont des solutions de gestion de la production, des achats, et de logistique notamment une solution d’achat, d’approvisionnement et/ou de stock (25%), une solution de gestion de commandes clients et/ou des expéditions (25%), une solution de gestion de production ou de maintenance (18%), une solution de conception, modélisation, d’impression 3D (9%), ou une solution d’automatisation de la production / robots (6%). Sont davantage concernées ceux de l’industrie et du commerce et les 20 salariés et plus.

Selon les activités :

Selon les tailles d’entreprises :

34% disposent d’un terminal de paiement électronique classique fixe, 26% une solution de paiement en ligne et 13% d’un terminal de paiement associé à un smartphone ou une tablette. Ce sont des entreprises du commerce et des HCR.

 

L’exploitation de leurs données pour piloter leur activité font appel aux données de comptabilité/finances (64%), à celles relatives à leurs ventes 53%), au RH (40%) , aux fournisseurs (38%), à un tableau de bord transverse (30%), à la gestion de production (21%) et au catalogue de produits/services (20%).

 

26% ont recours à l’IA pour générer du texte, de la voix ou des images (22%), pour rechercher
des informations (14%), pour analyser, classer des documents (6%) pour automatiser des tâches (5%) ou analyser des données, faire des prévisions, optimiser les ressources (5%) ou pour le contrôle qualité (1%).

⇒ La sécurité informatique.

84% (77% en 2020) déclarent disposer d’une solution de cybersécurité, notamment antivirus (96%) et outils de sauvegarde des données à l’extérieur, le cloud (82%). 57% pratiquent des mesures et solutions de protection des locaux et des matériels, l’authentification multifacteurs (44%), la formation, sensibilisation des équipes, la présence d’un référent sécurité informatique dans l’entreprise (32%), la souscription à une assurance contre les incidents de sécurité (26%), la formalisation des mesures de sécurité et de reprise d’activité (22%), l’authentification par une méthode biométrique (22%).

 

21% ont été confronté à de l’hameçonnage / phishing (tromperie pour obtenir des informations sensibles comme des mots de passe ou des numéros de carte de crédit), 16% à des virus ou logiciels malveillants. Peu à l’usurpation de site internet, à des attaques de serveurs, à du rançongiciel (logiciel malveillant qui chiffre les données de la victime et exige une rançon pour les déchiffrer, à la manipulation psychologique pour inciter les individus à divulguer des informations confidentielles ou à effectuer des actions, à la violation de données (accès non autorisé à des informations sensibles), à la fuite de données internes (divulgation accidentelle ou intentionnelle d’informations sensibles par des employés ou des partenaires) : entre 2 et 4% chaque item.

 

37% se protègent par une action interne et 13% par un recours à l’extérieur.

⇒ Satisfaction et sobriété.

85% (dont trés 27) des entreprises sont satisfaites de la fiabilité, 81% (dont très 30) du débit de leur connexion internet, et 70% (dont très 17) le niveau de satisfaction pour le prix.

 

La sobriété numérique se traduit par la réduction de la consommation énergétique (58%), puis le recyclage des équipements (53%), l’achat de matériel reconditionné (27%) et l’éco conception de solutions numériques (20%). 

⇒ Investissement numérique.

En 2024, 3 TPE PME sur 4 ont eu un budget consacré au numérique. 42% ont dépensé plus de 1 000€ dont 16% plus de 5 000€, 33% moins de 1 000€ et 25% aucun budget. 

 

♦ Parmi les 70% d’entreprises ayant des projets en matière de numérique, acquérir ou améliorer les solutions numériques (logiciels) et les équipements numériques (matériel), ainsi que développer sa présence en ligne restent les 3 principales priorités. Les entreprises ayant des projets en matière de numérique (72% des entreprises) envisagent d’augmenter un peu leurs dépenses en numérique : 46% prévoient de dépenser plus de 1 000€ (44% en 2024), dont 14% plus de 5 000€. Lorsque le budget est supérieur à 1 000€, 60% d’entre elles pensent faire appel à des sources de financement dont la subvention publique (27%) ou le prêt bancaire (15%).

 

♦ 70% des entreprises estiment disposer de compétences en numérique, en interne (55%), en externe (37%) et 22% des compétences internes et externes. Celles qui font appel à des compétences internes sont davantage les NTIC, les services aux entreprises, des 20 salariés et plus, des moins de 30 ans, des bac +3.

 

♦ 38% des entreprises ayant des projets numériques envisagent de faire appel à leurs réseaux professionnels (prestataires), à leur expert-comptable (18%), à des réseaux spécialisés (14%), à leurs réseaux personnels ou familiaux (10%, en nette baisse). 20% des effectifs des entreprises ont suivi une formation sur le numérique (35% se sont formées sur des sujets sans lien avec le numérique).

37% déclarent rencontrer des difficultés pour identifier un prestataire de services numériques, cette démarche demandant du temps et de l’expertise ; parmi ces 37%, 14% disent ne pas avoir le temps d’analyser le marché ou l’offre du prestataire, 14% à avoir des difficultés à estimer le sérieux ou les compétences du prestataire et 9% ne pas savoir où chercher.

 

Le principal obstacle à la formation professionnelle réside dans le manque de temps disponible (55%) ; ce sont les plus de 40 ans, ceux de niveau bac qui rencontrent cette difficulté. C’est moins le financement (28%), le fait de trouver une formation adéquate (22%) ou de définir les besoins de formation (15%).

⇒Une typologie

– Les entreprises matures (25%) : elles sont plus équipées et avec des projets numériques (mais sans autre projet) et sont sur-représentées dans les secteurs NTIC, commerce, services aux entreprises, avec davantage de PME et des dirigeants plus jeunes (moins de 30 ans) et de niveau de formation plus élevé (au-delà de  Bac+3).

– Les entreprises « dynamiques » (24%) :  elles sont bien équipées et avec des projets numériques, mais aussi des projets (de tous types) en cours. Elles sont sur-représentées parmi les entreprises des NTIC, de l’Industrie et fabrication artisanale, des  IAA ; ce sont surtout des PME, des dirigeants de moins de 40 ans et de niveau de formation plus élevé (au-delà de Bac+3).

– Les entreprises « en potentiel » (12%) : elles sont moins équipées, sans projets numériques mais avec des projets (types) en cours. Elles sont sur-représentées parmi les entreprises de l’agriculture, des IAA, des HCR, de la construction, et du transport. Ce sont plus souvent des 0 salarié, dont les dirigeants sont de niveau de formation plus faible (< Bac et niveau Bac).

– Les entreprises « réticentes » (39%). Ce sont  des entreprises moins équipées, sans projet numérique et sans  projets (de tous types) en cours.  Elles sont sur-représentées parmi les entreprises de l’agriculture, de la construction, du transport. Elles ont plus souvent de 1 à 4 salariés avec des dirigeants plus âgés (> 60 ans), et de niveau de formation moindre (< Bac et niveau Bac).

 

Pour en savoir davantage : https://www.francenum.gouv.fr/files/2025-09/Barom%C3%A8tre%20France%20Num%202025%20-%20Rapport.pdf