Méthodologie : les données relatives aux effectifs et aux revenus des travailleurs indépendants classiques et les auto-entrepreneurs (un peu moins nombreux que les microentrepreneurs) sont issues d’une extraction des bases de données centralisées à l’Urssaf Caisse nationale au 31 mai 2025. Les effectifs sont ceux de fin 2024.
L’analyse de la polyactivité des TI est réalisée sur la base d’un appariement avec des données issues de la Déclaration sociale nominative (DSN), via des identifiants cryptés.
Les revenus des TI classiques sont ceux de 2023 et présentés hors taxation d’office. Pour les AE, ce sont les revenus 2024 correspondant aux chiffres d’affaires strictement positifs déclarés desquels est déduit l’abattement forfaitaire pour prise en compte des frais professionnels.
Pour un nombre très marginal d’indépendants, le sexe ou l’âge ne sont pas disponibles : ce constat affecte marginalement certains niveaux d’effectifs mais pas les proportions calculées.
Les autoentrepreneurs actifs économiques sont aussi nombreux que les autres indépendants (en entreprise individuelle ou en gérance majoritaire de société).
⇒ Les indépendants fin 2024 : nombre, sexe et tranches d’âges.
♦ Les indépendants hors autoentrepreneurs
1 907 373 sont identifiés fin 2024 (entrepreneurs individuels et gérants majoritaires de Sarl notamment) ; ils étaient 1 900 900 fin 2023.
En termes d’activité, les services (services aux entreprises, aux particuliers, transport, activités financières et immobilières) sont les secteurs d’activité les plus nombreux totalisant 60%, suivis du commerce (21%), puis du secteur secondaire (BTP, industrie et agriculture) avec 14%.
La santé est le secteur où les chefs d’entreprise sont les plus nombreux (27% dont les professions paramédicales sont 54% des dirigeants de ce secteur) ; il est suivi du commerce avec 21% (dont en son sein le commerce de détail avec 45% et les HCR 34).
Les femmes sont 38,5% des chefs d’entreprise. Elles sont particulièrement présentes dans les professions de santé (62%), et dans certaines activités telles : la coiffure (83,5%), les service autres aux personnes (60,5%), les activités juridiques (57,5%) et encore entre 42 et 48% les activités de commerce de détail, l’hébergement (les chambres d’hôte…), ou l’enseignement. Elles le sont très peu dans le BTP (entre 4,1 et 5,8%), le transport (entre 10 et 16%), la mécanique auto (9%, l’informatique (12%).
Noter que l’importance des femmes cheffes d’entreprises indépendantes est un peu plus marquée dans le sud de la France, et moins en Ile-de-France.
Les moins de 30 ans sont 6,7% ; ils sont nettement plus nombreux au sein de 3 activités que sont les livraisons à domicile (46%), les ventes à distance (20) et les professions paramédicales (15).
Par contre les 55 ans et plus sont 45% des chefs d’entreprise ; si des activités comme l’hébergement (49%) ou la vente sur les marchés (59%) n’ont pas vocation à être reprises, certaines autres activités le sont telles l’agriculture (46), le commerce de gros (41), certains commerces de détail (40), l’industrie (39) ; d’autres activités sont nécessaires aux besoins de la population comme la médecine généraliste ou de spécialité (entre 38 et 41), la réparation hors auto (44). Notons aussi les activités immobilières (44) et l’enseignement (41).
♦ Les employeurs sont 39,5% des chefs d’entreprise
Ils sont présents dans 3 groupes d’activité dans la totalité de leurs métiers : le commerce (entre 40 et 58%) sauf les ventes sur les marchés (15,5), le BTP (51,6) et l’industrie (48).
Ils le sont partiellement dans les autres groupes comme la santé (pharmacie, 79, action sociale 68 et pratique dentaire 61), le transport (transport/déménagement 61 et entreposage 51), les services aux entreprises (le nettoyage 50) et les services aux personnes (coiffure 52).
Globalement, ils le sont moins dans les services aux personnes (18-33 sauf coiffure), les services aux entreprises (21,5 à 35,5), les taxi/VTC (15), la livraison à domicile (20), la vente sur les marchés (15,5) et les professions paramédicales (10,5).
Les écarts entre les hommes et les femmes sont plus favorables aux hommes (44,6% sont employeurs vs 31,3 chez les femmes). Cette situation est fréquente pour la plupart des activités ; elle l’est davantage dans les activités (écart d’au moins 10 points) : de métier “technique” tel commerce de bouche (-16), ou des activités où le chef d’entreprise homme est plus développeur telles les autres services aux personnes (-12 , dont aides à domicile), ou les activités immobilières (-12), l’hébergement (-11, sans doute l’hôtellerie), le commerce de gros (-10), la coiffure (-10), les activités récréatives (-10), l’enseignement (-10).
Par contre les femmes sont plus employeurs dans des activités où elles seraient davantage en situation de gestionnaire, dans certains cas (hypothèse) à la place du conjoint par ailleurs en situation de salarié ? : en taxi/VTC (+14), la livraison à domicile (+13,5), le transport routier/déménagement (+8,5), le nettoyage (+8) ; ajoutons l’activité pharmacie (+20) ou les femmes sont de loin majoritaires comme exploitantes.
Noter que les femmes sont 30,5% des employeurs (un peu moins que leur importance chez les travailleurs indépendants hors autoentrepreneurs, 38,5%). Elles le sont particulièrement dans les activités : toutes les activités santé (entre 37 et 71%), mais aussi la coiffure (81), les activités juridiques (50) et les autres services aux personnes (50) ; ce sont des activités où elles sont majoritaires, qu’elles y soient employeurs ou non employeurs.
♦ Les autoentrepreneurs économiquement actifs.
En termes d’activité, les services concernent 68% des autoentrepreneurs vs 60 pour les autres indépendants. Les services aux entreprises y sont plus nombreux (29% vs 17) et les services aux personnes encore plus nombreux (21,5 vs 6,6), mais ceux de la santé sont bien moins nombreux (5 vs 14,8 du fait de la non possibilité des indépendants libéraux d’accéder au statut d’autoentrepreneur). Ceux du commerce sont aussi moins nombreux (14,8 vs 21).
Le % des actifs économiques chiffre 67,5%, soit 1 966 545 entrepreneurs, alors que prés de 950 000 sont immatriculés sans activité économique (à nuancer du fait de non versements de cotisations sociales de certains, en fraude donc, notamment nombre de livreurs à domicile, pourtant en activité).
Certaines professions ont des taux élevés d’activité économique telles les professions de santé qui ne peuvent accéder au statut d’autoentrepreneur (83%), celles de l’agriculture (80), de l’industrie (76), des services aux personnes (75,5 et chaque activité dans ce secteur avec des taux entre 72 et 80), et ceux du BTP (entre 72 et 76) ; noter aussi les taux élevés pour l’hébergement (83), la vente sur les marchés (78), au sein du commerce, alors que les taux pour leurs autres activités varient entre 50 et 67 ; noter aussi celui pour les activités juridiques (77) et l’enseignement (76). Par contre les taux sont faibles pour les transports, notamment le transport routier/déménagement (36) et la livraison à domicile (32).
Les femmes sont 45,8% des autoentrepreneurs actifs, mais nettement davantage dans les activités coiffure (93,5), santé (83), dans l’ensemble des services aux personnes (74), dans les activités juridiques (62), l’industrie (61 du fait des métiers d’art), l’hébergement (61, chambre d’hôte notamment), dans l’enseignement (56) et les activités immobilières (53).
Elles le sont peu, comme pour les autres indépendants, pour l’ensemble des activités du BTP (entre 1 et 4) et celles des transports (5 à 10) ou la réparation auto (5) ; elles sont un peu plus présentes dans les activités informatiques (27), nettoyage (30), activités financières (37), ventes sur les marchés (38) et les activités des arts et spectacle (39).
Les femmes sont globalement plus fréquemment actives économiquement que les hommes, sauf dans quelques activités comme le BTP, le transport et la réparation auto, activités où elles sont aussi peu présentes.
⇒ La polyactivité, notamment chez les autoentrepreneurs (29,7%) vs 11,3 chez les autres travailleurs indépendants.
La polyactivité est très présente chez les autoentrepreneurs dans les activités : sportives (46%), éducatives (44), récréatives (39), santé (39), taxi/VTC (37) et bien sur la livraison à domicile (47,5). Elle l’est très peu dans le BTP (11,5%) et le commerce sur les marchés (11).
Noter que les femmes sont un peu plus polyactives que les hommes (31,5% vs 28,3).
Pour mémoire, les autres travailleurs indépendants ne sont que 11,3% à être polyactifs. Ils le sont surtout dans les activités de santé (en médecine spécialisée 55%, en médecin générale 34), quelques activités de service aux entreprises (21 et 25%), l’activité immobilière (22) et l’enseignement (20,5).
Par contre, ils le sont très peu dans le BTP (entre 4,6 et 6,9%), la réparation auto et la coiffure (6), la pharmacie (7), les métiers de bouche (7), le taxi/VTC (5).
⇒ Les revenus
♦ Les revenus des indépendants hors autoentrepreneurs.
Les professions les mieux rémunérées sont celles régies par des ordres ou règlementées, notamment la santé (entre 78K€ annuel et 139), les activités juridiques (95K€) et les activités financières et d’assurance (64K€).
Suivent des activités de consultance, avec les services aux entreprises (entre 46 et 53K€) ; au même niveau de rémunération on trouve aussi le paramédical (43K€).
Puis les activités de maitrise technique avec le BTP, l’industrie, l’agriculture, le transport de fret, la réparation auto (entre 30 et 39K€).
Puis le commerce et les HCR (entre 20 et 30K€), hors le commerce de gros (40K€) et la vente sur les marchés (10K€)
Pour terminer par les services aux personnes (entre 15 et 25K€), auxquels on peut ajouter l’action sociale (29K€) mais aussi l’enseignement (25K€), les Taxi/VTC (18K€) et la livraison à domicile (8K€)
♦ Les revenus des autoentrepreneurs ont des montants beaucoup plus faibles (une moyenne de 7 641€) ; la désescalade des montants suivent globalement les mêmes tendances que les revenus des autres travailleurs indépendants :
La consultance tout d’abord entre 8 400 et 13 600€, intégrant les activité financières et immobilières, avec l’exception de l’activité juridique (16 900€).
Les activités règlementées de santé sont globalement exclues du statut de l’autoentrepreneuriat ; on ne trouve en autoentrepreneurait que les autres activités dont l’action sociale avec 9 500€.
Les métiers techniques dont le BTP, le mieux loti avec environ 11 000€, mieux que les métiers de l’agriculture (7 000€), de la réparation auto (6 000€) et de l’industrie (4 100 mais sans doute une forte proportion de métiers d’art).
Les services aux personnes précèdent cette fois le commerce (entre 5 600 et 6 800)
Le commerce entre 4 300 et 6 300€, avec l’exception du commerce de gros (9 800), de l’hébergement (9600) et de la vente sur les marchés (3 400).
♦ Une comparaison sommaire est proposée entre les travailleurs indépendants hors autoentrepreneurs et les salariés, à partir de données communiquées par l’Urssaf ; elle devrait être grandement améliorée, pour disposer d’une base comparable sur le calcul des revenus et sur le repérage des écarts sur les métiers (impact des cadres dans certaines activités par exemple). Elle est proposée pour le repérage de quelques tendances : un net écart au profit des indépendants dans les professions règlementées, et un écart inverse au profit des salariés des activités de service aux personnes et une proximité pour les métiers “techniques”, ceux de la consultance et du commerce.
♦ Les écarts de revenus femmes et hommes sont proches qu’il s’agisse des indépendants (-20%) ou des autoentrepreneurs (-19,1%).
Les écarts sont assez fréquents entre -30 et -42% dans nombre de métiers ; il est très fréquent dans les professions règlementées et les activités de consultance.
Par contre chez les autoentrepreneurs, l’écart est souvent plus faible (plutôt inférieur à 20%) au sein des métiers, avec toutefois quelques exceptions d’importance : industrie (-61%), réparation autre qu’auto (-42), informatique (-36), métiers de bouche (-33), vente à distance (-31).
Par contre, dans quelques activités, les rémunérations des femmes sont nettement supérieures : activité juridique (+29%), livraison à domicile (+19), entreposage (+9).
⇒ Le nombre de création d’entreprise en 2024
L’Urssaf fait état de 929 547 créations d’entreprise (TI et AE cumulé) dont 762 417 sous forme d’autoentrepreneur (82% de ces créations), mais dont on ne sait si toutes feront des recettes. 41,6% sont le fait de femmes.
L’importance des femmes cheffes d’entreprise est grande dans les activités santé (72%), les services aux personnes (61) où la plupart des métiers font état d’une majorité ou d’une quasi majorité de femmes sauf la réparation hors auto (23) ; elles sont aussi majoritairement présentes dans l’industrie (53, notamment des métiers d’art), et l’enseignement (53).
Leur présence se situe autour de la moyenne dans les services aux entreprises, mais avec des taux plus élevés pour les activités juridiques (65) et 2 métiers moins valorisés, que sont les activités de design (60) et ceux de soutien administratif aux entreprises (55) et par contre un taux faible dans l’informatique (26). Leur présence s’observe aussi dans la commerce (entre 36 et 56%), à l’exception de la réparation auto (26).
Elles sont peu présentes dans le transport (10) et le BTP (4).
Pour en savoir davantage : https://www.urssaf.org/files/Statistiques/Nos%20%C3%A9tudes%20et%20analyses/Employeurs/Nationale/2026/Recueil_statistique_Journee_du_8_Mars_2026.pdf