Un baromètre de la santé des patrons de petites entreprises.


"Baromètre de la santé mentale et physique des dirigeants", Fondation MMA, lu juin 2026

Méthodologie : 1000 dirigeants d’entreprises d’au moins 1 salarié, 68% sont des 1-5 salariés, 27% des 6-49 salariés et 5% au-delà ; 44% appartiennent au secteur des services, 26% à ceux du commerce et des HCR et 22% à la construction et à l’industrie. 

Ils ont été interrogés par téléphone par l’IFOP, entre le 17 février et le 5 mars 2026. Pour assurer la représentativité de l’échantillon, les résultats ont été redressés en termes de nombre de salariés, secteur d’activité et région.

L’étude se focalise sur le mauvais état de santé psychologique.

 

Seuls 12% des dirigeants disent être accompagnés dans leurs parcours de santé, alors qu’ils déclarent être 12% en mauvaise santé de façon générale et 24% en santé psychologique difficile.

⇒ Sont-ils en bonne  santé ?

88% se disent en bon état de santé général (dont 34% trés bon), un état de santé qui tend à s’améliorer au fil des années (+10 pts en 10 ans). Mais 85% de ces mêmes sondés ressentent au moins un trouble de santé, un chiffre en très nette augmentation sur ces 5 dernières années (+26 points vs. 2021).

 

12% se déclarent toutefois en mauvais état de santé général : davantage ceux de la construction, les plus de 5 ans d’ancienneté en tant  que dirigeants, les plus impliqués dans la conduite de leur l’entreprise.

76% disent être en bon état psychologique (dont 27 en trés bon état). Par contre, 24% se déclarent en mauvais état de santé ; qui sont-ils ? Ceux aussi en mauvais état de santé général ; on y retrouve ceux de la construction ; les dirigeants de petites structures, les dirigeants les plus impliqués dans la conduite de l’entreprise et ceux de plus de 10 ans en tant que dirigeant, se disent fragiles, mais les écarts sont modérés.

Pourtant 51% des répondants disent souffrir ou avoir souffert de difficultés psychologiques dont 24% actuellement et 27% par le passé (est-ce à dire que ces difficultés n’étaient que passagères ?)

 

Au regard du tableau par activités, publié dans le communiqué de presse, les dirigeants les plus en difficulté de santé sont localisés en 1er lieu dans l’agriculture, puis la construction et ensuite la santé et l’action sociale, puis les transports ; par contre ceux en situation plus favorable le sont dans les activités commerce, industrie et services aux particuliers.

⇒ Les dirigeants en mauvais état de santé psychologique sont davantage touchés par l’épuisement, l’anxiété, le découragement, la dépression.

♦ Ils le sont toujours davantage que l’ensemble des autres répondants (des écarts compris entre 15 et 36 points) ; les écarts les plus importants sont le fait des états d’impuissance, de découragement, de perte de motivation (écart de 36 points) et le fait de troubles anxieux (écart de 33 points), alors que le sentiment d’échec connait le plus faible écart (15 points). Noter que 50% déclarent ressentir un sentiment d’épuisement permanent.

ils disent aussi des difficultés de concentration, un sentiment de solitude face aux décisions lourdes.

⇒ Plus que les autres, ils sont bousculés par la conjoncture et une forte charge de travail.

Constatons d’abord que leur entreprise se développe moins bien et que les difficultés rencontrées sont plus nombreuses.

Ils sont davantage exposés à une surcharge de travail, à la lourdeur des démarches administratives, à l’incertitude due à l’instabilité économique, au manque de visibilité, et craignent davantage le risque juridique. Ils ont aussi un soutien plus modéré de leurs collaborateurs et une gestion RH plus difficile.

A titre personnel, ils affichent un moins bon équilibre vie pro/vie perso, une moindre activité physique régulière, moins de déconnexion avec les outils professionnels numériques, et la crainte d’être dépassé par les évolutions.

⇒ Quels soutiens ?

La famille et leurs proches sont trés présents, autant que pour les autres répondants (86 vs 89) ; il en est de même pour l’appui d’un professionnel de santé, mais dans une moindre mesure (24 vs 23).

Par contre, en ce qui concerne les soutiens professionnels, ils y font moins appel, qu’ils s’agissent des collaborateurs, des associés ou de réseaux d’entrepreneurs.

A titre personnel, ils s’impliquent moins dans une façon d’être qui contribuerait à une meilleure dynamique (équilibre de vie perso/vie professionnelle,  activité  physique régulière, déconnexion du numérique).

⇒ Quelles conséquences ce mauvais état de santé et comment y remédier ?

♦ Un fort impact sur leur dynamisme avec une perte de motivation (63%), des difficultés à se projeter (47), le sentiment d’une perte de contrôle (37), la difficulté à prendre des décisions (30). Et du coté des effets sur l’entreprise, la baisse de productivité (40), la baisse du chiffre d’affaires (40), une perte de client (25) et un non respect des délais (23) et en termes relationnels, un management plus directif (31), des difficultés relationnelles avec les collaborateurs (26), et avec les clients (24).

 

34% envisagent de stopper leur activité. Qui sont-ils ?
Ceux qui l’envisagent sont plus souvent propriétaires en activité de leur entreprise et de plus  de 50 ans (notamment dirigeants depuis au moins 20 ans) ; ils sont plus souvent à la tête d’entreprise de 1 à 5 salariés ; ce sont plus souvent des hommes.

 

♦ Pour améliorer leur état psychologique, ils envisagent surtout un changement de comportement : faire du sport (63%), un meilleur équilibre vie perso/vie professionnelle (56), un meilleur sommeil (57), une déconnexion des outils numériques (56), une meilleure alimentation (49), l’exercice de la méditation (27). Ils sont bien moins nombreux à envisager de faire appel au recrutement ou à la délégation (33) ou à un réseau de chefs d’entreprise, voire à un coach (12) ; rappelons que 34% envisagent de cesser leur activité.

Ils sont encore moins nombreux à faire appel au coté médical : un professionnel de santé (28%) et des médicaments (15).

⇒ Quel positionnement face à l’accompagnement pour l’ensemble des répondants ?

♦ 12% se font actuellement accompagner et 16% le souhaiteraient. Qui sont ces 28% ? 

En termes de profil : avantage de femmes (50% vs 35 ou +9 points par rapport à l’importance des femmes), puis les dirigeants de moins de 3 ans (21 vs 12 soit +9 points) ou les moins de 50 ans (59 vs 50 ou +9 points)
En termes d’entreprise, les 1 à 5 salariés (78 vs 72 ou +6 points),  et ceux du secteur public ? (13% vs 7 ou 6 points)

Les maux ressentis : il se disent plus exposés à l’épuisement, aux troubles anxieux, au sentiment de submersion, à la solitude, à la dépression, aux difficultés de sommeil, de concentration, et plus irritables.
Les difficultés rencontrées : ils expriment davantage  de décalage entre l’engagement des collaborateurs et leurs attentes.
Impact sur leur vie professionnelle : davantage de difficultés à innover, moins de prise de recul stratégique.
Les pistes pour améliorer l’état psychologique : ils citent davantage ce qui relève des actions médicales / alternatives (professionnel de santé, méditation, médicaments, coach, thérapies digitales)

 

♦ 72% ne souhaitent pas être accompagnés. Qui sont-ils ?

Plus souvent des hommes (71% vs 65 en moyenne soit +6 points) ; les autres écarts sont peu importants : dirigeants de plus de 10 ans (69% vs 65 soit +4 points), ceux du secteur construction (24% vs 20 soit +4 points), chef d’entreprise de 6 salariés et plus, et ceux en bonne santé en général (70% vs 66 soit +4 points).

Ils sont  moins exposés à l’épuisement, aux troubles anxieux, à la solitude, à la dépression, aux difficultés de concentration et ont un meilleur équilibre vie perso/vie professionnelle.
Ils sont aussi moins accompagnés par un professionnel de santé (17% vs 24) et souhaitent moins faire appel à la méditation, à la prise de médicaments.
Quant à leur vie professionnelle, ils ont moins de difficultés à innover et ont davantage le soutien de leurs collaborateurs et de leurs associés.

 

Pour consulter les autres baromètres, voir dans le blog le mot clé https://letowski.fr/tag/conditions-de-vie-du-chef-dentreprise/

Pour en savoir davantage  : https://fondation-entrepreneurs.mma/FCKeditor/UserFiles/File/05%202026%20FMMA%20CP%20BARO%20SANTE%202026%20-%20VDEF.pdf