Les entreprises industrielles emploient en France 3,4 millions de salariés, dont 2,9 millions dans l’industrie manufacturière.


"Les entreprises industrielles en 2023 : diverses par leurs activités, plus grandes, productives et internationalisées que les autres", Insee Première N° 2084, décembre 2025

2 limites dans l’observation du secteur industrie : d’une part l’industrie agroalimentaire regroupe des “industries” de ce secteur mais aussi les boulangeries-pâtisseries, d’autre part les TPE “industrielles” ne le sont qu’environ la moitié, les autres activités relevant de métiers d’art ou d’activités artisanales autres. 

 

Grandes entreprises et ETI sont fortement investies dans l’industrie, bien plus que les PME.

⇒ L’industrie en nombre d’emplois.

♦ En 2023, les entreprises industrielles emploient près de 3,4 millions de salariés (EQTP) ou 22% de l’emploi des secteurs marchands non agricoles et non financiers. L’industrie manufacturière compte à elle seule 2,9 millions de salariés (87% de ceux de l’industrie), dont  l’agroalimentaire avec 666 000 salariés, puis l’ensemble formé par la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques avec 439 500 salariés, la fabrication de matériel de transport avec 400 300 salariés, la métallurgie et le travail des métaux avec 360 400 salariés.

Hors l’industrie manufacturière, les entreprises de l’électricité et du gaz emploient 222 400 salariés, celles de la distribution d’eau, gestion des déchets et dépollution en emploient 196 800, et celles de l’extraction 14 400.

 

♦ Grandes entreprises et ETI emploient 69% des salariés de l’industrie :  les 112 grandes entreprises industrielles emploient 1,2 million de salariés (34% du total de l’industrie), à comparer à l’ensemble des secteurs non industriels, où 215 grandes entreprises emploient 26% des salariés) et 2 077 ETI 1,2 million de salariés, une part bien plus élevée que pour les autres secteurs (5 219 ETI non industrielles emploient 23% des salariés). 25 000 PME industrielles emploient 791 000 salariés (23% du total, contre 31 dans les autres secteurs) et les 295 000 microentreprises industrielles n’emploient que 242 700 salariés (7% des salariés, contre 20 dans les autres secteurs).

⇒ L’industrie par taille et par activité.

Cette concentration du tissu industriel est liée aux caractéristiques techniques, l’activité requiert en effet des niveaux très élevés de capital physique (machines, équipements, etc.),

 

Les grandes entreprises sont très présentes dans la fabrication de matériels de transport (70% des salariés de ce secteur), puis dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et de la gestion des déchets (59% des salariés de ce secteur).

 

Les ETI sont en revanche davantage présentes dans la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, l’industrie chimique et pharmaceutique, la fabrication de textiles et l’industrie de l’habillement et du cuir et chaussures ; elles y emploient respectivement 57, 48 et 38% des salariés.

 

Les PME représentent 38% des salariés des industries manufacturières les plus anciennes (industries textiles, du bois et du papier, de la métallurgie, du plastique et du caoutchouc).

 

Les TPE engagent enfin peu de capital mais nécessitent un accès direct au client, selon une logique proche du commerce de proximité ou des services aux particuliers. L’agroalimentaire y représente 45% de leurs salariés. Les industries textiles, du bois, du papier, de la métallurgie, du plastique et du caoutchouc (25%) et celles dans la réparation et l’installation de machines et d’équipements (10%). 

⇒ Les groupes d’entreprises.

♦ Les groupes étrangers (31 sur 122 grandes entreprises) emploient 738 000 salariés dans l’industrie française (22% du total vs 14% dans les autres secteurs) ; en fait, 1/3 de l’emploi des groupes étrangers est situé dans l’industrie, nettement plus que la part de l’industrie dans l’ensemble de l’emploi (22%). De même, sur les 2 077 ETI industrielles, les groupes étrangers en contrôlent 762.

 

♦ Symétriquement, les grandes entreprises et ETI industrielles à contrôle français ont elles aussi fortement investi à l’étranger (61% de leur effectif salarié est situé à l’étranger). Sur les 81 grandes entreprises industrielles à contrôle français, toutes à l’exception de 2 ont des filiales à l’étranger. Sur les 1 315 ETI industrielles à contrôle français, 794 (60%), ont des filiales à l’étranger. Par contre, seules 12% des emplois dans les PME sont contrôlées par un groupe étranger. Enfin, 7% des PME industrielles ont une filiale à l’étranger.

⇒ Les exportations.

Les grandes entreprises sont toutes exportatrices et réalisent 42% du chiffre d’affaires à l’exportation de l’ensemble des entreprises présentes tous secteurs confondus en France, les ETI industrielles 17%, et les PME industrielles 3%.

47% du chiffre d’affaires des grandes entreprises est localisé à l’export (52% quand elles sont sous contrôle étranger, et 46 sous contrôle Français).

Quant aux ETI industrielles, elles sont 91% à exporter ; les exportations représentent 34% de leur chiffre d’affaires. Les ETI sous contrôle étranger exportent davantage que les ETI françaises, respectivement 42% du chiffre d’affaires contre 28.

Les PME industrielles sont 44% à exporter 18% de leur chiffre d’affaires.

⇒ Les ratio financiers.

Les entreprises industrielles engagent plus de capital productif matériel que les autres secteurs d’activité : les immobilisations corporelles par salarié y dépassent de 62% la moyenne des autres entreprises. Elles font en outre appel à du personnel plus qualifié et ont une plus forte productivité du travail, la valeur ajoutée par salarié dépassant de 19% la moyenne. Elles versent des salaires supérieurs de 11% à la moyenne. 

Au-delà de la productivité du travail, la forte intensité capitalistique se traduit par des taux d’investissement et des taux de marge plus élevés ; dans l’industrie manufacturière, le taux de marge est passé de 23,7% en 2010 à 21,6% en 2013 et la rentabilité économique a diminué, passant de 8,6 à 6,8% ; le taux d’investissement est lui aussi en baisse, et atteint ses niveaux les plus bas à 13% en 2014 et en 2015.

En 2023 le taux de marge de l’industrie est de 30,1%, et la rentabilité économique à 7,8%, le taux d’investissement à 14% s’est également redressé.

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8673351