Méthodologie : près de 40 000 entreprises des secteurs marchands non agricoles, de 1 à 249 salariés et réalisant moins de 50M€ de chiffre d’affaires ont été interrogées à l’automne 2025. 4 722 ont répondu entre le 5 novembre et le 2 décembre 2025.
Les réponses à ces questions spécifiques ont été redressées sous 2 dimensions de façon à reproduire la démographie des TPE-PME : le nombre de salariés, de façon à corriger la sous-représentation des TPE et le secteur d’activité, de façon à corriger la sur-représentation de l’industrie et la sous-représentation du secteur du tourisme.
Bonne nouvelle : pour le moment les bénéficiaires de PGE sont moins nombreux à déclarer ne pas pouvoir rembourser ce prêt.
⇒ En 2025
♦ L’activité des entreprises :
La situation conjoncturelle des TPE-PME s’est dégradée fin 2025. Les indicateurs d’activité et d’embauches sont repartis à la baisse, après avoir marqué une pause au printemps, et rejoignent des niveaux comparables à ceux de 2013 en termes d’activité, année de croissance faible. Les TPE-PME souffrent notamment d’un manque de débouchés, leurs carnets de commande restant assez peu remplis.
Les entreprises innovantes, fortement exportatrices et de grande taille résistent un peu mieux. Tous les secteurs connaissent une conjoncture difficile fin 2025, celui de la construction étant le plus en souffrance.
L’industrie et le commerce connaissent une situation difficile, qui se maintient plus ou moins par rapport à l’année passée (baisse de 2 et 3% de leur chiffre d’affaires, de même ampleur qu’en 2024). Le tourisme, les services et les transports connaîtraient un léger repli de leur chiffre d’affaires (de l’ordre de 1%). Le secteur des services aux particuliers connaît plus de difficultés que celui des services aux entreprises. La construction est le secteur le plus touché (baisse du chiffre d’affaires de 4% après −2% en 2024). ; les dirigeants de ce secteur sont les plus pessimistes.
♦ Les effectifs : quel que soit le secteur d’activité, les embauches seraient nettement moins dynamiques qu’en moyenne par le passé.
Par taille, la dynamique d’embauches est mieux orientée chez les TPE (stabilité) et les PME de 100 à 249 salariés que chez les 10-99 salariés.
La dynamique d’embauches des TPE-PME marque le pas, qu’elles soient exportatrices ou non, innovantes ou non. Les créations d’emplois restent, comme habituellement, plus allantes chez les entreprises innovantes et celles tournées vers l’international.
25% sont confrontées à des difficultés de recrutement importantes (toutefois en baisse de 2 points sur le semestre et de près de 20 points en 3 ans) et 44% des difficultés de plus faible ampleur. Elles sont relativement faibles quel que soit le secteur et refluent légèrement dans le tourisme, les services, le commerce et les transports, mais remontent très légèrement dans l’industrie (30%) et se stabilisent dans la construction (32%).
♦ Les difficultés d’approvisionnement sont globalement stables, contraignant l’activité de 27% des TPE-PME (+2 points sur le semestre,−2 points sur un an).
♦ La situation financière s’est légèrement dégradée en 2025. 30% des TPE-PME jugent leur trésorerie difficile, une proportion en hausse de 3 points en 6 mois, mais qui reste proche de leur moyenne historique (29).
14% déclarent rencontrer des difficultés pour financer leur exploitation courante, une proportion en légère hausse sur le semestre (+0,7 point) et similaire au niveau observé avant la crise sanitaire (en 2018-2019). Ces difficultés d’accès augmentent dans le tourisme (20% +3 points), dans le commerce et les services (+2 points) et se stabilisent dans l’industrie et les transports et refluent dans la construction (11%).
Le niveau insuffisant de l’activité et/ou des perspectives incertaines restent, de loin, la principale source des difficultés d’accès au crédit de trésorerie pour 60% .
11% déclarent avoir été confrontées à des difficultés pour financer leurs investissements au cours des 6 derniers mois, une proportion en hausse d’1 point par rapport au semestre précédent et proche de celle observée avant la crise sanitaire (10 % en 2018-2019).
40% des jugent toujours le coût du crédit comme un obstacle à leurs investissements,
Les TPE-PME signalent une baisse de leur rentabilité en 2025. A l’approche de la date limite de remboursement des PGE pour une partie des entreprises, on n’observe pas d’augmentation des craintes de non remboursement.
La rentabilité se maintient dans la construction et les transports ; elle s’améliore même dans le sous-secteur des travaux publics ; en revanche, elle se détériore dans les autres secteurs.
Les PGE : une TPE-PME sur deux a obtenu un PGE. Parmi elles, 64% ont entièrement consommé leur prêt (ou en quasi-totalité), une proportion en nette hausse (+9 points sur un an) ; 11% ont dépensé plus de la moitié de leur prêt sans avoir tout consommé et 24% n’ont mobilisé qu’une minorité de leur prêt.
La part des TPE-PME ayant consommé la totalité ou quasi-totalité de leur prêt est la plus élevée dans le commerce (70% contre 60 à 65% dans les autres secteurs).
Plus de la moitié des TPE-PME (26% déjà remboursé et 24 fin 2025) auront remboursé intégralement leur PGE à fin 2025. 48% comptent à l’inverse l’amortir sur plusieurs années ; 63% prévoient un remboursement intégral d’ici la fin d’année 2026, 23% d’ici fin 2027 et 14% au-delà.
2% craignent de ne pas être en mesure de le rembourser, une proportion en nette baisse ce semestre (autour de 4% en moyenne depuis novembre 2022).
♦ L’investissement des TPE-PME s’est de nouveau replié en 2025 (39% après 43 en 2024, soit la proportion la plus faible depuis la création de la série en 2001), pénalisé en 1er lieu par la faiblesse de la demande, premier frein cité par 61% des dirigeants.
Par destination, la part des investissements incorporels diminue sur un an (−3 points avec 6%), au profit des investissements mobiliers (61%, +2 points) et immobiliers (33%, +1 point). La part de l’autofinancement diminue quelque peu sur un an, à 42% (−2 points) ; les investissements restent toutefois davantage autofinancés qu’avant la crise sanitaire (35% en moyenne entre 2015 et 2019); en contrepartie, la part du financement par crédit bancaire augmente de 3 points pour atteindre 37%. Les autres modes de financement (crédit-bail, apport de la maison-mère) restent stables.
L’investissement résiste un peu mieux dans l’Industrie, avec plus de la moitié des TPE-PME industrielles ayant réalisé des investissements, une proportion certes en recul mais pas si éloignée de sa moyenne de long terme contrairement aux autres secteurs. Les investissements verts suivent la même tendance (23% ont investi pour leur transition verte en 2025 vs 34 en 2024).
Après un léger rebond en 2024, la part des TPE-PME déclarant réaliser des investissements verts diminue de nouveau en 2025 (23%, son plus bas niveau depuis 2021) ; parmi elles, 42% ont consacré plus de 10% de leurs dépenses d’investissements (soit 10% de l’ensemble des répondants), une proportion globalement stable depuis 2022. La part recule de 10 points chez les PME de moins de 50 salariés, de 6 points chez celles de 50 à 99 salariés, et de « seulement » 3 points chez celles d’au moins 100 salariés.
⇒ Prévisions 2026
Les TPE-PME se montrent plus confiantes avec un redémarrage de leur activité (nettement sous sa moyenne historique, laissant attendre un rebond très modeste) ; elles le sont aussi sur leurs embauches et leurs investissements (44% l’envisagent vs 46 en 2025, mais avec une augmentation attendue des montants investis). Les dépenses d’investissement sont prévues en plus forte accélération chez les PME d’au moins 10 salariés, les PME fortement internationalisées et les PME innovantes.
La situation financière pourrait se redresser, s’attendant à voir leur rentabilité remonter légèrement,
Les TPE-PME industrielles sont particulièrement optimistes. Elles affichent la plus forte progression de l’indicateur prévisionnel d’activité, qui s’établit au plus haut niveau parmi les secteurs étudiés, et prévoient d’accélérer leurs embauches. La part de TPE-PME industrielles prévoyant d’investir se maintient à 58%.
Le recours à l’intelligence artificielle générative continue de progresser (55% déclarent l’utiliser, contre seulement 31% fin 2024) ; 17% y ont même recours régulièrement ; elles l’utilisent essentiellement pour la génération de contenus écrits (72%) et, de plus en plus, la recherche et l’analyse de données et d’informations (67%, +10 points).
Pour en savoir davantage : https://www.banquedesterritoires.fr/les-tpe-pme-anticipent-une-timide-eclaircie-en-2026