Attractivité des territoires : un recul de 18% des projets d’installation d’entreprises entre 2024 et 2025.


"Baromètre de l’attractivité des territoires : aller de l'avant, malgré tout, 3e édition", Scet, Ancoris, mars 2026

Méthodologie : enquête auprès de 156 acteurs territoriaux (15 octobre-31 décembre 2025). 79% des répondants sont issus de collectivités territoriales ou groupements de collectivités territoriales (dont 64% de regroupements de communes, 4% de départements et 1% de régions) et 21% sont issus d’opérateurs (agences de développement économique ou d’attractivité, entreprises publiques locales ou établissements publics d’aménagement, agences d’urbanisme, etc.).
87% représentent l’échelon local, 10 l’échelon départemental et 3 l’échelon régional.
62% occupent des fonctions de direction ; 17% sont des chargés de missions ou chefs de projets ; 10% sont des responsables de pôle et 4% sont des élus. 

 

Quels types d’entreprise s’implantent sur les territoires ?  Quelles exigences ont en retour les collectivités locales pour accompagner ces implantations ?

⇒ Les projets d’investissement.

♦ Un recul global des projets d’investissement : le nombre total de projets détectés a diminué de 18% entre 2024 et 2025, passant de 1 595 à 1 305 projets. C’est le niveau le plus bas atteint depuis 2021 (1 871). 

 

♦ En termes d’activité : le nombre de projets industriels poursuit la baisse démarrée l’année dernière, avec 295 projets, en recul de 9% (329 en 2024), après une chute plus marquée en 2023 (-16%). Dans l’industrie, ce sont les projets agroalimentaires, suivis par la valorisation de déchets, dans une logique d’économie circulaire, qui sont les plus nombreux.

Après un niveau élevé en 2023 (596 projets), les projets tertiaires reculent nettement en 2024 (445), puis poursuivent leur baisse en 2025 (411), avec une concentration de la demande sur les zones les plus attractives, bien desservies, avec de hauts niveaux de prestations. Noter que le secteur logistique connait une chute des projets de 26%.

 

♦ La taille des entreprises : globalement la part des projets générant moins de 5 emplois progresse fortement, pour atteindre 41% en 2025, contre 30% en 2024 et 27% en 2023. À l’inverse, les projets de taille intermédiaire (20 à 50 emplois) reculent nettement en 2025 (9%, contre 16% en 2024).

73% des projets industriels prévoient la création de moins de 20 emplois (contre 59% en 2024), avec une part en hausse de « petits projets » prévoyant la création de moins de 5 emplois. Malgré un léger repli, la part de grands projets (>50 emplois) reste structurante.

Quant au tertiaire, 52% (vs 35 en 2024) créent avec moins de 5 emplois, 37% (vs 47) entre 5 et 20, 6% (vs 14) entre 20 et 50, et 5% (vs 4) plus de 50 salariés. 

 

♦ En termes de consommation foncière, la part des projets de taille intermédiaire (5 000 à 24 999 m²) progresse nettement en 2025 (45%, contre 38 en 2024), tandis que les projets de très grande taille (> 25 000 m²) reculent fortement (14%, contre 26 en 2024).

⇒ La stratégie des collectivités locales.

♦ Les activités jugées stratégiques : juste derrière l’industrie (85%), plusieurs filières à fort impact sont également identifiées comme stratégiques par les collectivités, en lien direct avec des stratégies territorialisées : l’agroalimentaire (70), le tourisme (65), la santé et les Health Tech (63), ainsi que l’énergie (63), le numérique et le quantique (51), la défense (49) ; viennent ensuite la construction (43), les transports et la logistique (36), les Industries culturelles et créatives (25), la silver économie (24), le sport (21) et l’économie de la mer (14)

 

♦ La création d’emplois reste le premier critère de sélection des projets d’implantation. Cette exigence socio-économique s’accompagne d’une attention soutenue portée à la qualité environnementale des projets, les critères liés à l’environnement demeurant prépondérants dans l’évaluation des projets. Noter que de plus en plus de territoires cherchent à privilégier des projets générateurs d’emplois qualifiés, à plus forte valeur ajoutée.

 

♦ Quelles sont les principales raisons qui pourraient pousser les territoires à refuser un projet d’implantation ? 60% un projet trop peu créateur d’emplois, 51% une mauvaise qualité environnementale du projet ou de l’entreprise, 42% une difficulté d’acceptabilité du projet par les citoyens (nuisances olfactives, transports, fumées…), 34% une consommation foncière trop importante. 

Par ailleurs, 25% des décideurs locaux déclarent pouvoir refuser un projet si la filière est jugée non prioritaire pour le développement du territoire (+7 points par rapport à 2024) ; 21% pourraient également s’opposer à un projet lorsque l’activité est perçue comme concurrente des entreprises déjà implantées sur le territoire (+3 points par rapport à 2024).

 

♦ Alors que les entreprises recherchent de plus en plus de foncier pour leurs projets, les territoires disposent de moins en moins de ressources mobilisables (pour 60% d’entre elles, c’est le 1er frein). Cette pression pousse les collectivités à exercer une sélectivité, notamment en écartant les projets trop consommateurs de foncier par rapport au nombre d’emplois créés. Noter  que pour 41% l’indisponibilité ou l’inadéquation de l’offre immobilière est un frein important.

De fait, 75% des décideurs locaux identifient « le développement de l’offre et des outils fonciers / immobiliers économiques » comme chantier prioritaire n°1 pour renforcer l’attractivité de leur territoire.

 

La part des projets d’implantation intégrant une démarche RSE progresse, pour atteindre 33% (23 en 2024, contre 27 en 2023). Ainsi, 67% des projets détectés en 2025 ne déclarent toujours pas de démarche RSE, confirmant que ces engagements restent secondaires lorsque les marges de manœuvre financières se réduisent et que les arbitrages économiques dominent.
La RSE est principalement portée par la dimension environnementale.

 

Noter aussi  la grande importance de  l’instabilité politique (52%).

⇒ Les attentes des communes et regroupements de commune.

♦ Vis à vis de l’Etat : 80% des collectivités interrogées attendent de l’État une simplification du cadre réglementaire dans le domaine de l’urbanisme, du droit du travail ou encore de l’environnement, 51% le lancement d’une nouvelle réforme de décentralisation, 29 l’augmentation des aides financières et subventions pour l’implantation, 27 l’amélioration des offres de mobilité d’envergure nationale (TGV, autoroutes…), 26 la baisse de la fiscalité sur les entrepreneurs et les entreprises, 23 le renforcement du soutien aux énergies décarbonées, 20 le soutien à l’innovation et à la recherche, 14 l’amélioration du niveau éducatif et de la place de la France dans les classements, 9 le renforcement de la promotion de la destination France à l’étranger.

 

♦ Et quels appuis du Conseil Régional ? 49% l’accompagnement à la structuration et l’animation des filières économiques, 44 la structuration d’outils financiers à destination des entreprises, 42 l’action sur la formation et l’insertion professionnelle, 39 le développement des infrastructures et des réseaux de transport régionaux, 28 l’appui en ingénierie (projets économiques, implantations, fonciers, aide à la mobilisation de financement), 27 le soutien dans les transitions environnementale et écologique, 24 le soutien aux actions de prospection nationale et  internationale.

⇒ Les demandes des entreprises en recherche  d’implantation.

♦ En 2025, les stratégies d’implantation traduisent une recherche de maîtrise du risque et de souplesse. La location reste ainsi la modalité dominante et progresse légèrement pour représenter 50% des projets en 2025, tandis que l’achat recule légèrement pour correspondre à 38% des projets. L’option « location ou achat » demeure  marginale (13%). 
La recherche immobilière reste largement orientée vers des solutions immédiatement mobilisables : les locaux existants représentent ainsi 63% des projets, un niveau globalement stable. La part des projets recherchant des terrains progresse pour atteindre 25% en 2025, contre 22% en 2024 et 19% en 2023.

⇒ Les chantiers jugés prioritaires par les collectivités locales.

Sur 10 possibilités de chantiers prioritaires, le développement de l’offre foncière et immobilière économique arrive en tête (75%), ce qui traduit une prise de conscience que l’attractivité territoriale repose d’abord sur des capacités d’accueil concrètes.

La prospection exogène d’entreprises (63 ) et l’amélioration de l’offre territoriale avec les partenaires (60) confirment la double dynamique d’aller chercher activement les entreprises à l’extérieur tout en améliorant l’offre territoriale de services (formations, santé, culture) afin de proposer un cadre de vie attractif pour les entreprises et leurs salariés.

 

Derrière ce trio prioritaire, d’autres actions révèlent une attention croissante portée aux enjeux humains : optimisation de l’accompagnement des prospects (59), ajustement des actions de promotion territoriale (46), prospection de professionnels de santé (46), de talents (45), étoffement des financements des projets d’implantation (37) ; ajoutons l’augmentation des actions évènementielles (21) et la réorganisation des agences de développement (19), de faibles degrés de priorisation pouvant s’interpréter de deux façons : soit ces aspects sont déjà jugés satisfaisants, soit les collectivités préfèrent agir immédiatement sur le terrain pour des résultats à plus court terme, plutôt que de réformer leurs outils.

 

Pour en savoir davantage : https://www.ancoris.fr/wp-content/uploads/2026/03/barometre-de-lattractivite-des-territoires-scet-ancoris-edition-2026-vdef.pdf