Méthodologie : l’analyse repose sur deux axes complémentaires :
– L’évolution de l’emploi dans le commerce et la restauration, à partir des données Urssaf ;
– La vacance commerciale en centres-villes, mesurée à partir d’un recensement de 155 000 emplacements commerciaux situés dans les centres-villes de 355 communes françaises.
Définition : le taux de vacance est défini comme le rapport entre le nombre de locaux vides et le nombre total d’emplacements commerciaux en pied d’immeuble.
Si l’emploi progresse dans les HCR et la boulangerie-pâtisserie, il a régressé dans le commerce d’habillement-chaussure et dans les hypermarchés.
=> Le nombre de commerce et la création d’emplois.
– En 2024, le commerce et la restauration emploient près de 3 millions de salariés, soit 15% de l’emploi privé. Entre 2006 et 2024, 606 000 emplois ont été créés, soit une hausse de 26%, contre 13% pour l’ensemble de l’emploi privé, alors que la population n’a augmenté que de 6%.
– La création d’emplois touche presque tous les départements, sauf l’Indre, la Creuse, la Nièvre, le Territoire de Belfort et la Haute-Marne. La croissance est particulièrement forte dans les zones littorales et le Sud (+20 % à +55 %) qui sont aussi les régions où la croissance démographique est la plus forte. Dans les grandes villes, la hausse est également élevée : +38% pour les villes de 200 000 à 500 000 habitants, +31% à Paris. Même les petites communes (<15 000 habitants) connaissent une progression de +29%.
– Dans le même temps, le nombre d’établissements du commerce et de la restauration a progressé de 12% entre 2006 et 2024, pour atteindre environ 433 000 établissements.
Le chiffre d’affaires du commerce et de la restauration a progressé quant à lui de 63% depuis 2006.
⇒ Cette bonne dynamique ne concerne pas toutefois tous les commerces :
– Entre 2019 et 2024, la création d’emplois est polarisée dans certaines activités. La restauration rapide se distingue avec la création de 66 124 emplois, suivie par la restauration traditionnelle (+32 041) et la boulangerie (+30 647). À l’inverse, plusieurs secteurs enregistrent une baisse de l’emploi sur la période, en particulier l’habillement (-17 459), les commerces de chaussures (-5 359) et les hypermarchés (-5 359).
– 6 660 emplois ont été créés dans le e-commerce entre 2019 et 2024. L’emploi salarié dans le e-commerce représente 11% de l’emploi du commerce en 2024, contre 1% en 2006.
– Après la crise sanitaire, la dynamique de l’emploi devient plus irrégulière. La restauration enregistre une baisse en 2020, suivie d’une forte reprise en 2021. À partir de 2023, la création d’emplois ralentit, avec une baisse de 4 197 emplois, puis une quasi-stagnation en 2024 (+578 emplois)

=> La vacance commerciale est en hausse et concerne 11% du parc de magasins en 2024

– En 2024, le taux de vacance atteint 11% en moyenne en France, contre 6,8% en 2014. En Île-de-France, il s’élève à 7,9% en 2024, contre 3,8% dix ans plus tôt. La hausse de la vacance a été plus marquée entre 2014 et 2019, avec une augmentation moyenne de 2,7 points, puis plus modérée entre 2019 et 2024 (+1,5 point).
– Selon la taille des territoires : le taux de vacance est plus élevé dans les villes de 50 000 à 100 000 habitants (13,8%) que dans les villes de plus de 100 000 habitants (8,7%). Sur la période 2019-2024, 37% des 355 villes étudiées ont toutefois réduit leur taux de vacance. Cette part atteint 48% pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants.
L’étude montre que :
- L’évolution de la population n’a pas de lien avec la vacance commerciale.
- Les villes à fort potentiel touristique n’ont pas mieux évolué que les autres.
- La présence d’enseignes nationales ou internationales (30 % des locaux occupés) n’a pas d’impact sur l’évolution du taux de vacance.
Suit un palmarès des villes observées par tranche de taille.
En savoir plus : en ligne sur le site de La Fédération des Acteurs du Commerce dans les Territoires
Article rédigé par Svend Candil-Petersen, Institut Supérieur des Métiers