Méthodologie : une enquête nationale réalisée tous les deux ans par l’Ifop. Deux sondages sont réalisés afin d’approcher d’une part, la population française quel que soit le territoire, et d’autre part, les résidents des QPV.
• le premier sondage a été administré en ligne du 13 au 26 juin 2025 auprès d’un échantillon de 4 990 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, dont les 70 ans et plus qui représentent 21% de cette population (méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée après stratification par région et catégorie d’agglomération),
• le second a été administré par téléphone du 1 au 10 juillet 2025, auprès d’un échantillon de 501 personnes représentatives des résidents des QPV âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas : sexe, âge, situation relative à l’emploi de la personne interrogée, nationalité et niveau de diplôme).
4 sous-populations sont abordées pour former “la chaine entrepreneuriale” :
– Les intentionnistes : personne envisageant de créer ou de reprendre une entreprise sans avoir encore engagé de démarches pour le faire,
– Les porteurs de projet : personne ayant engagé des démarches pour créer ou reprendre une entreprise dans les 12 derniers mois ou dont le projet a déjà abouti (pourquoi cela n’est pas classé dans la sous-population chef d’entreprise ?) ou est en cours de réalisation (même s’il est suspendu ou reporté à une date ultérieure),
– Les chefs d’entreprise : propriétaire d’au moins une entreprise créée ou reprise, le dirigeant, y travaillant ou y ayant déjà travaillé ? (hors propriétaire n’ayant jamais travaillé dans l’entreprise),
– Les ex-chefs d’entreprise : personne ayant fermé ou cessé l’activité d’une entreprise dont elle était propriétaire ou co-propriétaire et qu’elle dirigeait ou co-dirigeait.
Quelques interrogations :
– Les âges des répondants posent question en ce sens que les 70 ans et plus (21% de la population des 18 ans et plus) ont été interrogés, alors qu’ils ne sont que trés peu inscrits dans une dynamique entrepreneuriale et rend les résultats sur la chaine entrepreneuriale et les hors chaine peu signifiants.
– Les résultats interrogent quand l’on constate de fortes variations inexpliquées d’une année sur l’autre, alors que ceux-ci devraient être proches (structurels).
– On ne différencie pas les autoentrepreneurs, les microentrepreneurs, les autres entreprises individuelles et les sociétés parmi les chefs d’entreprise et les ex-chefs d’entreprise, au sein par exemple des porteurs de projet.
– Le grand manque dans cette étude comme dans la plupart conduites en direction des TPE et PME est la recherche du pourquoi ces différences au fil des années, et au regard d’autres études proposant des résultats différents, pourquoi ces écarts. La recherche du pourquoi ferait avancer la fiabilité de la connaissance.
Une comparaison des motivations et des difficultés rencontrées ou supposées, notamment par les femmes cheffes d’entreprise, les porteuses de projet, et celles susceptibles de réfléchir à la création/reprise.
Les femmes sont 29% dans la chaine entrepreneuriale en 2025 vs 23 en 2018 et les hommes 39% vs 37. L’importance des femmes aurait progressé du fait de leur hausse au sein des microentreprises ? Ces chiffres sont proches en ce qui concerne les intentions de créer au sein de la population Française.
En 2025, 13% des femmes seraient chefs d’entreprise, 12% d’ex-chef d’entreprise, 9% seraient porteurs de projet et 9% auraient l’intention de créer : et donc 43% inscrites dans la préoccupation entrepreneuriat si l’on cumule ces situations, alors que le document précise que les femmes sont 29% dans la chaine entrepreneuriale (un même répondant pourrait-il appartenir à plusieurs sous-populations ? exemple un chef d’entreprise en activité peut avoir dans le passé été chef d’une autre entreprise ou être porteur du projet d’une nouvelle entreprise, voire avoir l’intention d’en créer/reprendre une).
Pour leur part les hommes sont 19% chefs d’entreprise, 17% ex chefs d’entreprise, 9% porteurs de projet et 7% intentionnistes (en cumul 52% vs 39 dans la chaine entrepreneuriale).
L’impact de la conjoncture sur une modification de leur situation professionnelle : 27% des femmes et 30 des hommes ont connu un changement d’emploi ou d’employeur, alors que 16% vs 21 réfléchissent au fait de créer ou reprendre une entreprise ; 17% ne recherchent plus d’emploi, femmes comme hommes (n’ont-ils pas quitté leur emploi ? ont-ils trouvé un autre emploi, sont-ils devenus inactifs ?) ; par ailleurs, les autres sembleraient être sans emploi (mais les données sont trop imprécises pour l’affirmer)
⇒ Qu’en est-il des femmes et des hommes chefs d’entreprise ?
Quel que soit le genre, les chefs d’entreprise s’impliquent autant dans leur entreprise : 7 sur 10 dirigent leur entreprise, dont 3 sur 10 le font à temps plein et 4 sur 10 en «activité de complément» ; quant aux autres chefs d’entreprise, 2 sur 10 participent activement à la vie de l’entreprise mais ne la dirigent pas, et 1 sur 10 est propriétaire mais n’y travaille plus ; qu’en est-il des autoentrepreneurs ? Par ailleurs, les femmes sont plus nombreuses à diriger leur entreprise (70% vs 66 les hommes) et les hommes plus nombreux à ne plus y travailler (12% vs 9).
6 chefs d’entreprises sur 10 ont créé une entreprise, 2 sur 10 ont repris une entreprise de leur entourage familiale et autant ont racheté une entreprise déjà existante. Seule différence : les hommes sont plus susceptibles de réaliser une reprise dans le cadre d’une procédure collective (la moitié des chefs d’entreprise masculins ont repris dans le cadre d’une procédure collective, contre 3 repreneuses sur 10).
En termes de motivation, les femmes sont plus sensibles au statut de chef d’entreprise (être son patron, réaliser un rêve, changer de métier, créer son propre emploi) et moins à afficher une dynamique entrepreneuriale (affronter de nouveaux défis, mettre en œuvre une idée nouvelle, construire un projet collectif..)
En ce qui concerne les difficultés post création, les femmes sont plus nombreuses à déclarer des revenus insuffisants, la remise en cause de leur équilibre de vie personnelle, le risque d’échec, tout en estimant être moins accompagnées, voire le fait de la complexité des démarches ; mais elles n’affichent pas plus que les hommes une maitrise insuffisante de la conduite d’entreprise.
En termes de préoccupations stratégiques, il y a proximité, même si les hommes sont plus sensibles à l’innovation, au digital et même au social (il sont plus souvent employeurs) ; l’environnement est une préoccupation grandissante chez les chefs d’entreprise masculins, alors que seul le digital progresse comme axe de développement chez les cheffes d’entreprise.
En ce qui concerne le financement pour investissement, les hommes obtiennent plus souvent un financement (43% vs 38), alors que les femmes sont aussi moins demandeurs (44% vs 38)
En revanche, la probabilité d’être accompagné au cours du projet est proche, toutefois un peu moins favorable pour les femmes (36% vs 40) ; 46% des femmes affirment ne pas l’avoir demandé, alors que nombre d’autres enquête affirment le contraire.
Quelle position vis à vis de la cession ou la transmission de leur entreprise ? Les cheffes d’entreprise ont moins l’intention de céder leur entreprise ou d’en cesser l’activité que leurs homologues masculins (49% n’en ont pas l’intention vs 37). 20% comptent fermer l’entreprise, tout comme les femmes, soit parce qu’ils n’ont pas trouvé de repreneur (11 vs 12), soit par décision de fermer sans reprise (9 vs 10).
Noter qu’1/4 des hommes disent posséder plusieurs entreprises (contre1/7 des femmes).
⇒ Les ex chefs d’entreprise.
Quel est le devenir de leur entreprise ? Les hommes ont un peu plus cédé notamment transmis leur entreprise (20% vs 17 pour les femmes), alors que ces dernières l’ont un peu plus fermé volontairement (39% vs 35).
Les raisons de la cessation : les choix personnels (santé; départ en retraite et autres causes personnelles) puis les difficultés économiques ont été plus présents chez les femmes, alors que les choix professionnels (exercer une autre activité, ou envisager une autre création/reprise notamment) ont été davantage le fait des hommes.
Quel est le devenir du chef d’entreprise ? Les hommes sont restés davantage actifs que les femmes, qu’ils aient cédé leur entreprise (35% vs 29 les femmes) ou qu’elle ait été fermée (26 vs 22). Par contre les femmes ont été plus souvent inactives après que l’entreprise ait été fermée (35% vs 27), un peu moins quand elle a été cédée (14% vs 12).
Quelles difficultés ont rencontré les chefs d’entreprise pour transmettre leur entreprise ?
48% des femmes (vs 40 les hommes) n’ont rencontré aucune difficulté, notamment parce qu’elles n’ont pas cherché de repreneur (31 vs 28). Les hommes ont rencontré davantage de difficulté avec les repreneurs (69% vs 54), notamment du fait de leur manque de compétences, de l’incompatibilité de projet. Ils ont aussi rencontré plus que les femmes (21% vs 16) des difficultés pour savoir comment s’y prendre.
⇒ Les porteurs de projet.
Parmi les Françaises qui portent un projet de création/ reprise (9%), 45% l’ont reporté ou suspendu vs 29 chez les hommes ; ces derniers à l’inverse sont 49% à poursuivre leur projet (vs 29 les femmes) ; noter que dans cette catégorie, 27% des femmes ont déjà crée ou repris, un peu plus que les hommes (21) ; étonnant qu’elles soient classées dans cette catégorie et pas dans celle des chefs d’entreprise.
Par ailleurs les raisons invoquées par les femmes du report sont de 2 ordres : le financement (33% vs 18 les hommes) et le risque (30 vs 23). Par contre les hommes mettent davantage en avant les difficultés pour construire le projet (43 vs 28) et le manque d’accompagnement (11 vs 6).
52% des femmes ayant reporté envisageaient alors de reprendre une entreprise (dont 40% soit une entreprise familiale, soit une reprise à l’employeur), contre 68% des hommes.
55% des femmes envisageaient davantage la forme de microentreprise (36 vs 21), mais comme les hommes en priorité celle d’une entreprise où ils (elles) travaillent seul(e)s (55 vs 53).
♦ En ce qui concerne leurs motivations comparées à celles des chefs d’entreprise :
Celles ayant trait au statut (être son propre patron, réaliser un rêve..) sont proches ; par contre, la motivation du statut concernerait moins les hommes, notamment porteurs de projet.
Celles ayant trait à la dynamique entrepreneuriale (affronter de nouveaux défis, saisir une opportunité..) est en faveur des hommes, qu’ils soient chefs d’entreprise ou porteurs de projet.
Par contre les autres motivations comme augmenter ses revenus (habituellement plus souvent le fait des hommes dans d’autres enquêtes), exercer une activité qui corresponde à ses valeurs (plus souvent le fait des femmes), voire le fait d’être sans emploi (une motivation peu fréquente, alors que les créateurs y connaissent une minorité sensible) sont proches pour les femmes et les hommes, qu’ils soient chefs d’entreprise ou porteurs de projet.
♦ En ce qui concerne les difficultés rencontrées par les chefs d’entreprise comparées à celles imaginées par les porteurs de projet, globalement celles ci sont plus importantes pour les porteurs de projet (femmes et hommes en proximité) que pour les chefs d’entreprise.
Les plus importantes concernent leur vie de femme ou d’homme en prise avec leur activité de chef d’entreprise (risque d’échec, stress, manque de soutien, solitude..). A cela s’ajoute leur background pour aborder la fonction et donc leur crédibilité ; là encore pas de réelle différence entre femme et homme. S’ajoute aussi les conditions d’exploitation, plus sensibles pour les femmes porteurs de projet (investissement financier, concurrence), alors que les femmes cheffes d’entreprise ne sont pas plus impactées que les hommes chefs d’entreprise.
Par contre, la question du revenu suffisant impacte autant les femmes et les hommes, porteurs de projet comme chefs d’entreprise.
⇒ Les intentionnistes.
♦ Les motivations : au regard du statut de chef d”entreprise, les femmes en sont préoccupées, plus que les hommes, et davantage en ce qui concerne les femmes intentionnistes (indice 104 vs 92 pour les porteuses de projet et 91pour les chefs d’entreprise). Par contre, les femmes intentionnistes sont moins soucieuses d’une dynamique entrepreneuriale (indice 36 vs 50 et 44). alors que les hommes en sont plus soucieux, même quand ils sont intentionnistes (49 vs 63 les porteurs de projet et 54 les chefs d’entreprise).
Noter que les hommes intentionnistes sont plus préoccupés que les femmes d’augmenter leurs revenus (32 vs 22), voire même que les hommes porteurs de projets (17) ou que les chefs d’entreprise (22).
♦ Les difficultés comparées : les intentionnistes femmes sont plus inquiètes de leur maitrise du métier technique ou de la fonction de chef d’entreprise, au regard des femmes porteuses de projet de des cheffes d’entreprise (41 vs 31 et 20) ; par contre, elles sont moins sensibles en ce qui concerne les difficultés personnelles d’implication que les porteuses de projet (68 vs 85) et plus que les cheffes d’entreprise (68 vs 58). Pour les autres items peu de différences.
Comparées aux hommes intentionnistes en ce qui concerne leur maitrise des métiers, elles en sont plus inquiètes (41vs 26), comme pour les conditions d’exploitation (27 vs 20), mais au même niveau en ce qui concerne les difficultés personnelles (68 vs 62).
⇒ Les “hors chaines” (les autres) sont la moitié des répondants.
♦ Globalement, peu d’écarts sont manifestes entre les hommes et les femmes qui n’envisagent pas de créer/reprendre. Par contre, les difficultés sont sous-estimées au regard de celles vécues par les chefs d’entreprise, notamment en ce qui concerne le vécu dans la fonction de chef d’entreprise.
♦ Plus intéressant est le fait d’observer ces mêmes difficultés quand les “hors chaines” envisageraient de créer/reprendre à la condition que les freins puissent être levés ; ils seraient alors 4 Français «hors chaînes» à franchir le pas pour envisager de créer/reprendre.
Quelles sont alors leurs difficultés ?
– Un 1er groupe concerne le fait de savoir s’y prendre (un peu plus chez les femmes 53 vs 48), et le manque de soutien par des structures d’accompagnement (58 les femmes vs 56), rejoignant la difficulté de ne pas savoir comment s’y prendre, alors que la sollicitation de l’entourage est moins recherchée chez les femmes (36) et bien plus chez les hommes (47), qui craignent aussi plus la solitude (51 vs 21 pour les femmes),
– Puis la remise en cause de l’équilibre de vie perso et professionnelle (41 bien plus pour les femmes vs 29 les hommes), suivi du risque d’échec (43, proche avec les hommes 40), le stress (31 plus marquant chez les femmes vs 25), et de revenu suffisant (plus fort chez les femmes (45 vs 38),
– Autre groupe de difficulté importante plus pour les femmes que pour les hommes : la maitrise du métier de chef d’entreprise (46 vs 31) et du métier technique dans l’activité (41 vs 34), voire la crédibilité personnelle (19 vs 27),
– Les femmes sont moins inquiètes face à la complexité des démarches administratives (37 vs 51) et paradoxalement de la concurrence (48 vs 54).
Pour en savoir davantage : https://lelab.bpifrance.fr/enquetes/entrepreneuriat-feminin-3-femmes-sur-10-sont-dans-une-dynamique-entrepreneuriale