Source des chiffres : la Fédération Française de la Franchise (FFF).
L’une des raisons de ce bon résultat réside dans l’attachement des consommateurs Français à un commerce de proximité adapté à leur besoins.
⇒ Rappel du concept et des formes de commerce sous enseigne :
♦ Le modèle des réseaux commerciaux repose sur ce que l’on appelle le commerce intégré. Ce choix de développement renvoie au déploiement des points de vente par une seule et même entité juridique (la tête de réseau), à la fois conceptrice et exploitante de l’ensemble des unités opérationnelles (boutiques, magasins, supermarchés…) ; elle ne fait appel à aucun partenaire extérieur indépendant. Lorsqu’une telle entreprise cherche à étendre son implantation sur un territoire, elle procède par création de succursales, c’est-à-dire d’établissements secondaires dépourvus d’autonomie juridique.
Ce modèle permet au distributeur de s’assurer du contrôle intégral des conditions de commercialisation de ses produits, et d’éviter que des points de vente stratégiques ne migrent vers des enseignes concurrentes ; mais cela coûte cher.
♦ Par contre, la franchise est un contrat par lequel un franchiseur met à disposition d’un franchisé « un concept » dont le franchiseur a éprouvé la réussite et que le franchisé va dupliquer. Ce « concept » repose sur trois piliers : la transmission d’un savoir-faire, des signes distinctifs de ralliement de la clientèle et une assistance commerciale et technique. Le franchisé doit quant à lui payer le franchiseur (droit d’entrée, redevances, prix des marchandises) et suivre les normes de la franchise dans l’exploitation du fonds de commerce, dans le respect de l’identité commune du réseau.
Il est important de souligner qu’il n’existe pas à proprement parler de « droit de la franchise ». Toutefois, depuis 2015, le Code de commerce intègre deux articles concernant spécifiquement les réseaux de distribution commerciale dont les membres sont des commerçants détaillants ; par ailleurs, les contrats de franchise sont encadrés par les règles du droit de la concurrence.
♦ La franchise n’est pas le seul mode d’organisation d’un réseau commercial ; il existe :
– La location-gérance : l’exploitation d’un fonds de commerce aux risques et périls du preneur ; Même si le gérant exploite le fonds appartenant à autrui, il le fait en son nom et pour son compte. La location-gérance étant très souvent combinée à la franchise lorsque le preneur d’affaires se lance.
– Les réseaux de concession : la concession peut se définir comme un contrat par lequel une tête de réseau (le concédant) confie à son contractant (le concessionnaire) la mission d’assurer la distribution de ses produits et services sur un territoire généralement exclusif. Toutefois, contrairement à la franchise, le concédant n’a pas obligation de transmettre une méthode de gestion spécifique et confidentielle ; il ouvre simplement l’accès à sa gamme et à son réseau.
– Les réseaux de licence de marque : le titulaire concède au licencié le droit d’utiliser sa marque sur un territoire et dans un secteur d’activité précis, en contrepartie d’une rémunération. Dans la pratique, ce modèle se limite principalement à instaurer une unité visuelle via une enseigne commune. On y trouve des contrats d’affiliation à des centrales d’achat.
– Les réseaux de commission-affiliation : le commissionnaire-affilié ne possède pas la marchandise ; il est simplement chargé de la vendre pour le compte de la marque, en échange d’une rémunération calculée sur le chiffre d’affaires réalisé.
– Les réseaux de distribution sélective, surtout répandus dans le secteur du luxe.
– Les réseaux d’intermédiaires de commerce : on y trouve les gérants de succursale (juridiquement indépendant, il exerce son activité dans un local fourni par une entreprise, à ses conditions et à ses prix, en vendant ses marchandises ou en recueillant ses commandes exclusivement ou quasi-exclusivement pour le compte de l’entreprise), les VRP, les agents commerciaux, les commissionnaires et courtiers
– Et le modèle horizontal de la coopérative
⇒ Quelques chiffres
♦ en 2025 :
– 93Md€ de chiffre d’affaires (+4,9% en 2025),
– 1 million d’emplois directs (+54 000 postes sur un an),
– 2 035 réseaux de franchise, 93 395 points de vente (+2,9%) et en moyenne 46 points de vente par réseau.
– L’alimentaire constitue le 1er secteur de la franchise en volume de chiffre d’affaires, avec 33,8% du marché d’ensemble de la franchise ou 31,7Md€, puis la restauration rapide (31,4Md€), l’équipement de la maison (9,8Md€), des commerces divers (9,6Md€) et la vente et réparation auto (6Md€).
Le nombre d’enseigne : l’équipement de la personne regroupe 316 enseignes, la restauration rapide 298 enseignes, les services aux personnes 295 enseignes, l’alimentaire 203 enseignes et des commerces divers 163 enseignes.
Un ancrage territorial fort :
La franchise apparaît comme un outil de consolidation du tissu économique local, par le biais d’entrepreneurs enracinés dans leur territoire.
A l’échelle départementale, 59% (71% chez les moins de 35 ans) ont choisi d’ouvrir leur point de vente dans le même département que leur activité précédente.
À l’échelle régionale, 82% ont établi leur enseigne dans la même région que leur précédente activité professionnelle.
La franchise sur le territoire (hors Île-de-France) : 60% sont implantés dans des villes d’au moins 20 000 habitants (dont 30% plus de 100 000), 30% entre 2 000 et 20 000 habitants et 10% dans des communes de moins de 2 000 habitants.
En milieu rural, on trouve le commerce alimentaire de proximité, dont Vival, magasin multiservices, la boulangerie artisanale, certaines formes de restauration de proximité (Tutti Pizza), les services à la personne (O2, Axeo Services, DOM et VIE ou encore Les Menus Services).
♦ Le profil des franchisés ou des futurs franchisés :
Ils sont en 2025 90 000 (17% des indépendants du commerce).
76% des franchisés étaient salariés auparavant, et parmi eux 42% ont changé de secteur d’activité. 28% (38% chez les 50-64 ans) ont opéré une reconversion totale ; parallèlement,14% ont choisi de rester dans un secteur proche de leur activité précédente.
En termes de niveau de diplôme, 35% des franchisés ont uniquement le baccalauréat général, ou professionnel ou pas le Bac du tout, 44% Bac + 2 ou Bac + 3, et 21% Bac + 4 ou au-delà.
Parmi les Français envisageant de se lancer, 51% déclarent qu’ils pourraient le faire en franchise. L’âge moyen pour l’ouverture d’un premier point de vente se situe à 35 ans.
♦ Quelle évolution ?
– Entre le chiffre moyen 1990-2000 et 2025, le chiffre d’affaires a été multiplié par 3,4, le nombre de points de vente par 2,8 et le nombre d’enseignes par 3,8. C’est le nombre de points de vente qui a le plus progressé entre les périodes 2010-2020 et 2020-2025.
– Entre 2024 et 2025, l’évolution par type d’activité est majoritairement favorable, tant pour la hausse de chiffre d’affaires, du nombre de points de vente ou d’enseignes pour 6 activités ; toutefois pour 5 d’entre elles, si le chiffre d’affaires a progressé, ce n’est plus habituellement le cas pour le nombre de points de vente et d’enseignes ; enfin 4 activités connaissent des baisses dans ces 3 modalités.
⇒ Leur organisation
– Dans la relation client, les franchisés sont largement équipés pour proposer à leurs clients une palette complète de services digitaux via leur site Internet : 89% la géolocalisation des points de vente, 77% et même 85% dans le commerce de détail la communication sur les opérations événementielles ou promotionnelles, 56% la prise de rendez-vous en ligne, 40% l’information des stocks disponibles, 39% le Click & Collect .
Près de neuf franchisés sur dix utilisent des outils numériques pour entretenir le lien avec leurs clients : l’e-mail et le SMS restent les canaux de contact privilégiés (74%), suivis des publications sur les réseaux sociaux (61%) puis de l’envoi d’enquêtes de satisfaction (59%). 57% proposent une carte de fidélité, la carte commune à l’ensemble du réseau restant la plus répandue.
– Les réseaux sociaux occupent une place également centrale dans la stratégie de communication des franchisés : 83% y sont présents. Facebook reste le réseau le plus utilisé (76%), suivi par Instagram (61%).
94% des franchiseurs accompagnent leurs franchisés dans l’utilisation et l’optimisation des outils numériques pour communiquer avec leurs clients.
♦ Il leur faut anticiper les freins à la sortie du réseau : les clauses de non-concurrence et autres dispositions limitatives :
La durée moyenne d’un contrat de franchise étant de 7 ans, il est avisé d’anticiper la sortie du réseau en cas de non-renouvellement du contrat. Cela implique de se pencher en détail sur les clauses dites « post-contractuelles » et qui comportent notamment les clauses de non-concurrences, les clauses de non-affiliation ou encore les clauses de forclusion.
⇒ Pour mémoire,
La Fédération Française de la Franchise (FFF), fondée en 1971 regroupe près de 200 enseignes adhérentes (40% du chiffre d’affaires total de la franchise en France). La FFF propose à ses adhérents une expertise pour faciliter le dialogue entre les têtes de réseau et leurs affiliés (un service de médiation pour éviter les contentieux) et assure également une mission pédagogique en proposant des formations aux franchisés et aux franchiseurs.
En 1972, la European Franchise Federation fixe les bons usages et principes directeurs ( le code de déontologie européen de la franchise) régulièrement mis à jour depuis.
Le rapport développe à la fois des conseils pour les franchisés et 7 recommandations.
Pour savoir davantage : https://www.senat.fr/rap/r25-764/r25-764.html