L’édition 2025 rend compte pour l’année 2024 de l’apprentissage et du contrat de professionnalisation, du compte personnel de formation et du projet de transition professionnelle, des formations des personnes en recherche d’emploi et de celles des salariées lorsqu’elles sont mises en œuvre avec le concours de fonds publics et mutualisés.
Le propos ici est de conduire le lecteur particulièrement intéressé par cette question d’aller consulter le rapport. Il est par ailleurs de donner quelques points de repère.
Je ne développerais que quelques éléments financiers, le blog proposant par ailleurs des articles relatifs à la spécificité de chaque type d’action. https://letowski.fr/tag/formation-continue/
21,61Mds€ ont été engagés en 2024, soit une légère baisse de 1,7% par rapport à 2023 : 12,9Mds€ (59% des fonds) proviennent de France Compétences, 5,9Mds€ (28%) de l’état, 1,6Mds€ (7%)des employeurs et 1,3Mds€ (6%) d’autres sources.
♦ L’apprentissage.
À partir de 2023, hors rémunération des apprentis, le recentrage des aides aux employeurs réduit le poids relatif de l’Etat (48% en 2021, 36,7 en 2024), alors que celui de France Compétences progresse de 49,2% à 58,5 ; celui des employeurs est de 2,5% et l’apport des régions de 1,8% ; reste à charge du bénéficiaire 0,5%.
La prise en charge des coûts pédagogiques par les OPCO a baisse de 9% entre 2021 et 2024.
Au final, le coût d’un contrat d’apprentissage est de 17 404€ en 2024, en baisse de 23% par rapport à 2021.
L’augmentation du nombre d’apprentis depuis 2016 s’explique surtout par la hausse des effectifs dans le supérieur. L’âge à l’entrée en formation est en hausse, passant de 18,6 ans en 2012 à 20,5 ans en 2024 (en 2024, 80% des apprentis sont majeurs et 8% ont 26 ans ou plus à l’entrée dans le contrat d’apprentissage). La part des femmes s’accroît passant de 34% en moyenne sur la période 2012-2018 à 43% sur la période 2019-2024.
♦ Le contrat de professionnalisation.
La suppression, en mai 2024, de la principale aide à l’embauche de salariés de moins de 30 ans en contrat de professionnalisation, mise en place en 2020 lors de la crise sanitaire, s’accompagne d’une nouvelle baisse avec moins de 94 000 nouvelles entrées en 2024, vs entre 2013 et 2019, 198 000 entrées en moyenne par an, et 120 000 entre 2020 et 2024, alors que les entrées en apprentissage ont beaucoup progressé.
Les fonds engagés baissent en 3 ans, passant de 1,530Mds€ en 2021 à 649Ms€ en 2024. Le coût d’un contrat s’établit à 6 957€ en 2024, en baisse de 17% par rapport à 2023 et de 45% par rapport à 2021.
France Compétences contribue en 2024 à 87%, l’Etat à 7,5% et les entreprises à 5,1%.
La baisse du nombre d’entrées en contrat de professionnalisation depuis le début des années 2020 s’accompagne d’une évolution du profil des bénéficiaires. La baisse est marquée pour les moins de 26 ans (public historique de l’apprentissage) et les 26-29 ans (éligibles à l’apprentissage à par tir de 2019). Entre 2013 et 2019, un tiers des entrants était en formation initiale (hors alternance), tandis qu’un autre tiers était en recherche d’emploi (le reste des effectifs étant, à proportion équivalente, en emploi ou en alternance). À partir de 2020, la part des personnes en recherche d’emploi s’accroît, passant de 32% en 2019 à 58 % en 2024. La part des bénéficiaires issus de formation initiale (hors alternance) passe de 30% en 2019 à 12% en 2024.
♦ Le compte personnel de formation
En 2024, 1,391 million de dossiers ont été validés pour un montant total engagé net de 2,215Mds€, en hausse après 2 années consécutives de baisse. Le coût unitaire des actions connaît une hausse modérée entre 2023 et 2024 (+ 2%) pour atteindre 1 647€ par action en 2024.
France Compétences finance 90% en 2024 (92,5 en 2021), France Travail 2,1%, les titulaires 5,2% les dotations des entreprises 0,8%.
Le profil des bénéficiaires du CPF, globalement stable entre 2022 et 2023, connaît des changements en faveur des hommes, des jeunes, des plus diplômés et des personnes en recherche d’emploi inscrites à France Travail.
♦ 7,6Mds€ mobilisés pour la formation des personnes en recherche d’emploi.
46% du financement provient de France Travail, 27% des conseils régionaux, 11% de l’Etat, 9,5% de la CDC et 6,5% des bénéficiaires. Le CPF est le premier moyen d’accès à la formation ; les 3/4 d’entre eux perçoivent une indemnisation.
Depuis 2021, 1/4 des entrées concernent des personnes âgées de 45 ans ou plus, et un peu plus de la moitié des stagiaires n’ont pas le baccalauréat ; alors que les femmes étaient majoritaires depuis 2019, la répartition s’équilibre en 2024.
♦ Le projet de transition professionnelle
En 2024, un peu plus de 16 300 ont été financés. La prise en charge de la rémunération constitue une part importante du coût d’un projet (65%, soit 19 300€ en moyenne). Cette proportion varie fortement selon la durée de la formation suivie par le bénéficiaire.
Les formations suivies, préparant des certifications inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles, par nature longues, ont en 2024 une durée moyenne de 947 heures, plus de neuf fois supérieure à celle des formations certifiantes financées dans le cadre du CPF.
Le profil des bénéficiaires contraste avec celui de l’ensemble des salariés du secteur privé. Ils sont plus souvent en CDI (94% contre 85%) ; leur niveau de diplôme est fréquemment moins élevé : 69% ont un niveau inférieur ou égal au baccalauréat (vs 56% des salariés du secteur privé). 60% sont des employés. 36% sont issus d’une entreprise de moins de 50 salariés, alors que les salariés de ces structures constituent l’une des priorités de prise en charge recommandées par France compétences.
France Compétences finance 91% de l’action.
♦ Le soutien au plan de développement des compétences des entreprises.
En 2024, 4,554 millions de formations ont été initiées par des entreprises au profit de leurs salariés. L’essentiel des fonds publics et mutualisés à destination de cette action transite par les OPCO.
En baisse depuis 2022, le coût unitaire de ces formations souvent courtes (19 heures en moyenne) s’élève à 568€ en 2024, dont 270€ de coûts pédagogiques. Le reste à charge pour l’entreprise, mesuré via des versements volontaires à son OPCO, représente en moyenne 38% de ce montant, mais peut atteindre 67% pour les entreprises de plus de 50 salariés. Outre la redistribution des fonds, les OPCO apportent un appui technique aux entreprises (mise à disposition d’un catalogue de formation, ingénierie financière ou juridique, etc.).
La prise en charge des coûts est répartie notamment entre les entreprises (44%), les branches professionnelles (26,4%), France compétences (24,4%) et l’Etat et les régions (4,8%).
Ces formations profitent davantage aux ouvriers et aux employés, ainsi qu’aux salariés de petites entreprises.
♦ Le conseil en évolution professionnelle (CEP).
C’est un service gratuit d’information, d’orientation et d’accompagnement des actifs proposé par cinq réseaux d’opérateurs (l’Apec, le réseau Avenir Actifs de France compétences, les Cap emploi, France Travail et les Missions locales).
3,37 millions de nouvelles entrées ont été constées en 2024. Il est majoritairement mobilisé par des personnes en recherche d’emploi (92% des entrées en 2024).
Si les actifs occupés le mobilisent spécifiquement pour être accompagnés dans le cadre d’une réflexion sur leur évolution professionnelle, une grande partie des personnes en recherche d’emploi s’adressent d’abord au service public de l’emploi pour bénéficier d’une autre prestation, par exemple d’une allocation ou d’une aide financière, et peuvent être ensuite amenées à bénéficier du CEP.
France Compétences (Avenir Actifs) organise et finance le CEP à destination des actifs occupés (190 488 en 2014).
Pour en savoir davantage : https://www.francecompetences.fr/app/uploads/2026/02/RUF25_VF.pdf